Palestine en Question

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American Radical – The Trials of Norman Finkelstein

Le sionisme et l’instrumentalisation de l’Holocauste

Fils de parents survivants des camps nazis, auteur de L’industrie de l’Holocauste – Réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs (La Fabrique, 2001), professeur de sciences politiques et homme de principes jusqu’à l’intransigeance, Norman Finkelstein est en croisade depuis 1982. Son objectif : dénoncer l’utilisation de l’Holocauste par Israël pour justifier les crimes commis en Palestine.

Suivant Finkelstein à travers le monde, American Radical trace le portrait de cet homme vénéré par les uns et haï par les autres, ami de Noam Chomsky et interdit de séjour en Israël. Le portrait d’un penseur libre, d’un provocateur, d’un homme seul qui a sacrifié sa vie à une cause.


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Nous avons une expression en anglais : « La vérité est souvent une pilule amère à faire passer. » Nous sommes supposés examiner sérieusement l’histoire. Mais il suffit que vous mentionnez quelques mots sur des collaborateurs juifs, et les gens deviennent tellement énervés. C’est – je suis désolé de le dire – une forme de chantage émotionnel [53’08 »].

Norman Finkelstein a payé le prix fort pour avoir dit une vérité dérangeante. Il a été chassé de l’Université, interdit de séjour en Israël et l’Organisation de la Défense Juive a lancé contre lui une campagne « Chassez le traître des Juifs ».

Fiche : AlloCiné
Critiques :
ISM
Lectures
Panorama
The New York Times
Site du filmLes Mutins de Pangée

20/04/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie FINKELSTEIN Norman, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

La majorité des Israéliens soutient la solution à deux États

Un nouveau sondage publié mardi a révélé que 62% des Israéliens soutenaient la solution à deux États et pensaient qu’il s’agissait de la meilleure option pour l’État israélien, a rapporté le Jerusalem Post.

Le sondage a été mené auprès de 500 personnes issues d’un échantillon représentatif de la population adulte juive par le groupe Smith Research pour l’organisation Blue and White Future.

La recherche montre que 69% des interrogés âgés de 50 ans et plus soutiennent la solution à deux États, par rapport à 63% chez les 30-49 ans et 42% chez les 18-29 ans.

De plus, 25% des 18-29 ans soutiennent l’annexion des territoires palestiniens sans donner aux Palestiniens tous les droits civils, par rapport à 16% des 30-49 ans et 7% des 50 ans et plus.

Quant au facteur de l’âge, l’étude montre que les plus jeunes tendent à adopter des positions plus orientées vers la droite que les adultes.

En réponse aux résultats de l’étude, le coprésident de l’organisation Blue and White Future, Gilad Sher, a déclaré que l’opinion publique israélienne « commençait à internaliser » l’idée de la nécessité d’une solution de deux États.

Il a ajouté que la responsabilité du gouvernement était de pousser dans cette direction, déclarant au Jerusalem Post qu’il était de « l’intérêt national » du pays d’en faire autant.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a soutenu la solution à deux États dans son discours Bar Illan en juin 2009.

20/12/2012
Renmin Ribao

Lire aussi :
• Les Israéliens davantage préoccupés par la pauvreté que par l’Iran, CCIPPP.
Veille informationnelle Palestine, Monde en Question.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.

Pilier de Défense – Fronde de David

Un article de l’agence Xinhua est passé totalement inaperçu. Il éclaire pourtant un des buts de l’offensive militaire contre les Palestiniens de Gaza. Rien ne vaut une bonne guerre pour tester de nouvelles armes.

Israël annonce avoir testé avec succès un nouveau système de défense antimissile

Israël a testé avec succès un nouveau système de défense antimissile, baptisé « Fronde de David », capable d’intercepter des missiles ayant une portée plus longue que ceux abattus par le système « Dôme de fer » utilisé lors du récent conflit entre Israël et Gaza, a indiqué le ministère de la Défense dimanche.

