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Archives de Tag: Avigdor Lieberman

Guerre idéologique

Les Palestiniens d’Israël, otages de l’extrême droite

A la fin mars, le dirigeant d’extrême droite Avigdor Lieberman a accédé aux postes de vice-premier ministre et de ministre des affaires étrangères d’Israël. Lorsque Jörg Haider et ses amis du Parti libéral (FPÖ) entrèrent, en 2000, dans le gouvernement autrichien, l’Europe protesta quasi unanimement. Ce que, curieusement, elle n’a pas fait cette fois. Pourtant, conformément à la ligne de son parti, Israël Beitenou (« Israël, notre maison »), le leader d’origine russe a multiplié, tout au long de la campagne électorale, les déclarations racistes envers les Palestiniens d’Israël. On aura surtout retenu, en Occident, les premières déclarations du nouveau chef de la diplomatie jetant aux orties tous les accords signés précédemment par son pays, y compris la conférence purement médiatique d’Annapolis. De fait, elles ont provoqué un premier clash avec l’administration de M. Barack Obama, en quête de détente au Proche-Orient. Mais, en matière de politique intérieure, la remise en cause par M. Lieberman de la citoyenneté des Palestiniens d’Israël et sa proposition de les « transférer » à terme risquent d’alimenter d’autres clashs, sanglants ceux-là, entre citoyens juifs et arabes.

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« Nakba » disparaîtra des manuels scolaires pour Arabes israéliens, Reuters-Yahoo! Actualités.

Le ministère israélien de l’Éducation annonce la suppression du terme « Nakba » – « Grande Catastrophe » – utilisé pour désigner la création de l’État juif en 1948 dans les manuels scolaires à destination des Arabes israéliens.

Alors qu’il était encore il y a deux ans le chef du Likoud, principal parti de l’opposition de droite, l’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu avait promis de prendre une telle initiative, assurant que l’utilisation même du terme revenait à se prêter à la propagande arabe.

Absent des programmes d’histoire destinés à la communauté juive, le mot « Nakba » avait été introduit en 2007 dans les ouvrages destinés aux écoliers arabes de huit à neuf ans par le ministre travailliste de l’Éducation de l’époque, Yuli Tamir.

Il s’agit du vocable par lequel les militants nationalistes palestiniens désignent la fondation de l’État d’Israël au terme d’un conflit qui a contraint quelque 700.000 Arabes de Palestine à fuir leurs foyers.

Ceux qui sont restés et leur descendants représentent aujourd’hui un cinquième des sept millions d’habitants d’Israël et en possèdent la nationalité mais ils se plaignent d’être traités comme des citoyens de seconde zone par l’État juif.

Un porte-parole du ministre de l’Éducation Gideon Saar, a estimé « inconcevable » que les manuels destinés aux Arabes israéliens déclarent à propos du conflit de 1948: « Les Arabes qualifient la guerre de Nakba – une guerre de catastrophe, de pertes et d’humiliations – et les Juifs l’appellent la guerre d’indépendance. »

Djafar Farrah, directeur du groupe de rapprochement israélo-arabe Mossawa, a déclaré que cette décision ne ferait que « compliquer les choses » en tronquant la vérité et en alimentant le ressentiment de la population arabe israélienne.

Lire aussi :
• GRUZINSKI Serge, La colonisation de l’imaginaire : Sociétés indigènes et occidentalisation dans le Mexique espagnol XVIe-XVIIIe siècle, Gallimard, 1988
• GRUZINSKI Serge, La guerre des images – De Christophe Colomb à « Blade Runner » (1492-2019), Fayard, 1990

Des colons juifs mettent le feu à des champs appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie, AP-Yahoo! Actualités.

Plus de trente colons juifs, certains à cheval, ont mis le feu à des champs et à des oliviers et ont caillassé lundi des véhicules appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie. Deux Palestiniens ont été légèrement blessés lors de cette action visant à protester contre l’enlèvement par l’armée d’un avant-poste d’une implantation non autorisé dans la région.

Israël: Netanyahu refuse d’abattre le mur, Le JDD.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a exclu mercredi de démanteler dans un avenir prévisible le « mur » de sécurité érigé le long de la frontière avec la Cisjordanie pour prémunir l’État juif des attentats palestiniens. « J’entends dire ici ou là qu’il est possible d’abattre la clôture parce le calme règne. C’est l’inverse qui est vrai, mes amis. C’est calme parce que la barrière est là », a déclaré le chef du Likoud à la Knesset. Tout en reconnaissant « une certaine amélioration dans le fonctionnement des forces des sécurité palestiniennes » en Cisjordanie, Benjamin Netanyahu a affirmé: « La barrière de séparation restera en place et ne sera pas démantelée ».

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël

Avigdor Lieberman "Persona non grata"

La carrière de diplomate d’Avigdor Lieberman pourrait tourner court. Le très controversé ministre israélien des Affaires étrangères risque d’être poussé vers la porte de sortie. Après plusieurs années d’investigations, une équipe spéciale de policiers a remis cette semaine un dossier présenté comme accablant au procureur général Menahem Mazouz.

