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Archives de Tag: Guerre contre Iran

Politique nucléaire de deux poids deux mesures

La République populaire démocratique de Corée (RPDC) a accusé les États-Unis d’adopter une politique de deux poids deux mesures sur les questions nucléaires et la prolifération.

L’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a rapporté un article du journal de Singapour Straits Times qui a confirmé que les États-Unis ont aidé Israël à développer des armes nucléaires ces dernières années.

« Le fait que les États-Unis aient aidé avec zèle Israël dans le domaine nucléaire techniquement et matériellement et qu’ils aient protégé et contribué délibérément à cela prouve que les États-Unis sont les complices et assistants d’Israël dans son processus d’ armement nucléaire », a rapporté la KCNA.

La contribution des États-Unis à l’accession d’Israël aux armes nucléaires est « une preuve évidente » de l’injustice de la politique double que mènent les Américains en ce qui concerne les questions nucléaires, a ajouté le média.

Cependant, les États-Unis ont catégorisé les autres pays, notamment l’Iran et la RPDC, dont les activités nucléaires ont des fins pacifiques de « criminels nucléaires ».

Une telle politique de deux poids deux mesures est une rupture grave du principe d’impartialité dans le domaine nucléaire, a souligné la KCNA, ajoutant que le plan américain de construire « un monde sans armes nucléaires » n’est donc « rien d’autre qu’une diversion pour couvrir ses ambitions de dominer le monde avec le nucléaire et de tromper la population mondiale ».

L’agence de presse officielle de la RPDC a conclu que les États- Unis sont à blâmer pour la menace nucléaire et le danger de la prolifération nucléaire dans le monde.

01/12/2010
Chine informations

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Feu vert américain à Israël ?

Selon une dépêche de l’Associated Press, publiée le 5 juillet, les États-Unis auraient donné le feu vert à Israël pour attaquer l’Iran.

Les États-Unis ne feront pas obstacle à Israël si l’État hébreu juge nécessaire une action militaire pour éliminer la menace nucléaire iranienne, car c’est un pays souverain, a déclaré dimanche le vice-président américain Joe Biden.

Les États-Unis « ne peuvent pas dicter à un autre pays souverain ce qu’il peut ou ne peut pas faire », a déclaré M. Biden sur la chaîne de télévision ABC. L’État hébreu peut déterminer par lui-même « ce qui est dans son intérêt et ce qu’il décide vis-à-vis de l’Iran ou tout autre pays ».

« Que nous soyons d’accord ou non, ils ont le droit de le faire. Tout pays souverain a le droit de le faire », a-t-il ajouté. « Si le gouvernement (de Benyamin) Nétanyahou décide d’agir différemment de ce qui est fait actuellement, cela relève de leur droit souverain. Le choix ne nous appartient pas. »

AP-Yahoo! Actualités

Selon une dépêche de l’AFP, publiée le 7 juillet, les États-Unis n’auraient pas donné le feu vert à Israël pour attaquer l’Iran.

Le président américain Barack Obama a affirmé mardi que les États-Unis n’avaient « absolument pas » donné leur feu vert à Israël pour attaquer l’Iran afin de l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire, dans une interview à la chaîne de télévision CNN.

Interrogé sur le fait de savoir si les États-Unis avaient donné leur feu vert à Israël pour une éventuelle attaque de l’Iran, M. Obama a répondu « absolument pas. C’est très important, je suis aussi clair qu’il est possible de l’être » sur ce sujet.

Mais… « Le vice-président Joe Biden l’a dit catégoriquement : nous ne pouvons dicter à d’autres pays la conduite à tenir en matière de sécurité », a relevé le président américain qui se trouve à Moscou depuis lundi.

AFP

L’agence israélienne Guysen semble croire à version Obama.

Le département d’État américain a déclaré dans un communiqué paru lundi, que la déclaration de Joe Biden selon laquelle Israël devait décider d’elle-même des solutions à prendre contre la menace nucléaire iranienne, ne pouvait être considérée comme un « feu vert » américain pour une attaque militaire israélienne sur l’Iran.

« Nous n’allons certainement pas donner notre feu vert pour quelque attaque militaire que ce soit, mais Israël est un pays souverain et nous n’allons pas lui dicter ce qu’il doit faire », a expliqué le porte-parole du département d’État Ian Kelly.

Le communiqué indique que les États-Unis « partagent avec Israël leur profonde inquiétude sur le programme nucléaire iranien ».

Guysen

L’agence russe RIA Novosti reste perplexe.