Un missile Stunner, lancé par le système « Fronde de David », a intercepté sa cible lors du premier tir, précise le communiqué du ministère.

Ce test d’interception réussi marque l’achèvement de la première phase de développement du système de défense « Fronde de David » mis au point par l’Organisation de défense antimissile israélienne et l’Agence de défense antimissile américaine, ajoute le communiqué.

Le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak a félicité les personnels qui ont travaillé sur le projet. Le système « Fronde de David » sera un dispositif important du programme de défense antimissile multi-couches israélien, a-t-il dit.

« Fronde de David », qui est développé conjointement par Israël et les États-Unis, constitue une couche de protection intermédiaire entre « Dôme de fer », qui assure la défense d’Israël contre les missiles de courte portée, et « Flèche 2 » (« Arrow 2 »), qui protège le pays contre les missiles balistiques de longue portée.

Renmin Ribao, 27/11/2012

Un test en grandeur nature permet aussi de préparer la prochaine guerre comme l’annonce triomphalement le site de propagande sioniste JSS News :

L’opération « Colonne de nuée » peut être considérée comme étant un « round » dans la guerre qui oppose l’État d’Israël à la République islamique d’Iran et ses alliés dans la région. La trêve acceptée par le gouvernement de Binyamin Netanyahou n’est pas un renoncement dans la lutte contre le terrorisme mais l’aboutissement – anticipé – d’une des étapes de la stratégie israélienne.

Le 14 novembre 2012, l’opération « Colonne de nuée » débute avec l’élimination d’Ahmed Jabari, le chef de la branche armée du Hamas. Un cessez-le-feu entre en vigueur huit jours plus tard. Le bilan de cette opération est clair et les chiffres communiqués par Tsahal le prouvent.

[…] Bien qu’atteint, le Hamas n’est pas encore détruit. Pour cela, il est nécessaire de s’attaquer aussi au régime iranien.

[…] il ne fait aucun doute que les dirigeants israéliens seront au rendez-vous pour enfin « laisser Tsahal gagner ».

Lire aussi :
• Succès du premier test de la « Fronde de David », JSS News site de propagande sioniste, 28/11/2012.
• Système Fronde de David, Tsahal.
• Notes d’Iron Dome au Patriot, impair et manque…, Dedefensa 22/11/2012.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Veille informationnelle Palestine, Monde en Question.

Un État non-membre et occupé


Photo publiée par Ha’aretz avant la connaissance du vote :
138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions

Le 14 novembre, Benyamin Netanyahou a lancé une opération militaire contre les Palestiniens de Gaza puis l’a brusquement arrêtée au bout d’une semaine. En acceptant un cessez-le-feu négocié par Mohamed Morsi, il a permis à Ismaël Haniyeh d’apparaître comme le « vainqueur » d’une guerre qui n’a pas eu lieu.

Le 29 novembre, Benyamin Netanyahou a été incapable d’empêcher le vote par l’ONU en faveur de la reconnaissance de la Palestine comme État observateur non-membre des Nations Unis. Mahmoud Abbas apparaît comme le « vainqueur » d’une guerre diplomatique contre l’État d’Israël qui se retrouve plus isolé que jamais.

En moins de quinze jours, Ismaël Haniyeh fut promu comme l’interlocuteur incontournable d’une solution militaire et Mahmoud Abbas comme l’interlocuteur incontournable d’une solution diplomatique au règlement du partage de la Palestine, selon les frontières de 1947 pour le Hamas et celles de 1967 pour l’OLP.

Bien que Benyamin Netanyahou soit pratiquement assuré de gagner les prochaines élections, il devra affronter la réalité d’une occupation coloniale qui s’enlise dans les sables mouvants du projet sioniste d’établir un État juif sur les deux rives du Jourdain.

