Palestine en Question

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L'indignation se vend bien

L’émotion est un raté de l’action.
Henri Bergson

Décembre 2010

Impossible d’échapper au matraquage publicitaire en faveur du livre de Stéphane Hessel. Tous les médias dominants, presse, radio et télévision, reprennent en chœur le même slogan Indignez-vous ! La FNAC l’expose en tête de gondole. Le réseau des bibliothèques de la ville de Paris distribue opportunément une bibliographie de « 10 titres sur l’indignation ».

Cette injonction paradoxale sonne bizarrement car elle fait partie du registre de l’émotion et non de la révolte. L’émotion se vend bien alors que la révolte est assimilée au terrorisme par ceux-là mêmes qui profite de l’indignation.

Le livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous ! [Indigène, 2010], est une petite brochure qui contient un texte de 14 pages, 2 pages de note et 4 pages de présentation.

L’auteur revient longuement sur le programme du Conseil national de la Résistance, rédigé en mars 1944 dans un contexte d’Union nationale entre la gauche (essentiellement le PCF et la CGT) et la droite (essentiellement les gaullistes). Piètre programme pour l’avenir !

Janvier 2011

Il semble que certains, particulièrement le CRIF et les intellectuels qui soutiennent l’occupation de la Palestine par l’armée israélienne, aient lu avec retard les 2 pages intitulées « Mon indignation à propos de a Palestine » (p.17 et 18). Et ils s’indignent du fait que Stéphane Hessel encourage à lire le rapport Goldstone qui dénonce les crimes de guerre perpétués par l’armée et le gouvernement israéliens.

En quelques jours, Stéphane Hessel est devenu infréquentable et interdit de prendre la parole à l’ENS. Le CRIF et ses compères réussiront peut-être à interdire cette brochure comme le gouvernement israélien réussit à traquer systématiquement les militants israéliens qui, par exemple, se réunissent très pacifiquement au pied du mur de l’Apartheid pour manifester leur opposition à l’occupation.

17/01/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Note du 28/01/2011 Monique Canto-Sperber, directrice de l’Ecole normale supérieure, conclut son article « Pourquoi j’ai annulé un meeting propalestinien » publié par Le Monde : « J’ajoute, puisque cette tribune m’en donne l’occasion, que l’Ecole normale supérieure entretient des liens précieux d’un point de vue scientifique avec des universitaires et des équipes de recherche israéliennes. Aucune réunion publique appelant à les rompre n’aura lieu avec mon accord à l’ENS. » Dont acte.

Revue de presse Indignez-vous ! :
• Indignez-vous contre Stéphane Hessel !, AgoraVox.
• « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel, plus de 500 000 exemplaires vendus, France24.
• Stéphane Hessel : « indignez-vous ! », LDH-Toulon.
• Les 5 préceptes d’Indignez-vous de Stéphane Hessel, L’Express.
• Qui est Stéphane Hessel ?, L’Express.
• Stéphane Hessel cristallise les passions, Le Point.
• Stéphane Hessel, Libération.
• « Indignez-vous! » : l’appel de Stéphane Hessel à lutter en réseau, Rue89.
• Résistons à l’indifférence avec Stéphane Hessel !, Télérama.
• Radios, France Culture.
• Vidéos, Google.

Revue de presse Annulation du débat à l’ENS :
• Normale Sup annule un colloque d’Hessel décrié par des associations juives, AFP, 17/01/2011.
• L’ENS annule un débat avec Stéphane Hessel sur le Proche-Orient, Le Monde, 17/01/2011.
• Stéphane Hessel et les libertés publiques / l’ironie de Voltaire, MediaPart, 17/01/2011.
• Un débat avec Hessel annulé : inquiétante censure à Normale sup, Rue89, 17/01/2011.

Lire aussi :
• Stéphane Hessel, Monde en Question.
• Stéphane Hessel, Wikipédia.

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Palestiniens de Gaza massacrés et abandonnés

Les civils de Gaza dans l’incapacité de reconstruire un an après « Plomb durci » et « trahis » par la communauté internationale, Oxfam

La communauté internationale a trahi la population de Gaza en ne parvenant pas à traduire ses paroles en actes pour mettre un terme au blocus de Gaza qui empêche la reconstruction, déclare un groupe de 16 ONG humanitaires, de développement et de défense des droits dans un nouveau rapport publié aujourd’hui (22 décembre 2009) à la veille de l’anniversaire du début de l’opération militaire israélienne « Plomb durci ».