Selon la radio militaire, citant des hauts responsables de la police, les enquêteurs disposent de «suffisamment de preuves» pour recommander l’inculpation d’Avigdor Lieberman pour fraude, abus de confiance et blanchiment d’argent. […] Il apparaîtrait notamment qu’Avigdor Lieberman aurait créé une «chaîne de sociétés», dont certaines seraient totalement fictives, notamment à Chypre avec l’aide d’hommes d’affaires russes et autrichiens, ont précisé la radio militaire et le Yédiot Aharonot, quotidien à grand triage. Ce dispositif aurait permis à Avigdor Lieberman de «blanchir» d’importantes sommes d’argent qui auraient ensuite «atterri dans sa poche».

[…]

L’enjeu est important : cette formation a réalisé une percée aux législatives de février si bien que Benyamin Nétanyahou, le chef du gouvernement, s’est vu contraint, pour constituer une majorité, de céder aux exigences de son encombrant allié en lui accordant un «grand ministère».

Cette décision n’a apparemment pas été des plus judicieuses pour l’image de marque d’Israël à l’étranger. En raison des accusations de racisme anti-arabe lancées contre lui, le ministre des Affaires étrangères est devenu pratiquement persona non grata dans une bonne partie du monde. Cet «isolement» diplomatique est tel qu’Avigdor Lieberman en a lui même tiré les conclusions en affirmant récemment qu’il ne se sentait pas en droit de négocier le sort des colonies israéliennes de Cisjordanie avec George Mitchell, l’émissaire spécial de Barack Obama au Moyen-Orient, en raison d’un «conflit d’intérêts» – dû au fait qu’il habite l’une de ces colonies.

Le Figaro

Sarkozy a raison : Lieberman doit partir

La demande du président français Nicolas Sarkozy au Premier ministre Benjamin Netanyahu de remplacer Avigdor Lieberman, ministre des Affaires étrangères, met à jour une triste vérité. À l’heure actuelle, Israël n’a pas un vrai ministre des Affaires étrangères. La communauté internationale refuse de parler à un homme politique qui est considéré comme raciste, suite à la campagne menée par son parti Israel Beytenou, contre les citoyens arabes au cours de la récente campagne électorale à la Knesset. Il n’y pas d’autre manière d’interpréter la comparaison de Sarkozy entre Lieberman et Jean-Marie Le Pen politicien français d’extrême-droite.

Les réactions de colère du ministère des Affaires étrangères après le commentaire de Sarkozy, diffusé lundi sur la chaîne 2 en Israël, à savoir qu’il s’était ingéré dans les affaires intérieures d’Israël, ne sont pas pertinentes.

La France n’a pas imposer un boycott officiel de Lieberman, Sarkozy ne l’a pas non plus condamné publiquement – il a seulement transmis un message à Netanyahou en privé. Il est donc difficile de soutenir que Sarkozy s’est comporté d’une manière peu diplomatique.

Il est plus important de se concentrer sur l’essentiel, sur les dommages en cours des intérêts diplomatiques d’Israël résultant du mandat de Lieberman au ministère des Affaires étrangères. Sarkozy n’était pas le premier à exprimer son insatisfaction avec le fait que le chef d’Israel Beytenou soit élevé au sommet de la diplomatie d’Israël.

Les pays arabes refusent de parler avec Lieberman en raison de ses menaces et de ses propos grossiers sur le passé de l’Egypte et de son président.

Lorsque Lieberman a été invité récemment à Washington, l’administration américaine a exprimé son mécontentement en lui préférant le ministre de la Défense Ehud Barak, qui a été invité à rencontrer le président Barack Obama. Les prédécesseurs de Lieberman au ministère des Affaires étrangères, Tzipi Livni (Kadima) et Silvan Shalom (Likoud), ont également été invités à des réunions avec le président au cours de leurs visites à Washington. Mais pas lui.

La bizarre tentative de Lieberman d’offrir une alternative politique diplomatique, dont la principale caractéristique est le renforcement de la coopération stratégique avec la Russie comme contrepoids à l’administration Obama, s’est effondré dès le début. Avant d’inviter Lieberman à Moscou, les Russes ont envoyé leur ministre des Affaires étrangères à une réunion avec le chef du Hamas Khaled Meshal.

À la lumière de la situation internationale complexe à la veille de la reprise des négociations avec les Palestiniens et peut-être aussi avec la Syrie, Israël a besoin de tout le soutien de la communauté internationale. Il est impératif de remplacer Lieberman par un autre ministre des Affaires étrangères, qui bénéficiera d’une politique d’ouverture dans les capitales du monde.

01/07/2009
Ha’aretz
Traduction de Serge LEFORT

Netanyahou-Sarkozy-Lieberman

Editorial, Sarkozy is right – Lieberman must go, Ha’aretz.

Sarkozy aurait conseillé à Nétanyahou de renvoyer Lieberman, selon des responsables israéliens, AP-Yahoo! Actualités.