29/11/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Assemblée générale, ONU, 29/11/2012.
• With Palestinians near certain to win UN recognition, Israel increasingly isolated, Ha’aretz, 29/11/2012.
The General Assembly vote, which will be broadcast live around the globe, is expected to be an unprecedented achievement for the PA and Abbas. In contrast, Prime Minister Benjamin Netanyahu, Foreign Minister Avigdor Lieberman and Defense Minister Ehud Barak are said to understand that the Palestinian victory at the United Nations means an Israeli defeat and a personal defeat for each of them.
The significance of the outcome has not been lost on Jerusalem. While the ruling party in Israel is moving to the right, the international community, including Israel’s friends, is moving to the left. They are no longer willing to accept Israel’s occupation of the West Bank.
• La question de Palestine, ONU – The Question of Palestine, UN.
• Permanent Observer Mission of Palestine to the United Nations, UN.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Texte de l’accord de cessez-le-feu

L’accord de cessez-le-feu conclu sous médiation égyptienne entre Israël et les groupes combattants à Gaza prévoit que les deux parties cessent leurs frappes aériennes comme leurs tirs de roquettes à dater de 21h00 heure de Gaza (19h00 GMT).

Voici le texte de cet accord :

Dispositions convenues relativement à l’accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et les groupes combattants de la bande de Gaza, dirigés par le Hamas, avec la médiation de l’Égypte :
1. Israël cesse toute action agressive à Gaza, que ce soit par mer, par terre ou par les airs, y compris toute incursion et tout assassinat ciblé.
2. Les factions palestiniennes et la branche armée cessent toute action agressive depuis la bande de Gaza contre Israël, y compris tout tir de roquette et toute attaque à la frontière entre la bande de Gaza et Israël.
3. Les points de passage seront ouverts et la circulation des biens et personnes seront facilités, sans restreindre les déplacements des habitants ni les prendre pour cible près des zones frontalières. Cette mesure sera mise en oeuvre 24 heures après l’entrée en vigueur du présent accord.
4. Tout autre problème éventuel sera discuté en tant que besoin.

Mécanisme de mise en œuvre :
1. Décision de l’heure zéro pour le début de l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu.
2. Obtention par l’Égypte de garanties de toutes les parties qu’ elles respecteront les dispositions convenues.
3. Engagement de la part de chaque partie à s’abstenir de toute action unilatérale ou violation de ces accords. Toute éventuelle observation sera transmise à l’Égypte, en tant que médiateur de cet accord, qui en assurera le suivi.

Renmin Ribao

Lire aussi :
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Le prix du recul de Netanyahou

S’il s’avère que l’État d’Israël arrête son offensive militaire contre les Palestiniens de Gaza après huit jours de bombardements de la population civile, il reste à interpréter ce recul historique.

Benyamin Netanyahou doit avoir de très bonnes raisons pour signer un cessez-le-feu qui avantage politiquement Mohamed Morsi, le président de l’Égypte proche des Frères musulmans, et Ismaël Haniyeh du Hamas, mouvement issu des Frères musulmans. En effet, Mohamed Morsi va apparaître comme l’homme fort, qui a négocié l’improbable cessez-le-feu entre l’État d’Israël et le Hamas, et Ismaël Haniyeh va apparaître comme l’héroïque résistant, qui a fait reculé Benyamin Netanyahou.

Les conséquences peuvent être désastreuses pour Benyamin Netanyahou, qui risque alors de perdre les élections, et pour l’armée israélienne, qui avait déjà été secouée par sa défaite au Liban. Avigdor Liberman et les généraux extrémistes sont capables de faire de la surenchère. En bref, une crise de confiance pourrait ébranler la société israélienne qui soutenait majoritairement cette nouvelle guerre.

Pour que Benyamin Netanyahou accepte un accord, il faut qu’il ait reçu en échange des gages… de la seule puissance qui puisse le contraindre à négocier : les États-Unis via Hillary Clinton, qui est actuellement à Tel Aviv.
À défaut de l’autoriser à guerroyer en Iran, Barack Obama lui a probablement garanti de neutraliser Mahmoud Abbas, qui rêve toujours d’être le Président-embedded un État-confetti pour le compte de l’État d’Israël, et surtout de fermer les yeux sur la poursuite de la colonisation de la Cisjordanie.
Il est possible aussi que Obama ait tendu un piège Netanyahou, en lui donnant de fausses promesses, pour lui faire payer son soutien à son adversaire électoral.

