Palestine en Question

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Archives de Catégorie: Sionisme

American Radical – The Trials of Norman Finkelstein

Le sionisme et l’instrumentalisation de l’Holocauste

Fils de parents survivants des camps nazis, auteur de L’industrie de l’Holocauste – Réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs (La Fabrique, 2001), professeur de sciences politiques et homme de principes jusqu’à l’intransigeance, Norman Finkelstein est en croisade depuis 1982. Son objectif : dénoncer l’utilisation de l’Holocauste par Israël pour justifier les crimes commis en Palestine.

Suivant Finkelstein à travers le monde, American Radical trace le portrait de cet homme vénéré par les uns et haï par les autres, ami de Noam Chomsky et interdit de séjour en Israël. Le portrait d’un penseur libre, d’un provocateur, d’un homme seul qui a sacrifié sa vie à une cause.


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Nous avons une expression en anglais : « La vérité est souvent une pilule amère à faire passer. » Nous sommes supposés examiner sérieusement l’histoire. Mais il suffit que vous mentionnez quelques mots sur des collaborateurs juifs, et les gens deviennent tellement énervés. C’est – je suis désolé de le dire – une forme de chantage émotionnel [53’08 »].

Norman Finkelstein a payé le prix fort pour avoir dit une vérité dérangeante. Il a été chassé de l’Université, interdit de séjour en Israël et l’Organisation de la Défense Juive a lancé contre lui une campagne « Chassez le traître des Juifs ».

Fiche : AlloCiné
Critiques :
ISM
Lectures
Panorama
The New York Times
Site du filmLes Mutins de Pangée

20/04/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
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Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

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Palestine/Israël et désinformation

Réfutation de 7 idées reçues concernant la Palestine et Israël, classées en 4 thèmes :
• Histoire
• Paix et guerre
• Terrorisme et Résistance
• Antisémitisme

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Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.

La mauvaise conscience d'Israël

LEIBOWITZ Yeshayahou, La mauvaise conscience d’Israël – Entretiens avec Joseph Algazy, Le Monde, 1994 [Texte en ligne].

Chapitre 7 Essence et naissance de l’État d’Israël

J.A. — Quelle est, d’après vous, l’essence de l’État d’Israël ?
Y. L. — L’État d’Israël est le cadre constitutif de l’indépendance nationale et politique que le peuple juif avait perdue il y a deux mille ans.
C’est également la définition que je donne du sionisme. Mais j’ajoute aussitôt que la création de l’État d’Israël n’a pas résolu le problème du peuple juif, ni la crise d’identité dont il souffre…

— …Ni le problème de sa sécurité ?
— Jamais le peuple juif n’avait bénéficié, dans le monde, d’autant de sécurité qu’aujourd’hui. Le seul pays au monde dans lequel les Juifs sont en danger, c’est… l’État d’Israël.

— Pourquoi l’État d’Israël n’inclurait-il pas aussi la Cisjordanie, tout Jérusalem ?
— Parce qu’alors il cesserait d’être l’État du peuple juif, pour devenir un État de Juifs et d’Arabes. Avec les Territoires, l’État d’Israël n’est pas l’État du peuple juif : il comprendrait deux millions et demi d’hommes qui ne sont pas juifs (y compris les 800 000 citoyens arabes d’Israël). En soi, je ne trouve évidemment rien de mal à ce que des non-Juifs vivent en Israël.
Ce qui est mauvais, c’est que l’État d’Israël occupe ces territoires contre le gré de ces deux millions et demi de personnes, qu’il prive de droits civiques, de droits politiques.
Si bien que l’État d’Israël aujourd’hui n’est pas l’État du peuple juif, mais l’appareil d’un pouvoir violent sur un autre peuple. Moi, au contraire, je veux que l’État d’Israël soit uniquement l’État du peuple juif. Le « Grand Israël » ne peut pas être l’État du peuple juif. Disant cela, je ne me réfère pas à un quelconque postulat moral : j’établis un fait.