Moscou est surpris par les propos du vice-président américain Joe Biden sur un éventuel emploi par Israël de la force armée contre l’Iran, a déclaré mardi le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères (MID) Andreï Nesterenko.

« Nous sommes pour le moins étonnés par les propos du vice-président américain Joe Biden. Nous estimons qu’ils sont en contradiction flagrante avec les approches déclarées par le président américain Barack Obama concernant le règlement de la situation autour du programme nucléaire iranien, et notamment la disposition des États-Unis à engager le dialogue avec Téhéran afin de rechercher une solution à ce problème par des moyens politiques et diplomatiques », a indiqué le porte-parole de la diplomatie russe.

RIA Novosti

Que penser de ce double langage ? Non seulement entre Biden et Obama, mais aussi de Obama lui-même. Philippe Grasset minimise cette affaire :

Le mythe resurgi d’une attaque contre l’Iran, que nous avons subi pendant trois longues années, l’est ici à partir de circonstances complètement fortuites bien plus que de fuites ou de pressions maladroites. C’est le pur produit du système de communication, enchaînant le thème sensationnel associé à “la politique de l’idéologie et de l’instinct” qui a prévalu officiellement pendant huit années, additionné au caractère d’un homme prompt à un peu trop parler. C’est un signe intéressant que l’extrémisme constant, ce “gauchissement” (vers la droite extrême, pour ceux que l’étiquetage passionne) systématique du discours et des options, est d’abord le produit de l’automatisme de la communication, qui est une sorte d’idéologie en soi. Il semble que tout le monde a paniqué dans cette affaire, y compris les Israéliens qui ont fait passer vite fait le message, par le Washington Times, qu’ils ne demandaient aucune autorisation d’attaquer à Washington, – impliquant par là qu’ils la demanderaient s’ils devaient attaquer, comme, apprend-on de source officielle israélienne cette fois, Olmert l’a fait auprès de Bush.

La chose (l’Iran) semble donc tenir à cœur à Obama, par conséquent la politique qu’il tente de mener depuis quelques mois, qu’il semble vouloir poursuivre malgré les événements depuis les élections présidentielles du 12 juin. Son intervention est abrupte et ne s’embarrasse pas de protocole. Le Absolutely not prétend répondre à la question “avez-vous donné votre feu vert à Israël pour une attaque?”, ce qui nous fait comprendre qu’effectivement la chose pourrait être demandée, ou a été demandée, ou même devrait être demandée. Pour l’instant, malgré les événements d’Iran, il semble hors de question d’appuyer de quelque manière que ce soit sur l’option militaire, même pour faire pression sur l’Iran. En soi, la réaction d’Obama est un message puissant pour l’Iran, qu’il ait été conçu de cette façon ou non, – et probablement ne l’a-t-il nullement été.

Dedefensa

Joe Biden a donné le feu vert à Israël pour attaquer l’Iran le 5 juillet. Barack Obama n’a refusé le feu vert que le 7 juillet et depuis Moscou, où il discute de la question des armes nucléaires. Pourquoi a-t-il réagi si tardivement ?

En utilisant le double-langage de la carotte et du bâton avec l’Iran, Barack Obama ne risque-t-il d’encourager la fuite en avant d’une guerre préventive déclenchée par le gouvernement de Benjamin Nétanyahou ?

Qu’en est-il de la volonté de Barack Obama de s’impliquer en faveur de la question palestinienne ? Ses atermoiements avec Israël ne sont-ils pas l’aveu de l’acceptation du fait accompli de la colonisation, qui rend impossible la création d’un État palestinien viable ?

Serge LEFORT
07/07/2009

Note du 08/07/2009 Lire aussi : Feu vert ou faux pas ?, Dedefensa.

Crise USA-Israël

Alain Gresh résume les événements qui vont marquer la première quinzaine du mois de juin au Proche-Orient sans faire aucune analyse des changements en cours car ils bouleversent ses convictions d’une solution à deux États, utopique après la dernière guerre israélienne à Gaza.
Les blogs du Diplo

Dedefensa réalise des analyses qui tranchent avec l’aveuglement des médias dominants, spécialement des médias français. Leur haine des musulmans, fût-ils perses (Iran), et leur solidarité inconditionnelle avec le gouvernement israélien ne leurs permettent pas de voir les changements en cours.