Le 14 novembre, Benyamin Netanyahou a lancé une opération militaro-électorale dont les gains ne sont pas acquis.

21/11/2012 à 20 heures
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• 21/11/2012, Notes sur un « Pilier » bien incertain, deDefensa.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Échec du nationalisme palestinien

Ecoutez, nous [OLP], nous avons décidé, il y a 19 ans, d’arrêter toute la lutte militaire pour décider de négocier la solution de deux États. Mais soyons honnêtes, nous avons échoué. La solution préconisée par le Président Mahmoud Abbas, par le Premier ministre, par Yasser Arafat avant son décès, ça fait 20 ans que nous négocions soi-disant une solution de l’occupation militaire de nos territoires depuis 45 ans. Et qu’est-ce que nous avons fait ? Nous n’avons même pas réussi à faire retirer l’armée israélienne ni de Gaza ni de Cisjordanie, ni de Jérusalem-Est.

[…] je vous dis que moi, je suis l’ambassadeur de Palestine, et je vous dis que, malheureusement, la stratégie de ma direction, la mienne, celle que je défends maintenant depuis 45 ans, elle a échoué. Dites-moi à quoi ont servi les négociations pendant 20 ans ? Nous avons commencé à négocier à Madrid en 1990. On a continué en 1993, on a arrêté la lutte armée, on a voulu montrer qu’on était respectueux du droit international, et Israël nous a donné une claque.

18/11/2012, Leïla Shahid : « Notre stratégie non-violente face à Israël est un échec », RTBFTélécharger mp3.

Moi je travaille à Bruxelles et tout ce que nous demandons (gel de la colonisation, respect des frontières et de la capitale) sont des référents de l’Union européenne. Les Palestiniens ne sont pas des sous-hommes qui n’auraient pas le droit d’être protégés par le droit. La négociation politique que nous menons depuis Oslo il y a 20 ans est un échec. L’occupation est encore pire, le mur encore plus grand, que la répression est plus grande…

19/11/2012, Leila Shahid, déléguée générale de Palestine sur RTL : « Il est temps que l’on sanctionne Israël », RTLTélécharger mp3.

Il est rare qu’un responsable politique du niveau de Leïla Shahid, qui est déléguée générale de l’Autorité palestinienne [OLP] auprès de l’Union européenne, avoue l’échec de la stratégie de son organisation depuis plus de 20 ans.

Elle oublie quand même de dire que l’échec de la négociation politique entre l’OLP et l’État d’Israël fait suite à l’échec de la lutte armée de l’OLP contre l’État d’Israël à une époque où pourtant la lutte armée de libération nationale avait le vent en poupe – FLN en Algérie (1954-1962) et FNL au Viêt Nam (1954-1976).

L’échec de l’OLP vient principalement de sa nature sociale qui l’incita à avoir une confiance excessive dans le soutien des États arabes à la création d’un État palestinien. Or, les États arabes ont toujours instrumentalisé la question palestinienne sur le dos des Palestiniens. L’OLP a échoué sur le plan de la lutte armée et de la négociation politique, qui de concession en concession s’est transformée en collaboration avec l’occupant, parce qu’elle a privilégié la question nationale par rapport à la question sociale.

Le Hamas collabore aussi avec l’occupant, mais sans négocier ouvertement avec lui. Ismaël Haniyeh doit pourtant, par exemple, demander la permission pour sortir de Gaza. Sa police exerce dans les limites imposées les services israéliens, etc. Mais le Hamas approuve le lancement de roquettes contre des civils israéliens pas des groupes qu’il contrôle plus ou moins. Il sait que ces actions sont dérisoires et contre-productives, mais c’est le prix à payer pour apparaître comme le pôle de la résistance.
Dérisoire car l’armée israélienne, la mieux équipée du Moyen-Orient, a des moyens biens supérieurs. La dissymétrie du nombre de morts palestiniens et israéliens est éloquente. Selon l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem du 19 janvier 2009 au 30 septembre 2012, 271 Palestiniens tués à Gaza contre 4 Israéliens.
Contre-productive car les médias dominants du monde entier ne parlent que des roquettes « des terroristes du Hamas » qui servent de prétexte au gouvernement israélien pour bombarder massivement les Palestiniens de Gaza.