Nicolas Sarkozy, qui a reçu Benyamin Nétanyahou la semaine dernière à l’Elysée, lui aurait conseillé de renvoyer son controversé ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, selon de hauts responsables israéliens. A la suite de ces informations, le Premier ministre israélien a réaffirmé mardi son « entière confiance » au chef de la diplomatie de l’Etat hébreu.

Des sources gouvernementales israéliennes, qui ont requis l’anonymat, ont confirmé mardi les informations de la télévision israélienne qui rapportait que le président français s’en était pris durement à l’ultranationaliste Avigdor Lieberman, chef du parti Israel Beitenou, lors de son entretien avec Benyamin Nétanyahou mercredi dernier à Paris.

« Si les choses attribuées au président français sont vraies, alors cette ingérence du président d’un pays démocratique respecté dans les affaires d’un autre pays démocratique est très grave et intolérable », a dénoncé le porte-parole du chef de la diplomatie israélienne Tzahi Moshe dans un communiqué.

Le cabinet de Benyamin Nétanyahou a de son côté fait savoir dans un communiqué publié après sa rencontre avec les ambassadeurs de l’Union européenne mardi, qu' »au regard de récentes informations, il était important pour lui de souligner qu’il avait une entière confiance dans le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman ».

« Le Premier ministre a ajouté qu’il sait que le ministre des Affaires étrangères Lieberman est complètement engagé en faveur de la paix et la sécurité et qu’il est un membre important du gouvernement élu de l’Etat démocratique d’Israël », ajoute le communiqué qui ne confirme ni ne dément les informations de la télévision israélienne.

Le porte-parole de Benyamin Nétanyahou Nir Hefetz a déclaré sur la radio de l’armée israélienne que « le Premier ministre n’a pas l’impression d’avoir besoin de conseils sur son gouvernement de sources extérieures ».

L’Elysée n’a pas souhaité commenter ces informations. Lors du point de presse au Quai d’Orsay, le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères Romain Nadal a renvoyé les journalistes au communiqué publié après l’entretien entre MM. Sarkozy et Nétanyahou. « C’est ce compte rendu qui reflète le contenu de cet entretien », a-t-il expliqué, notant que le nom du chef de la diplomatie israélienne n’y était pas mentionné.

Selon l’une des sources officielles, Avigdor Lieberman a demandé à ses subordonnés de ne pas commenter davantage ces informations, afin d’éviter des tensions diplomatiques.

Selon ces sources, Nicolas Sarkozy aurait conseillé à Benyamin Nétanyahou de se « débarrasser de cet homme » et le remplacer par la modérée Tzipi Livni, ancienne ministre des Affaires étrangères. Le Premier ministre aurait répondu au dirigeant français qu’en privé, Avigdor Lieberman, « parle différemment » que dans ses discours politiques, mais Nicolas Sarkozy aurait rétorqué qu’en privé, le président du Front national Jean-Marie Le Pen est « un homme très gentil », ajoutait-on de mêmes sources.

La nomination de l’extrémiste Avigdor Lieberman à la tête de la diplomatie israélienne avait été mal reçue par la communauté internationale en raison de ses positions intransigeantes sur le processus de paix israélo-palestiniens et ses provocations verbales dénoncées comme racistes.

Sarkozy embarrasse Nétanyahou, Yahoo! ActualitésLibération.

Nicolas Sarkozy, en particulier depuis son discours l’an dernier à la Knesset, est l’ami d’Israël. On ne s’attendait donc pas à ce qu’il en vienne à comparer Avigdor Lieberman, le très extrémiste et raciste chef de la diplomatie de l’Etat hébreu, à Jean-Marie Le Pen. C’est ce qui a le plus choqué, du ministère des Affaires étrangères aux médias israéliens, y compris le quotidien de référence Haaretz, qui consacre sa une à l’affaire.

Au départ, il y a une conversation un peu complice, lors d’une rencontre à l’Elysée, le mercredi dernier, entre Sarkozy et Benyamin Nétanyahou, deux hommes qui se connaissent bien et s’apprécient. Et ce conseil sans doute amical, donné devant témoins, du président français à son hôte : «Débarrasse-toi de lui [Lieberman, ndlr] et prends à la place Tzipi Livni [la chef de l’opposition]. Avec elle et Ehud Barak [le ministre travailliste de la Défense], tu pourras faire l’Histoire.» Ces propos ont provoqué la colère dans l’entourage du chef de la diplomatie israélienne. «Si ce qui est attribué au président français est exact, il s’agit d’une immixtion d’un président d’un Etat démocratique respecté dans les affaires d’un autre pays démocratique, une chose grave et inacceptable», a enragé hier, un conseiller de Lieberman. «Nous espérons qu’au-delà des positions politiques de chacun, tous les partis en Israël condamneront une intervention aussi grossière d’un Etat étranger dans nos affaires intérieures.» Tous les partis, non, puisque Ahmed Tibi, un député arabe israélien, membre de la Liste arabe unie, a félicité le président français : «La communauté internationale commence à prendre en compte le danger fasciste»,représenté par Avigdor Lieberman.