Les autorités israéliennes n’ont autorisé que l’entrée de 41 camions de matériaux de construction dans Gaza depuis la fin de l’offensive à la mi-janvier 2009, relèvent les ONG, alors qu’il en faudrait des milliers pour réparer les dommages causés aux maisons, aux infrastructures civiles, aux services publics, aux fermes et aux entreprises.
Le rapport souligne qu’il est interdit à la population civile, ainsi qu’aux Nations Unies et aux ONG, d’importer des matériaux comme le ciment ou le verre, mis à part dans un très petit nombre de cas [Télécharger].

Gaza, un an après l’offensive israélienne…, LDH-Toulon

Dans un entretien publié par L’Humanité, Stéphane Hessel met en cause la France et l’Union européenne qui ont «laissé faire Israël».

Israël veut construire une barrière à la frontière égyptienne, Le Grand Journal du Mexique selon NouvelObs selon AFP…

Le gouvernement israélien a approuvé la construction d’une barrière destinée à combattre l’immigration clandestine à sa frontière avec l’Egypte, a indiqué, dimanche 10 janvier, un responsable gouvernemental. Selon ce responsable, qui a requis l’anonymat, trois barrières seront construites le long des 250 km de frontières au coeur du désert qui bloqueraient les principales voies d’entrée des clandestins. Le projet, présenté par l’armée, devrait coûter entre 1 et 1,5 milliard de dollars, a-t-il précisé à l’AFP.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souligné dimanche que l’Etat hébreu continuerait à accueillir les demandeurs d’asile, en provenance majoritairement du Darfour. “Israël autorisera l’entrée de réfugiés en provenance de zones de conflit mais ne permettra pas que ses frontières soient utilisées pour inonder le pays de travailleurs illégaux”, a déclaré un haut responsable gouvernemental, citant M. Netanyahu.

Avant les chars, les mots !

Avant le massacre de Gaza, la population israélienne a été gavée de propagande. L’opinion française, à un moindre degré, aussi.

L’offensive contre Gaza a recueilli le soutien de 95% des Juifs israéliens, selon un sondage paru le 1er janvier dans le quotidien Maariv. Un autre sondage, paru la veille dans Haaretz, faisait état de 71% d’approbation, mais en tenant compte de 20% d’Arabes israéliens hostiles à l’opération. Sans ce soutien massif, le massacre des Palestiniens de Gaza aurait sans doute été politiquement difficile. Car c’est au nom du «droit à l’autodéfense» que la presse israélienne, quasi unanime, approuve l’offensive…

Dans le récit officiel, il s’agit de faire cesser les tirs de roquettes sur les villes israéliennes de Sdérot et d’Ashkelon. Cette thèse, qui ne tient même pas chronologiquement, traverse tout l’échiquier politique israélien. Ainsi, l’écrivain David Grossman, homme «de gauche», en appelait le 30 décembre dans Haaretz, à «une trêve de 48 heures», mais en légitimant l’argumentaire du «droit à l’autodéfense» :

«Nous ne devrions en aucune façon frapper (les Palestiniens) aussi violemment même si le Hamas, depuis des années, a rendu misérable à l’extrême la vie des gens du sud d’Israël» [1].

Le propos est en fait lourd de menace : si au bout de 48 heures, le Hamas n’a pas rendu les armes, alors le «pacifiste» David Grossman ne répond plus de rien. Le même double langage se retrouve dans le parti de gauche Meretz qui, après avoir appelé à une offensive contre Gaza pour faire stopper les tirs de roquettes, a ensuite appelé à un cessez-le-feu.

La propagande israélienne n’est pas sans effets sur la presse française. Laissons ici Le Figaro qui adhère totalement au vocabulaire américano-israélien définissant le Hamas comme «organisation terroriste», et qui prédit le «retour» des «Kamikazes» pour justifier par avance le massacre de Gaza. Et attardons nous sur un article de Libération, qui trahit bien tout l’embarras de la presse française. Sous le titre «Qui a commencé ?», on a pu lire ceci :

«Le Hamas a pris la décision, le 18 décembre, de ne pas renouveler la tahdiyeh (période de calme) de six mois conclue avec Israël. Cette rupture a rapidement été suivie par le tir de dizaines de roquettes et d’obus de mortiers, provoquant l’attaque israélienne de samedi».