Leïla Shahid croit-t-elle encore à un État palestinien sur les confettis de localités encerclées par des routes réservées aux seuls israéliens ? Elle fait peut-être encore semblant d’y croire car elle ne se convertira pas à « la résistance islamique en Palestine » comme les organisations pro-palestiniennes occidentales. Ces organisations prient aujourd’hui pour que l’Égypte ou le Qatar sauvent les Palestiniens de Gaza d’un massacre planifié. Une farce tragique.

20/11/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Théo COSME, Moyen-Orient 1945-2002 – Histoire d’une lutte de classes, Senonevero, 2002 [Introduction].
De la fin de l’Empire ottoman à la guerre du Golfe (1991), la « Question d’Orient » était celle du développement des rapports capitalistes au Moyen-Orient. L’Orient fut une  » Question  » car ce développement n’était pas endogène. La formation de bourgeoisies y fut cahotique et la production de prolétaires catastrophique. Depuis la fin de l’Empire Ottoman, la formation de rapports sociaux spécifiquement capitalistes s’est déroulée au Moyen-Orient au travers de la succession de trois fractions dominantes de la bourgeoisie : bourgeoisie foncière, administrative et commerçante ; bourgeoisie nationaliste ; bourgeoisie rentière (malgré nos critiques, nous reconnaissons notre dette aux travaux de Georges Corm). Chacune, dans sa spécificité, inclue et exprime à un moment donné les nécessités générales du développement du capital. Par là également, leur action peut parvenir à d’autres buts que ceux qu’elles s’étaient primitivement fixés. C’est dans ce cadre que nous étudions la formation de l’État d’Israël, la montée de l’islamisme, la révolution iranienne, la guerre du Liban, la première Intifada, l’échec du mouvement palestinien, l’invasion du Koweit et l’élimination finale de la figure autonome du rentier. Plus généralement les guerres israélo-arabes sont, pour les pays arabes, le critère et l’histoire du développement en leur sein des rapports sociaux capitalistes, l’existence d’Israël a été jusqu’à maintenant la contrainte à ce développement.

C’est la guerre du Golfe en 1991 qui a définitivement résolu le problème essentiel que dans la restructuration mondiale du mode de production capitaliste posait le Moyen-Orient : l’intégration de la rente pétrolière dans la péréquation générale du taux de profit. On peut alors cesser de considérer le Moyen-Orient comme une question particulière. La « Question d’Orient » est fondamentalement résolue dans la mondialisation des rapports capitalistes ce que confirment la caducité du sionisme l’effacement et les risques d’implosion de l’Arabie Saoudite, la seconde Intifada, l’évolution de l’islamisme et la guerre américaine en Afghanistan.

Il reste maintenant la question générale de la définition, de l’exploitation et de la reproduction d’un prolétariat massivement déraciné et paradoxalement renvoyé à des solidarités apparemment traditionnelles.

Outre son découpage et la compréhension de celui-ci, le parcours du capitalisme au Moyen-Orient pose plusieurs problèmes théoriques majeurs : le caractère non endogène du développement du capitalisme ; le rapport entre les identités intermédiaires (communautés religieuses ou ethniques) et l’État-nation ; le rapport de la rente pétrolière à la péréquation du taux de profit ; les formalisations religieuses et nationalistes de la lutte de classe.

Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.