[…] la crainte panique des stratèges US devant les risques de prolifération nucléaire vers des groupes terroristes nécessite de toute urgence un arrangement avec les pays de la zone critique (« l’arc de crise » du Moyen-Orient et du sous-continent indien) disposant ou devant disposer de l’arme nucléaire. L’Iran est l’un de ces pays. De ce point de vue, tout le reste est subordonné à cette recherche d’un accord, ce qui est évidemment une démarche inverse de l’approche israélienne qui recherche la destruction du potentiel iranien. Les USA semblent avoir conclu que la situation au Moyen-Orient doit être stabilisée par un arrangement et non plus par des pressions de menace d’usage de la force. Cela implique effectivement un arrangement avec l’Iran, une intégration de l’Iran dans un nouvel équilibre dans la région, éventuellement avec l’idée d’une zone dénucléarisée impliquant la « mise au pas » d’Israël dans ce domaine fondamental. Tout cela se fait au détriment des « relations spéciales » avec Israël, qui deviennent secondaires et doivent se soumettre à la logique de la première démarche. Le problème palestinien doit alors être réglé, moins pour lui-même que pour permettre ce réarrangement général, et les intérêts d’Israël deviennent eux-mêmes secondaires.
Dedefensa

Chaque jour qui passe confirme le durcissement spectaculaire dans sa substance de la politique US. Comme on pu le lire, Arnaud de Borchgrave juge que c’est la plus grave crise entre les USA et Israël depuis 1956 (Suez). Disons-le autrement et plus justement, c’est la plus grave crise tout court entre les USA et Israël, parce que cette gravité existe aujourd’hui alors que les liens USA-Israël étaient, il y a quelques mois encore, resserrés comme ils n’avaient jamais été auparavant, et surtout pas en 1956, lorsque les liens USA-Israël n’avaient absolument aucun rapport avec ceux de la période GW Bush. (Tout a basculé, dans la connivence USA-Israël, à partir de 1967, avec accélération irrésistible à partir du début des années 1980, lorsque le Pentagone est devenu le principal inspirateur de la politique militarisée d’Israël.)

[…]

Ce « regard gaulliste » tient dans le fait d’élargir le problème d’Israël à tous les composants de la sécurité de la région, au lieu de s’en tenir à la seule sécurité d’Israël, dont la présentation est faite selon des facteurs répartis en général et à parts à peu près égales entre des dissimulations, des obsessions, des actions terroristes de relations publiques et de lobbying, et ce qu’il y a d’arrangeant dans la réalité pour la cause présentée. « Regard gaulliste », ou disons plutôt, pour être plus précis, « possibilité d’un regard gaulliste », – et la restriction montre bien que, pour autant, rien n’est dit, et surtout pas la messe.

Un premier point essentiel est le climat nouveau installé autour du problème israélo-palestinien qui tient à cette question de linkage entre ce problème israélo-palestinien réduit aux chicaneries dont les Israéliens sont experts des implantations, et la question iranienne. […]

La question de la divergence des « intérêts stratégiques » entre USA et Israël implique que l’administration Obama n’accepte plus la division dramatique et habile que les Israéliens ont toujours fait. D’une part, la question israélo-palestinienne, avec les chicaneries sans fin des implantations, qui est un marais où se perd l’énorme importance de la situation générale du Moyen-Orient avec la question nucléaire iranienne, où Israël peut arguer sans fin et embrouiller le cas dans les arcanes de discussions byzantines, d’où il sortira toujours vainqueur face aux Palestiniens, grâce à la puissance de sa pression et de sa politique brutale. D’autre part la question de l’Iran nucléaire isolée de son contexte, où Israël peut arguer dramatiquement de la « menace existentielle » contre lui, où le sentiment exacerbé et entretenu dans son exacerbation comme l’on sait, écarte la fermeté de la raison. En liant les deux (linkage), on éclaire l’aspect irresponsable et partisan de la politique israélo-palestinienne des implantations et on relative l’argument iranien, aussi bien le soi disant destin tragique d’Israël (« menace existentielle ») que les véritables intentions iraniennes qui sont dégagées des incantations extrémistes. En d’autres mots, on élargit la question de la sécurité d’Israël à la question de la sécurité collective de la région, où est naturellement incluse la question de la sécurité d’Israël.