Jusque-là les choses sont claires. Mais malheur au lecteur qui n’aura pas été plus avant dans sa lecture, car voici la suite :

«En fait, cette trêve, plutôt bien suivie pendant quatre mois et demi, n’était plus vraiment respectée depuis le raid israélien du 4 novembre qui avait tué six membres du Hamas. Cet acte de violence avait entraîné une réaction en chaîne : riposte à coups de roquettes du mouvement islamiste et renforcement du blocus israélien (…), qui a encore aggravé la situation humanitaire déjà très critique dans l’enclave palestinienne».

Le même article nous apprend ensuite, citant Haaretz, que le raid du 4 novembre a servi à préparer l’actuelle offensive militaire dont les préparatifs avaient commencé six mois plus tôt. Autrement dit, l’opération actuelle n’a rien à voir avec la rupture d’une trêve qui, de surcroît, est le fait d’Israël, ni avec les roquettes qui deviennent un prétexte. Mais qu’importe ! Ce qui reste, c’est «l’agression du Hamas».

Ce qui est suggéré, c’est la «légitime défense» israélienne. C’est ce qui reste dans les informations répétées heure après heure sur les radios. Parfois grossièrement, comme ce présentateur du journal de 8 heures sur France Inter, qui affirme tout de go, le 5 janvier :

«Si Israël s’est lancé dans cette vaste opération, c’est, rappelons-le, en réponse aux incessants tirs de roquettes par le Hamas depuis le territoire palestinien».

Ou comme Yvan Levaï qui, au détour de sa revue de presse, samedi matin, également sur France Inter, louait «la patience» d’Israël. A-t-il songé à la «patience» des Palestiniens privés de tout, et réduits au chômage par l’asphyxie économique savamment orchestrée par Israël depuis deux ans ?

L’occultation totale du blocus comme acte de violence est d’ailleurs l’une des constantes de la propagande. Mais revenons sur le mot «patience», tout droit sortis du vocabulaire colonial. Il nous renvoie à l’analyse fort pertinente de Tom Seguev, qui nous donne – également dans Haaretz – les clés de la propagande israélienne. Selon l’historien israélien, les motivations d’Israël sont toujours les mêmes. Il s’agit de «donner une leçon aux Palestiniens». Selon son niveau de culture et de prudence sémantique, on dira «une leçon au Hamas», ou «aux Palestiniens», ou «aux Arabes-qui-ne-comprennent-que-le-langage-de-la-violence», comme on l’entend fréquemment répéter en Israël par l’homme de la rue :

«C’est un leitmotiv qui a accompagné l’entreprise sioniste depuis ses débuts, nous sommes les représentants du progrès et des Lumières (…), tandis que les Arabes sont une foule primitive et violente, des enfants ignorants qu’il faut éduquer…»

Nous sommes là en effet au fond de la propagande coloniale classique. Classique, trop classique.

Denis SIEFFERT
08/01/2009

Post-scriptum
Dans ces circonstances, il faut croire aux journalistes plutôt qu’aux journaux. Michel Bole- Richard qui accomplit dans Le Monde un travail remarquable. Claire Servajean qui, sur France Inter, a donné longuement la parole, le 1er janvier à 13h, à l’admirable Stéphane Hessel qui a pu rétablir quelques vérités essentielles.

Publié par LMSI selon Politis.


[1] Article reproduit dans Libération le 31 décembre 2008.

Tribunal Russell sur la Palestine

La guerre récemment menée par le gouvernement et l’armée israélienne à Gaza, déjà victime d’un blocus, remet en évidence la responsabilité toute particulière des Etats-Unis et de l’Union Européenne dans la perpétuation de l’injustice faite au peuple palestinien, privé de ses droits fondamentaux.
Il y a urgence de mobiliser les opinions publiques pour que les Nations Unies et les Etats membres prennent les mesures indispensables pour mettre fin à l’impunité de l’Etat d’Israël, et pour aboutir à un règlement juste et durable de ce conflit.