Tragédie-comédie en Palestine-Israël

En Palestine, se joue une tragédie-comédie entre Benyamin Netanyahou (Likoud), allié à Avigdor Liberman (Israel Beytenou), et Ismaël Haniyeh (Hamas). Comme en 2009, le gouvernement israélien joue cyniquement la carte sécuritaire pour gagner les élections. Il a rompu la trêve avec le Hamas, en assassinant Ahmed Jabari, car il sait que le Hamas répliquera en lançant des roquettes artisanales contre des villes israéliennes et que les médias dominants du monde entier ne parleront que de cela.

En 2009, Ehud Olmert (Kadima) avait lancé une guerre contre les Palestiniens de Gaza dans l’espoir que son parti remporte les élections, mais Shimon Peres chargea Benyamin Netanyahou (Likoud) de former un nouveau gouvernement. En effet, bien que Kadima arriva en tête avec 28 sièges, le Likoud gagnait 15 sièges et Israel Beytenou 4. La droite et l’extrême droite sortaient gagnantes de ces élections (Knesset 2006Knesset 2009).

En 2012, Benyamin Netanyahou réalise la même opération militaire et politique contre les Palestiniens de Gaza et les Israéliens pour remporter avec l’extrême droite la majorité des sièges et réaliser le projet sioniste de Vladimir Jabotinsky : établir un État juif de la Méditerranée au Jourdain à défaut des deux rives du Jourdain.

En Cisjordanie, Mahmoud Abbas – le Pétain d’un improbable État-confetti – assure la sécurité d’Israël et ne dénonce la politique du gouvernement israélien que du bout des lèvres. À Gaza, Ismaël Haniyeh – le kapo du camp de concentration – assure aussi la sécurité d’Israël, mais en sous-main car il se présente comme comme LE résistant. Ce que croient les organisations pro-palestiniennes qui se sont converties aux mots d’ordre de « la résistance islamique en Palestine » (ISM).

En tuant Ahmed Jabari, « un sous-traitant en charge du maintien de la sécurité d’Israël dans la bande de Gaza » (Ha’aretz), Benyamin Netanyahou permet à Ismaël Haniyeh de garder intacte son image de résistant. En lançant quelques roquettes contre des civils israéliens, réplique bien dérisoire, Ismaël Haniyeh permet à Benyamin Netanyahoun de justifier les bombardements des civils Palestiniens de Gaza et d’entraîner les Israéliens dans une logique sécuritaire… favorable à son projet de terminer la guerre de 1948 pour établir un État juif en Palestine.

Benyamin Netanyahou et Ismaël Haniyeh ont mutuellement besoin l’un de l’autre, mais à plus ou moins long terme Ismaël Haniyeh sera éliminé. Benyamin Netanyahou a, s’il gagne les élections, l’opportunité de réalisé le projet sioniste car les États-Unis ne bougeront pas, les États arabes non plus, pas plus que la Turquie ou l’Iran. L’Union Européenne, la Russie et la Chine se taisent. Les Palestiniens sont dramatiquement seuls… face à la folie meurtrière d’une armée d’occupation qui, en plus des chars de combat, des F-16 et des drones, possède des missiles air-sol, des armes chimiques et l’arme nucléaire.

17/11/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Aluf BENN, Israel killed its subcontractor in Gaza, Ha’aretzLe Monde diplomatique, 15/11/2012.

Ahmed Jabari était un sous-traitant, en charge du maintien de la sécurité d’Israël dans la bande de Gaza. Cette qualification paraîtra sans aucun doute absurde pour tous ceux qui, au cours des dernières heures, ont vu Jabari décrit comme un « archi-terroriste », « le chef du personnel de la terreur » ou « notre Ben Laden ».

C’était pourtant la réalité durant ces cinq années et demi. Israël a exigé du Hamas qu’il observe la trêve dans le sud et la fasse appliquer par les nombreuses organisations armées dans la bande de Gaza. L’homme à qui avait été confiée cette tâche était Ahmed Jabari.

Alain Gresh rappelle la dissymétrie de cette guerre coloniale qui ne dit pas son nom :

Selon l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem du 19 janvier 2009 au 30 septembre 2012, 271 Palestiniens tués à Gaza contre 4 Israéliens.