[…]

C’est le point décisif, concernant la détermination d’Obama, qui, pour l’instant, semble chaque jour se confirmer. Obama tiendra-t-il dans sa campagne publique vis-à-vis d’Israël? A partir d’un certain point dans le cas d’une réponse positive, lorsque tout aura été mis publiquement sur la table des intentions de BHO, si ces intentions sont bien ce qu’on en a dit ci-dessus, on se trouvera au point de non-retour. Les masques tomberont. Chacun sera ce qu’il est, dans la vraie position qui est la sienne. Alors, la solution sera là, et la paix enfin atteinte? Pas du tout, car il y a bien autre chose que l’enjeu de la situation au Moyen-Orient. Le véritable affrontement commencera, notamment avec l’exposition publique des véritables liens d’influence d’Israël aux USA, qui constituent une scandaleuse situation d’influence empiétant sur la souveraineté en matière de sécurité nationale de la première puissance du monde; avec, à l’inverse, l’exposition des liens d’influence du Pentagone et du complexe militaro-industriel sur la direction israélienne. Seront mis en évidence le caractère de gouvernement militariste qui mène Israël et l’action déstabilisante et militariste des milieux du CMI américaniste qui inspirent et soutiennent cette direction israélienne. C’est là l’épreuve suprême et on jugera BHO sur le fond du fond.

Alors, la question pour conclure est finalement assez simple: est-ce dans cette politique israélo-iranienne des USA avec toutes les implications qu’on a dites que va se manifester ce que certains attendent de révolutionnaire chez BHO, cette hypothèse de l' »American Gorbatchev »? Comme disait, entre autres analystes, Depardieu dialogué par Labro, « c’est une putain de bonne question ». On ne peut, pour l’instant, rien dire de plus, sinon éventuellement n’en penser pas moins, – et constater qu’on en a déjà dit pas mal pour quatre mois de présidence.
Dedefensa

Dernière remarque sur les changements en cours : alors que les États-Unis s’éloignent d’Israël, la Russie s’en rapprochent…

La Russie et Israël ont des chances uniques de se rapprocher politiquement et économiquement, a estimé mercredi le président du Comité pour les Affaires internationales du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) Mikhaïl Marguelov.

« Nos positions sur les problèmes clés régionaux et mondiaux sont très proches, ce qui nous incite à rendre stratégique notre coopération bilatérale, en lui conférant un nouveau format », a déclaré le sénateur devant les journalistes à l’issue d’un entretien à Moscou avec le vice-premier ministre et ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.

Le parlementaire russe a exhorté les deux pays à promouvoir de nouveaux schémas de coopération dans toutes les sphères, d’autant que les « points douloureux » deviennent de plus en plus nombreux dans le monde, qu’il s’agisse des Territoires palestiniens, de la Corée du Nord, de l’Iran, du Soudan ou d’autres régions.
RIA Novosti

La nouvelle politique américaine au Proche-Orient

Dialogue avec l’Iran, soutien à un Etat palestinien. Depuis son accession à la Maison Blanche, Barack Obama multiplie les signes d’un engagement de son administration en faveur d’une nouvelle politique au Proche-Orient. Des signes qui commencent à inquiéter les responsables israéliens et leurs plus farouches défenseurs aux Etats-Unis.

Pour l’instant, aucune décision concrète qui puisse étayer leurs craintes. Mais les partisans d’Israël aux Etats-Unis commencent à exprimer ouvertement leur inquiétude. Il faut dire que ces dernières semaines, la nouvelle administration américaine a clairement laissé entendre qu’elle comptait rompre avec la politique suivie par la précédente équipe sur le dossier proche-oriental.
À noter tout d’abord le rappel par Barack Obama à l’occasion d’un discours devant le Parlement turc, début avril, de l’attachement des Etats-Unis à la solution de deux Etats pour deux peuples. Quelques jours plus tard, l’envoyé spécial américain, Georges Mitchell, réaffirmait qu’il s’agit là «de la seule et meilleure solution» pour régler le conflit entre Israéliens et Palestiniens. Cette position américaine tranche avec le refus du nouveau gouvernement israélien d’endosser explicitement cette éventualité. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou n’a eu de cesse durant la campagne électorale d’affirmer qu’il était plus urgent d’améliorer la situation économique des Palestiniens.

Son nouveau ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, n’a pas dit autre chose lors des étapes italienne et française de sa tournée en Europe. Le gouvernement israélien cherche surtout à convaincre ses alliés que le dossier le plus urgent reste celui du nucléaire iranien. Mais là encore, l’approche du gouvernement de Barack Obama sur cette question suscite interrogations et inquiétude, tant chez les responsables israéliens que parmi ses plus farouches partisans aux Etats-Unis

Israël craint pour son statut d’allié privilégié

«Les Etats-Unis vont-ils sacrifier leur plus fidèle allié au Moyen-Orient pour rassurer son pire ennemi ?». Le quotidien conservateur, Washington Times, pose la question dans son éditorial de ce mercredi 6 mai. Deux éléments sont à l’origine de cette crainte exprimée sous forme d’interrogation. Il y a d’abord la volonté réitérée par Barack Obama d’engager un dialogue direct et sans conditions avec les responsables iraniens. En renonçant au préalable d’une suspension par la République islamique d’Iran de son programme d’enrichissement d’uranium pour ouvrir des pourparlers, le président américain fait preuve, pour ses détracteurs, d’une naïveté coupable.