Chapitre 10 Le piège de l’occupation (1967-1993)

« Placer un million et demi d’Arabes sous l’autorité juive, c’est ébranler l’essence humaine et juive de l’État [d’Israël] et détruire la structure sociale que nous avons établie ; c’est couper l’État [d’Israël]du peuple juif dans le monde comme de la continuité de l’histoire et de la tradition juives, c’est anéantir le peuple juif et pervertir l’homme israélien. »
« Eretz Israël hashlema [le « Grand Israël »] n’est qu’un monstre catastrophique. Tout autre expédient – annexion, protectorat ou fédération – ne sera que de sales trucs colonialistes. Dans ce « Grand Israël », il n’y aura ni ouvrier juif ni paysan juif. Les Arabes formeront le peuple travailleur et nous deviendrons le peuple des managers, des inspecteurs, des fonctionnaires et des gendarmes, et en particulier des barbouzes. Dans ce monstre baptisé « Grand Israël », l’organisme le plus important et le plus structurant sera le Shin Beit [les services israéliens de renseignements]. Il y a quelques années, le mot d’ordre le plus répandu en Israël était : « Les meilleurs pour l’aviation ! » Dans l’avenir, on dira : « Les meilleurs pour le Shin Beit ! »»
« Quand je dis « les meilleurs pour le Shin Beit », ce n’est pas de la démagogie. Les autorités auront vraiment besoin pour les services secrets des hommes les meilleurs, les plus qualifiés. Et cela influera inévitablement sur l’atmosphère spirituelle de l’État et de la société. Cela empoisonnera l’éducation, cela nuira à la liberté de pensée et de critique dans la population juive. Pour les Arabes, on installera des camps de concentration, on dressera des potences. Un tel État ne méritera pas d’exister, mieux vaudrait ne pas le laisser naître. »

— Durant l’invasion du Liban, en juin 1982, pour la première fois, je crois, aucune justification d’ordre religieux ne fut avancée. L’establishment israélien s’est fondé sur la conscience de la force, de la supériorité d’Israël.
— Justement. L’invasion du Liban a été [en français] une folie criminelle. Reste à savoir ce qui, de la folie ou du crime, était dominant. L’establishment israélien voulait notamment installer au Liban un protectorat dirigé par un Quisling, comme celui que Hitler avait mis en place en Norvège. Mais l’invasion du Liban a échoué, et Israël occupe toujours une partie du territoire libanais, dite « zone tampon », où il entretient une milice composée de mercenaires, la prétendue « armée du Liban-Sud ».
L’invasion du Liban en 1982, je le répète, c’était [en français] une folie criminelle. N’oubliez pas que l’année précédente avait été une année de calme pour le nord d’Israël. Pas un seul missile Katioucha n’était tombé sur notre territoire. Aucun terroriste ne s’était infiltré. On n’avait pas relevé d’acte de sabotage. Pas un habitant du nord d’Israël n’avait dû se réfugier dans les abris. C’est nous qui avons rompu le calme, et cassé l’accord officieux intervenu entre Israël, l’OLP et les alliés libanais des uns et des autres. C’est nous qui avons envahi le Liban pour liquider l’OLP et installer un « nouvel ordre » au pays du Cèdre.

— Admettons qu’Israël, tout en refusant de se retirer des territoires occupés, accepte d’accorder aux habitants palestiniens des droits politiques et civiques, est-ce que…
— (Haussant le ton.) Non ! Octroyer des droits politiques et civiques aux Palestiniens des territoires occupés, cela voudrait dire que 40 % de la population de l’État d’Israël seraient désormais arabes.

— Vous parliez à l’instant de catastrophe. Qu’entendez-vous par là ? La guerre ?
— D’une part, effectivement, il y a le risque d’une guerre continue avec les Arabes. Mais également, d’autre part, le risque que l’État d’Israël devienne un État fasciste. L’État d’Israël n’est pas encore fasciste, mais il en a pris le chemin. Quand je parle d’un danger fasciste, j’inclus l’installation de camps de concentration pour des Juifs.

— Pour quels Juifs ?
— Des Juifs comme moi, comme vous.