A l’appel de Ken Coates, Nurit Peled et Leila Shahid, et sous le parrainage d’une centaine de personnalités internationalement reconnues, il a ainsi été décidé d’organiser un Tribunal Russell sur la Palestine à partir du 4 mars 2009 à Bruxelles.

La Présidence de la Conférence a été confiée à Stéphane Hessel – Ambassadeur de France et Ken Loach, cinéaste britannique.
Parmi les Intervenants :
– Ken Coates – Président de la Fondation Bertrand Russell pour la Paix
– Nurit Peled – Prix Sakharov pour la liberté de pensée
– Leila Shahid – Déléguée Générale de la Palestine auprès de l’Union Européenne, de la Belgique et du Luxembourg
– Pierre Galand – Président du Comité Européen de Coordination des ONG sur la question de Palestine (CECP)

Publié par Mediapart.

La conférence se tiendra le 4 Mars 2009 à 10h30
Centre de Presse International – Salle Polak
Résidence Palace
rue de la Loi 155
1040 Bruxelles – Métro Schuman
Contact Presse Tel / fax : 00 32 (0)2 2310174
Tel portable : 00 32 (0) 479 12 95 32
e-mail : TRP

Non, non et non ! Pas en leur nom, pas en notre nom !

Ehud Barak, Tzipi Livni, Gabi Ashkenazi et Ehud Olmert, n’ayez pas l’impudence de montrer vos gueules à aucune cérémonie commémorative des héros des ghettos, de Lublin, de Vilna, de Kishinev ou de Varsovie. Et vous aussi, dirigeants de « La Paix Maintenant », pour qui la paix signifie une pacification de la résistance palestinienne par tous les moyens, y compris la destruction d’un peuple. A chaque fois que je serais présent, je ferai personnellement tout pour virer chacun d’entre vous de ces commémorations, parce que votre présence même serait un immense sacrilège.

Pas en leurs noms !

Vous n’avez aucun droit de parler au nom de nos martyrs. Vous n’êtes pas les héritiers d’Anne Frank du camp de concentration de Bergen-Belsen mais de Hans Frank, général allemand responsable de l’anéantissement des juifs de Pologne.

Vous n’êtes pas les héritiers du ghetto de Varsovie, parce qu’aujourd’hui le ghetto de Varsovie est exactement en face de vous, cible de vos tanks et de votre artillerie, et son nom est Gaza. Gaza que vous avez décidé d’éliminer de la carte, comme le Général Frank a eu l’intention d’éliminer le ghetto. Mais, à la différence des ghettos de la Pologne et de la Biélorussie, dans lesquels les juifs ont été laissés presque seuls, on n’éliminera pas Gaza parce que les millions des hommes et de femmes des quatre coins de notre monde construisent un bouclier humain puissant portant ces mots : « plus jamais cela ! »

Pas en notre nom !

Ensemble, avec des dizaines de milliers d’autres juifs, du Canada à la Grande-Bretagne, d’Australie à l’Allemagne, nous vous avertissons : n’ayez pas le toupet de parler en nos noms, parce que nous allons vous pourchasser, si nécessaire jusqu’en enfer, l’enfer des criminels de guerre, et enfoncer vos mots jusqu’au fond de votre gorge, jusqu’à ce que vous nous demandiez pardon pour avoir osé nous mêler à vos crimes. Nous, et pas vous, sommes les enfants de Mala Zimetbaum et de Marek Edelman, de Mordechai Anilevicz et de Stéphane Hessel, et nous remettons leur Message à l’Humanité dans les mains des Résistants de Gaza pour qu’ils le conservent, pour nos enfants et pour tous les enfants du monde: « Nous luttons pour notre liberté et la vôtre, pour notre honneur et le vôtre, pour notre dignité humaine, sociale et nationale et pour la vôtre. » (Appel du ghetto au monde, Pessa’h 1943).

Mais pour vous, dirigeants d’Israël, « liberté » est un mot sale. Vous n’avez aucun « honneur » et vous ne comprendrez jamais le sens des mots « dignité humaine ».

Nous ne sommes pas une « autre voix juive, » mais la seule voix juive ayant le droit de parler au nom des martyrs du peuple juif. Votre voix n’est rien autre que les vociférations bestiales millénaires des assassins de nos ancêtres.

Michel Warschawski
18/01/2009
Publié par Alternative Information CenterUJFP.