Second point qui inquiète les soutiens d’Israël aux Etats-Unis : les récentes déclarations de la responsable américaine chargée de préparer la conférence mondiale sur le Traité de non-prolifération nucléaire, prévue en mai prochain à New York. Rose Gottemoeller a affirmé qu’ «une adhésion universelle au TNP, y compris par l’Inde, Israël, le Pakistan et la Corée du Nord, demeure un objectif fondamental des Etats-Unis». Cette déclaration semble indiquer une volonté américaine de rompre, concernant l’Etat hébreu, avec la politique dite de l’ambiguïté délibérée, en vigueur depuis les années 1960.

Concrètement, Israël a toujours refusé de reconnaître la possession d’armes nucléaires. Selon la plupart des experts, l’Etat hébreu disposerait de 80 à 200 têtes nucléaires. Une adhésion au Traité de non-prolifération obligerait Israël à y renoncer. Une éventualité que se refuse à envisager tant Israël que ses alliés aux Etats-Unis. Lors de son premier mandat comme chef du gouvernement israélien, Benyamin Netanyahou avait affirmé au président américain de l’époque, Bill Clinton, que «nous ne signerons pas le TNP, car nous ne voulons pas nous suicider».

«Un parallèle dangereux et naïf»

L’éditorial du Washington Post ne dit pas autre chose, lorsqu’il affirme que «plus que tout autre chose, l’arsenal nucléaire israélien a été un facteur de paix au Proche-Orient. Vouloir établir un parallèle entre Israël et l’Iran sur la question nucléaire est dangereux et naïf. Si Barack Obama est réellement intéressé par l’établissement d’une paix durable au Proche-Orient, il doit poursuivre la politique d’ambiguïté stratégique».

Parallèlement, les adversaires de Barack Obama multiplient les mises en garde envers les projets du président concernant le Proche-Orient. À l’occasion de la réunion annuelle de l’AIPAC, le puissant lobby pro-israélien aux Etats-Unis, Newt Gingrich, l’ancien président de la Chambre des représentants, n’a pas hésité à qualifier de «fantaisiste» le désir de Barack Obama d’ouvrir un dialogue avec l’Iran ajoutant que «l’approche de Barack Obama sur ce dossier est le signe de faiblesse le plus clair depuis Jimmy Carter».

Nul doute que Benyamin Netanyahou, qui est attendu fin mai à Washington pour sa première rencontre avec le président américain, relaiera personnellement les inquiétudes que suscitent les projets de l’administration américaine au Proche-Orient. Mais il sait d’ores et déjà qu’il bénéficiera d’une oreille moins attentive que celle dont disposait jusqu’alors le gouvernement israélien à la Maison Blanche. Les dernières déclarations du vice-président américain sont d’ailleurs venues confirmer cette impression.

«Une solution à deux Etats»

Devant l’AIPAC, Joe Biden a affirmé qu’ «Israël doit œuvrer à une solution à deux Etats. Peut-être n’allez-vous pas aimer ce que je vais dire, mais Israël ne doit plus construire de nouvelles colonies. Il doit démanteler les avant-postes existants, il doit permettre aux Palestiniens d’aller et venir librement et d’avoir accès à des perspectives économiques.»

Devant la même assemblée, le secrétaire général de la Maison Blanche, Rahm Emmanuel, avait déjà souligné qu’une avancée sur le dossier israélo-palestinien permettrait de rallier les pays arabes à une politique de fermeté vis-à-vis des ambitions nucléaires iraniennes. Autant d’indices qui font craindre aux plus farouches partisans d’Israël que le nouveau gouvernement américain ne sacrifie son allié traditionnel pour s’attirer les bonnes grâces des pays arabes.

Rien n’indique pourtant, qu’au-delà d’un discours plus offensif sur le dossier palestinien, les Etats-Unis entendent modifier leur politique. L’aide directe américaine à Israël devrait ainsi rester inchangée à quelque trois milliards de dollars et ce, malgré une crise économique qui a conduit le gouvernement américain à réduire son assistance financière aux pays étrangers. Il n’ya donc pas de rupture en vue entre les deux pays. Tout juste un nouveau ton auquel les dirigeants israéliens n’étaient pas habitués de la part d’un président américain.