— Vous pensez vraiment qu’en Israël quelqu’un oserait faire une chose pareille ?
— Non seulement ils oseront le faire, mais ils le feront ! Si la situation actuelle empire. Ce sera indispensable pour sauvegarder ce pouvoir. Nous mènerons, je vous l’ai dit, une guerre [en français] à outrance avec l’ensemble du monde arabe, du Maroc à l’ouest jusqu’au Koweït à l’est. Dans cette situation, le reste du monde manifestera sa sympathie aux Arabes. Israël se ruinera du dedans et du dehors. La seule alternative, c’est le partage de la terre entre les deux peuples qui y vivent.

— Permettez-moi d’insister : comment Israël se transformerait-il en un État fasciste ?
— Je vous ai dit que nous en avions pris le chemin.

— Comment ? Vous parlez librement, moi aussi, et d’autres comme nous disent ce qu’ils veulent. Aucun d’entre nous n’a été arrêté.
— Je n’ai pas dit que nous étions un État fasciste, mais que nous en avions pris le chemin.

— Quand et comment se produira le tournant ?
— Nous avons déjà des camps de concentration dans lesquels sont internés plus de dix mille personnes.

— Oui, mais ces prisonniers-là sont des Arabes, des Palestiniens.
— C’est vrai. Mais notre tour viendra.

— Que doit-il se passer pour que nous, des Juifs, nous soyons aussi internés ?
— Pour maintenir sa domination sur les territoires occupés, le pouvoir sera un jour amené à réprimer l’opposition intérieure à cette politique.

— Vous voulez dire l’opposition juive ?
— Oui.

Chapitre 13 Regards sur le siècle

— L’État d’Israël n’admet ni ne nie disposer de la bombe atomique.
— Qu’est-ce que ça veut dire, n’admettre ni ne nier ? C’est
un peu comme — j’en ai déjà parlé, mais c’est essentiel – quand l’État d’Israël est le seul État occidental à autoriser légalement, au cours des interrogatoires de suspects, la pratique de la torture pour arracher des informations ou des aveux. Interdite légalement dans plusieurs pays d’Europe avant même la Révolution française, la torture reste autorisée légalement chez nous ! Israël compte aujourd’hui parmi les États les plus barbares au monde : torturer, c’est un acte de barbarie primitive. Et tout cela sous couvert d’intérêt national !

— La même logique nationale permet de présenter la possession de la bombe atomique comme une sorte de police d’assurance.
— L’arme atomique n’est pas une police d’assurance, mais un instrument de menace. Mais il est clair que ce sont des menaces en l’air : Israël ne pourra pas utiliser l’arme nucléaire. Car, s’il le faisait, il s’anéantirait lui-même.

— Ce que vous dites là, les autorités israéliennes ne le savent-elles pas ?
— N’oubliez pas Voltaire. L’histoire est un ramas de crimes, mais aussi de folies.

— Voulez-vous dire que les dirigeants de l’État d’Israël sont fous ? Criminels ?
— (D’un ton catégorique.)Oui.

— Nous ne parlons pas de tel ou tel dirigeant, mais de tout un pouvoir.
— Je le sais. Et je répète : ce pouvoir est criminel. Absolument. Quand un organisme judiciaire autorise la pratique de la torture durant les interrogatoires, je ne peux que parler de crime. D’un énorme crime.

Chapitre 14 L’imbroglio moyen-oriental

J. A. — Alors que nous nous entretenons, Israël est à nouveau confronté au terrorisme. A Jérusalem, à Tel Aviv et ailleurs, des Palestiniens ont poignardé des passants. Et ce, malgré le processus de négociations israélo-arabes et israélo-palestiniennes.
Y. L. – Cela ne m’étonne pas. A partir du moment où nous dominons les Palestiniens par la violence, ils réagissent. C’est tout. Quant aux négociations, depuis un an, elles n’ont pas progressé d’un pouce ; en fait, elles sont en panne. Tant que l’occupation se perpétuera, nous serons confrontés à des actes de violence en tout genre, et notamment à des actes terroristes. Il en fut de même en Algérie jusqu’à l’indépendance. Ce matin [le 24 novembre 1992 – J.A.], la presse rapporte que nous avons tué un garçon de douze ans dans les territoires occupés : les deux phénomènes, les passants poignardés à Tel Aviv et les gosses tués par des balles à Ramallah sont inséparables et [en français]inévitables.