Selon Selon l’organisation palestinienne de défense des droits humains PCHR, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, 1 455 Palestiniens tués contre 13 Israéliens.

• Serge LEFORT, Le Fatah et le Hamas unis contre les Palestiniens, Palestine en Question, 18/03/2011.
• Michel WARSCHAWSKI, USA-Israël – De l’alliance à la symbiose, Palestine en Question, 25/03/2010.
• Serge LEFORT, L’alliance russo-israélienne, Palestine en Question, 15/04/2009
• Pierre STAMBUL, Des origines au triomphe électoral de la droite en 2009 : le sionisme a gommé les différences idéologiques, Palestine en Question, 14/04/2009.
• Tanya REINHART, Détruire la Palestine, ou comment terminer la guerre de 1948, La Fabrique, 2002.
• Tanya REINHART, L’héritage de Sharon – Détruire la Palestine suite, La Fabrique, 2006.
Revue de presse Guerre contre Gaza décembre 2008janvier 2009, Monde en Question.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Gaza, Now: Future is Uncertain

I’m writing this from near the Gaza seaport from where I can see smoke rising around me from the bombs that fall down on the Gaza Strip from the Israeli planes above. Words fail me. Despite the limits to life from Israel’s five-year siege on Gaza some kind of normality is attempted in Gaza. How could it be any other way when the majority of the population are children, do parents and older siblings have any other option?

Yet this civilian population, most now holed out in the dense, tight refugee camp buildings and urban centres of Gaza are facing the wrath of some of the most powerful aerial warfare available to humankind. As I write the constant bombardments consume your senses and shake the entirety of your surroundings. For the over 300 people injured or killed so far by the Israeli F16s, drones and Gunboat shellings the loss for them and their families will never relent.

I can barely write a sentence and more news, « six injuries from a bombing in Sheikh Radwan, children among them, including a 4-year old child who was playing in the street. », « Elderly man just killed in Zaytoun neighbourhood, with 4 injuries ». Friends have received text messages from the Israeli Occupation Forces saying in Arabic, « Stay away from Hamas the second phase is coming. »

Twelve year old Abdullah Samouni, who I teach English to in Zeitoun camp called me a little while ago. « We’re really scared », he said. We moved to get away to Zeitoun and went to our grandmother’s house. Take care of yourself, there are so many bombs. » Abdullah lost his father and four year old brother shot by Israeli soldiers entering their house in the land offensive of Israel’s Cast Lead attacks on Gaza over the new year of 2009. In three days, he was injured and lost 29 members of his extended family. His mother Zeinat has moved her seven remaining children to a town further north, but bombs are raining down all over the Gaza Strip.

« We moved everyone out but bombing is so bad here. All of the kids are screaming. Whenever an attack happens they come and hold me. The children remembered what happened before, they think only the worst. » said Zeinat who like so many has had to put aside her own fears and tragedy to show strength for her children.

Seeing Western media continue to distort the picture of what is happening here, just as they did during the massacres that took place during Israel’s Cast Lead attacks, and any other offensive described as « retaliation » made my call with Abdullah all the more angry. This year from January 1st until November 6th this year 71 Palestinians were killed and 291 injured in Gaza, while no Israelis were killed and 19 were injured according to the United Nations. How many Western media outlets offer proportionate time to Palestinian victims as to Israeli victims?

Just as the Israeli forces initiated the pretence for the Cast Lead attacks, this time the Israeli army’s initial attack took place on Thursday 8th November with an Israeli incursion into Gaza, in Abassan village. They opened fire indiscriminately and leveled areas of Palestinian land. The shooting from Israeli military vehicles seriously wounded 13-year-old Ahmed Younis Khader Abu Daqqa while he was playing football with friends, and he died the next day of his injuries.

On the 10th November, Palestinian resistance fighters attacked an Israeli army jeep patrolling the border with Gaza, injuring 4 Israeli occupation soldiers.