Franck WEIL-RABAUD
06/05/2009
RFI

Lire aussi :
• 07/05/2009, BHO est-il sérieux ? Le nucléaire d’Israël ?, Dedefensa
• 09/05/2009, Israël, BHO et le biais nucléaire, Dedefensa
• 10/05/2009, Le Premier ministre israélien à la recherche d’un front anti-Iran, RFI

Guerres : Afghanistan, Irak, Iran… Palestine/Israël

Irak, Afghanistan : comment penser la guerre de demain ?, Rue89

L’Irak et l’Afghanistan sont-ils en train de devenir le modèle des guerres de demain ? Pour clore notre semaine, « Demain, la guerre… » en partenariat avec France Culture, revenons sur ces deux conflits. En particulier sur la manière dont ils ont renouvelé la doctrine des armées occidentales. Où l’on voit ressurgir les enseignements de la guerre d’Algérie… 

Commentaires : Plusieurs vidéos intéressantes, notamment celle du général Massu.

Chronologie de la guerre en Irak depuis le 1er mai 2003, NouvelObs

Védrine : les derniers néo-cons sont-ils à Paris ?, Rue89

Hubert Védrine, l’ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, a lancé une pique ironique à son lointain successeur Bernard Kouchner, qui avait mis en garde les Etats-Unis contre un dialogue direct avec l’Iran. 

« Ça m’a fait rire de lire que Bernard Kouchner était allé faire une conférence à Washington pour mettre en garde les Etats-Unis contre le risque de parler à l’Iran. Faudrait pas qu’on soit les derniers néo-conservateurs du système. Il faudrait peut-être se projeter dans une autre politique: parler à l’Iran n’est pas plus absurde que de parler à l’URSS à l’époque où celle-ci menaçait l’Occident de l’annihiler »

Commentaires : Toutes les vidéos de l’interview.

DAVIES Chris, Quand l’Europe a été occupée, elle a résisté, ISM

L’agression contre Chris Davies, le porte-parole sur l’environnement du parti démocrate-libéral anglais et membre de la délégation parlementaire de l’Union Européenne (UE) au Conseil Législatif Palestinien (CLP), a envoyé un message politique très fort au Parlement Européen. 

Davies a été agressé alors qu’il prenait part, avec plusieurs Israéliens, Palestiniens et étrangers à une manifestation de protestation contre le Mur de séparation qui sépare les agriculteurs palestiniens de leurs terres dans le village cisjordanien de Bi’ilin.

Davies critique la partialité des États-Unis envers Israël et remet en question la politique de l’Union Européenne concernant le Hamas.

Haniyeh : Nous accepterons Israël dans les frontières de 1967, ContreInfo

Le dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza, Ismail Haniyeh, a déclaré hier que son gouvernement était disposé à accepter un Etat palestinien aux côtés d’Israël dans les frontières de 1967. 

Il s’exprimait lors d’une rencontre avec 11 parlementaires européens qui étaient partis de Chypre pour la bande de Gaza afin de protester contre le blocus maritime du territoire imposé par Israël. Haniyeh a déclaré à ses hôtes qu’Israël avait rejeté son initiative.

Irak, Afghanistan, Pakistan, Iran, Palestine/Israël…

Afghanistan, Irak, Iran… Des défis d’une ampleur inédite attendent Obama, AFP – Yahoo! Actualités

Guerres en Irak et en Afghanistan, Pakistan instable, Iran menaçant… Barack Obama va hériter à la Maison Blanche d’une série de défis internationaux d’une ampleur inédite pour un nouveau président, qu’il compte gérer en se démarquant de son impopulaire prédécesseur. 

Obama et le général Petraeus le 21 juillet 2008 à Bagdad

Source : Yahoo! Actualités

Le président iranien Ahmadinejad félicite Obama pour sa victoire, AFP – Yahoo! Actualités

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a félicité jeudi Barack Obama pour son élection à la présidence des Etats-Unis, mais en lui demandant un changement radical de la politique des Etats-Unis, a rapporté l’agence de presse officielle Irna. 

Tzipi Livni met en garde Barack Obama contre des négociations avec l’Iran, AFP – Yahoo! Actualités

La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a déclaré jeudi que Barack Obama ne devrait pas ouvrir des négociations avec l’Iran dans l’immédiat, estimant que cette volonté de dialogue pourrait être interprétée par le régime de Mahmoud Ahmadinejad comme un signe de « faiblesse ». 

Rice de nouveau au Proche-Orient avant de léguer le dossier à Obama, AFP – Yahoo! Actualités

La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a admis implicitement jeudi l’impossibilité d’un accord de paix entre Israël et les Palestiniens en 2008, appelant à consigner les progrès accomplis avant de léguer le dossier à l’administration de Barack Obama. 

Moscou – Washington : vers une épreuve de force ?, RFI

C’est une véritable salve d’artillerie qui a salué, à Moscou, l’élection de Barack Obama. Mais le but n’était pas vraiment de le féliciter. Dans son discours à la nation, Dmitri Medvedev a tiré contre les Etats-Unis avec une intention manifeste d’avertir, voire de causer des dégâts. 

[…]
Le ton est donné. Qu’est-ce qu’il signifie ?
[…]
Il s’agit sans doute d’au moins trois objectifs. Le premier, à court terme, paraît très direct et immédiat : intimider les alliés des Américains dans le voisinage de la Russie et les décourager de faire de nouvelles concessions à Washington dans le domaine militaire.
[…]
Le deuxième objectif – tactique, à moyen terme – découle d’un constat, bien exprimé dans le quotidien Viedomosti par un autre spécialiste, Boris Chmielov : « La Russie ne croit pas en l’avenir de relations russo-américaines et estime que la nouvelle administration continuera la ligne de celle de George W.Bush, visant à déployer des éléments du bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque ».
[…]
Le troisième objectif est stratégique et vise le long terme. Il découle du regard que la Russie porte sur la situation globale dans le monde. Qu’est-ce que l’on voit de Moscou, en termes de rapports de forces ? Eh bien, les Russes voient d’abord que les Etats-Unis sont très affaiblis par la crise financière, par les interventions en Irak et en Afghanistan et par la période transitoire au sommet de l’Etat. Les spécialistes moscovites risquent de l’analyser très froidement. Pour eux, cet affaiblissement constitue un cadeau inespéré à tous ceux qui rêvent de priver l’Amérique de son leadership dans le monde.

Projet de déploiement de missiles Iskander : Medvedev met Obama à l’épreuve, RIA Novosti

En évoquant la possibilité de déployer des missiles Iskander dans l’ouest du pays, le président russe Dmitri Medvedev a sans doute décidé de mettre son homologue américain Barack Obama à l’épreuve, estime l’analyste politique grec Constantinos Filis, directeur du centre Russie-Eurasie à Athènes. 

[…]

« Tout président doit savoir adopter une attitude réaliste envers les problèmes qui se posent. Les Etats-Unis mènent actuellement une campagne militaire en Afghanistan et ils n’ont pas d’interlocuteur valable au Pakistan. Ils sont également obligés de tenir compte de l’Iran avec son programme nucléaire et son influence grandissante au Proche-Orient. Enfin, l’Irak où il faudra définir les conditions et les délais de retrait des troupes américaines », a affirmé M. Filis.

Sous Obama, Washington aura un besoin accru de coopération avec Pékin, AFP – Yahoo! Actualitése

La relation entre Washington et Pékin, après le triomphe de Barack Obama, devrait être relativement sereine au moment où Washington aura un besoin accru d’une coopération, notamment sur le front économique, avec une Chine de plus en plus puissante, estiment des experts. 

La Chine prête à oeuvrer avec les Etats-Unis au renforcement de leurs relations bilatérales, Xinhua – Le Quotidien du Peuple

« La Chine est prête à travailler avec les Etats-Unis, pour renforcer encore davantage le dialogue, les échanges et la coopération dans tous les domaines et approfondir la compréhension mutuelle et la confiance réciproque sur la base des trois Communiqués conjoints sino-américains. Ceci, pour bâtir les relations constructives et une meilleure coopération dont profiteront nos deux pays et le reste du monde, » a ajouté le porte-parole [Qin Gang]. 

L’élection d’Obama vue par la presse kényane, NouvelObs
L’élection d’Obama vue par la presse du Proche-Orient, NouvelObs
L’élection d’Obama vue par la presse russe, NouvelObs
L’élection d’Obama vue par la presse allemande, NouvelObs
L’élection d’Obama vue par la presse britannique, NouvelObs
L’élection d’Obama vue par la presse japonaise, NouvelObs
L’élection d’Obama vue par la presse française, NouvelObs

Obama : les cinq raisons de la victoire, Boulevard Exterieur

Aux Etats-Unis, les urnes ont produit un tournant historique. C’est la fin de 232 années de gouvernement par les Blancs, 24 années de domination des idées conservatrices (y compris sous Bill Clinton) et 25 années de prospérité pratiquement ininterrompue. Au-delà de la personnalité et du charisme de Barack Obama, cinq raisons expliquent son succès.
• Le ’’facteur Bush’’
• La crise du conservatisme
• La guerre en Irak
• La crise économique
• Le facteur McCain 

Les hommes de Barack Obama, RFIDiaporama L’Express

Ce trio est composé de John Podesta, ancien secrétaire général de la Maison Blanche entre 1998 et 2001, à l’époque de Bill Clinton. John Podesta dirige aujourd’hui un centre de réflexion, de centre gauche. Autres nominations, celle de Valérie Jarrett, une proche du président élu et Peter Rouse, qui était le chef de cabinet d’Obama au Sénat. 