Israeli forces then targeted civilian areas, killing two more teenagers playing football, then bombed the gathering that was mourning their deaths, killing two more. Five civilians were killed and two resistance fighters, including three children. Fifty-two others, including six women and twelve children were wounded. For Gaza to be under such attack, could anyone doubt that resistance forces would fire back? Once Israeli forces had carried out further bombardments, one of which was the extra-judicial killing of the Hamas military commander Ahmed Jabari, the circle was complete.

Since then during the last three days 29 Palestinians have been killed and three Israelis. The majority of Palestinian victims were civilians of which six were children. More than 270 have been injured of whom 134 are children and women. The vast majority are civilians. The number is rapidly rising.

Even this comparison is detached from the context that Gaza is under Israeli military occupation, illegal according to United Nations Resolutions and a five-year blockade, deemed collective punishment by all major human rights organisations, violating article 33 of the Geneva Conventions. The right to resist enforced military occupation by a foreign force is also enshrined in international law, a right that should be self-evident.

Which explained the jubilance from Palestinians in Gaza when rumours spread that one of the rockets which usually hit open land, this time brought down an Israeli F16 fighter jet, the likes of which had carried out over 600 airstrikes all over the Gaza Strip these last three days.

Indeed, our visits to hospitals didn’t take long to convince us that these Israeli aerial attacks and shelling from gunships have hit many civilian areas.

At the main Al-Shifa hospital, Gaza City, every ten minutes more people arrived in ambulances; an elderly man, a young man, a child, two more children. Once leaving the injured, the stretcher gets a new towel and is sprinted back out for the courageous paramedics of the Palestinian Red Crescent to go back out into the danger zones, to find the latest victims of attacks.

There weren’t many beds free in the intensive care unit where some had brain injuries from embedded shrapnel. While we were there, rushing in came a tiny child, ten month old girl, Haneen Tafesh. She had very little colour or life in her and was rolled on to the hospital bed. She had suffered a brain haemorrhage and a fractured skull. Later that evening we learned that she hadn’t survived.

Talking to the Director General of Al-Shifa, Dr Mithad Abbas he asked, « We know Israel has the most precision and advanced weaponry. So why are all these children coming in? » He stated that if casualties increased there would be a severe lack basic medicines and supplies, such as antibiotics, IV fluid, anaesthesia, gloves, catheters, external fixators, Heparin, sutures, detergents and spare parts for medical equipment. What’s more electricity blackouts would hit hard, without enough finance for suitable fuel for generators.

Once again as I write five huge blasts from nearby shake our building and our senses. The bombings have progressively escalated, especially once night falls. Jabaliya refugee camp, Shejaiya, Rafah and Meghazi I learned had been under a continuous barrage. One blast came down during an interview with a Canadian radio station which helped the audience to understand more than I could.

A 13 year old girl, Duaa Hejazi was hit in Sabra neighbourhood as she walked back home with family. Shrapnel was embedded all over her upper body. « I say, we are children. There is nothing that is our fault to have to face this. » She told us. « They are occupying us and I will say, as Abu Omar said, « If you’re a mountain, the wind won’t shake you ». We’re not afraid, we’ll stay strong. »

And so the night goes on. The near future of Gaza is uncertain. The fates of everyone here is uncertain. Which people now preparing to go to their beds, will have their lives turned upside down by the loss of a loved one these next few days. I know some of the warmest people here that I feel strongly attached to, that you would instantly care for if you met them. The complete madness of this violence makes me wonder what we have done to ourselves, how do we allow humanity to manifest itself in this way.

Outside you can make a difference. I’m asking you, because the Israeli army will not empathise with the people they are looking down on through their cockpit windows. Nor will their politicians. But you can empathise and you can act. The normal ways but multiplied by ten. Small and big efforts to create massive international mobilisation are the only way to reduce the extent of the horror and loss facing the Palestinians of Gaza.

The Israeli cabinet has approved the call-up of 75,000 reservists compared to the 10,000 reservists called up for the massacres during Israel’s air and land offensive in Cast Lead. There is not much time.

17/11/2012
Adie Mormech – Gaza City
Palestine Chronicle

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Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.