Un israélien à un poste-clé dans la future équipe d’Obama, Info-Palestine

Apparemment, le futur président compte bien s’entourer des anciens de l’ère Clinton mais aussi de républicains.Premier nom à être annoncé : celui de Rahm Emanuel. Un israélien d’origine.
[…]
Le quotidien israélien Yediot Aharonot rapporte d’un des proches de Rham, que ce dernier n’aurait pas accepté ce poste, s’il n’était pas convaincu qu’Obama est l’homme d’Israël. Tandis que le quotidien Maariv révèle que le futur secrétaire générale du président Obama s’était porté bénévole pour combattre avec l’armée israélienne sur le front nord d’Israël au cours de la première guerre du Golfe. 

 
Lire aussi : Bruits de cabinet, Dedefensa.

L’enthousiasme fou du désespoir, Dedefensa

L’enthousiasme a déferlé sur les USA avec l’élection d’Obama, après être monté dans les derniers jours de la campagne. Cet enthousiasme est nettement marqué d’affectivité et d’émotivité et caractérise une montée, – ou bien certains pourrait suggérer une plongée comme dans une ivresse, après tout, – dans une représentation idéale de l’homme (Obama), de la situation et des possibilités de cette situation. 

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Contrairement à la description lyrique, mais justifiée pour le domaine psychologique, qu’Engelhardt fait de la campagne, cette campagne n’a pas eu lieu. Entendons-nous: la tension de cette campagne qui explose avec l’élection d’Obama était ailleurs pendant une phase importante en durée et en intensité de cette campagne. Du 15 septembre au 20 octobre (cette dernière date approximative, pour fixer les idées), cette tension était réservée à la “terreur” soudaine éprouvée par les citoyens, électeurs et consommateurs, devant la crise financière et ce que cette crise amenait de déstabilisation au terme d’une période très déstabilisée elle-même. La dernière séquence (disons 20-octobre-4 novembre) a vu un formidable transfert de cette tension, et sa couleur est passée de la terreur et du désespoir à l’exubérance et à l’enthousiasme. Ce transfert d’un extrême à l’autre a été vécu comme un intense soulagement. Ainsi sommes-nous passés, en un laps de temps incroyablement court, de la réalité (le crise, la déstructuration) à laquelle est confrontée l’affirmation originelle de l’Amérique à cette affirmation originelle réaffirmée avec tous les moyens formidables de la communication, avec toute la puissance d’une psychologie collective s’appréciant soudain comme libérée du carcan de la crise.

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Obama a été élu comme un outil, un instrument de réaffirmation désespérée de l’Amérique originelle, encore plus que comme un symbole. Il a peut-être été plus manipulé par les événements qu’il ne les a manipulés, – nous dirions même “sans doute”, sinon “sans aucun doute”. C’est une ambiguïté grosse d’évaluations erronées. Notre sentiment est qu’Obama sera accaparé bien plus qu’on ne croit par la situation intérieure des USA, à commencer par leur situation psychologique. Jamais la psychologie n’a été autant celle des extrêmes, jamais l’enthousiasme n’a été plus proche du désespoir, pour en être né avec une gestation comptée en jours, par conséquent menacé d’y retomber aussitôt.

Obama : Une Amérique post-raciale ?, Cri du Peuple 1871

Avant même d’avoir pris la moindre initiative, Barack Obama est assuré de laisser son nom dans les livres d’histoire comme l’homme qui a fait sauter, 143 ans après l’abolition de l’esclavage, la dernière chaîne qui limitait encore, symboliquement du moins, la progression des Américains de couleur. Le 20 janvier prochain, il entrera en maître des lieux dans une Maison-Blanche où la présence du dirigeant noir Booker T.Washington, invité par le président (républicain) Theodore Roosevelt, avait fait scandale, il y a un siècle. Le 4 novembre 2008 restera assurément comme la troisième grande date de l’histoire de l’intégration des Africains Américains, après le 22 septembre 1862 et la signature de la Proclamation d’Émancipation par Abraham Lincoln, et le 28 août 1963 et la marche pour les Droits civiques durant laquelle Martin Luther King a proclamé son « rêve ».