— Revenons à la guerre du Golfe. On dit qu’elle a empêché Saddam Hussein d’accéder aux armes de destruction massive, ou au moins retardé cet accès.
— J’ignore – et vous aussi – si Saddam Hussein possédait de telles armes…

— …Plusieurs délégations d’enquête de l’ONU ont conclu que l’Irak n’était pas loin d’accéder à ces armes.
— L’Irak dispose des mêmes armes que les autres. Mais l’unique pays qui, au Moyen-Orient, menace aujourd’hui d’utiliser l’arme atomique, c’est Israël.

Le professeur Yechayahou Leibovitz est décédé le 18 août 1994.

Lire aussi :
Chronique Colonisation de la Palestine 2010, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.

Apologie du terrorisme

À l’heure où certains découvrent la réalité de l’État d’Israël, il est utile de rappeler que le terrorisme fut revendiqué et pratiqué bien avant 1948. Voici des extraits d’un texte de l’Irgoun de juillet 1943 :


Frontières sionistes d’Eretz Israel

Il est généralement admis que le terrorisme est illégal mais, en fin de compte, qu’est-ce que la légalité ? Pouvons-nous douter qu’un grand nombre de lois – surtout les lois politiques – ne sont qu’une forme déguisée de terrorisme, c’est-à-dire de contrainte ? Si nous disposons de la force (la force : cela signifie la politique et l’armée), nous pouvons promulguer des lois nous convenant et tous ceux qui les enfreignent sont des révolutionnaires, des terroristes ou des anarchistes. […] Sors et va vérifier, et tu découvriras facilement que la loi est fondée sur la « terreur », c’est-à-dire appliquée par la contrainte.

Ni l’éthique d’Israël, ni la tradition d’Israël ne peuvent rejeter cette forme de combat. […]
Si la question posée est la suivante : Est-il possible d’engendrer la révolution ou de mener la libération par le terrorisme ? La réponse est Non ! Si la question est : est-il possible de progresser vers la révolution et la libération pas de telles actions [terroristes] ? La réponse est Oui !

Nous sommes loin d’avoir des hésitations morales sur le terrain de la guerre nationale […]. Avant tout, pour nous, le terrorisme fait partie de la guerre politique dans les conditions actuelles, et son rôle est très important. Il fait entendre clairement notre guerre contre l’occupant dans le monde entier et chez nos malheureux frères à l’extérieur de ce pays.

ENDERLIN Charles, Par le feu et par le sang, le combat clandestin pour l’indépendance d’Israël 1936-1948, Albin Michel, 2008 p.126 à 128 [Monde en Question].

Lire aussi :
Chronique Colonisation de la Palestine 2010 Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.

Brèves du 20/04/2010 Palestine

Palestine/Israël

• 18/04/2010, STAMBUL Pierre, Pas de paix sans justice en Palestine, revenir aux droits fondamentaux, UJFPInfo-Palestine.

Il y a plus de 60 ans, 800000 Palestiniens ont été expulsés de leur propre pays au terme d’un « nettoyage ethnique » délibéré et organisé par les dirigeants et l’armée du nouvel État israélien.

Cette idéologie [le sionisme] n’est pas seulement une forme particulière de nationalisme et de colonialisme. C’est aussi un messianisme perverti qui a créé une histoire et une identité mythique, qui a fabriqué un « homme nouveau » avec la théorie fumeuse du « peuple en exil qui a fait son retour ». Le sionisme ne s’est pas achevé en 1948 au contraire. Il est plus que jamais à l’œuvre et il ne laissera jamais la moindre place à l’identité palestinienne. Son modèle, ce sont l’Australie ou les États-Unis où les peuples indigènes ont été tellement marginalisés qu’ils ne sont plus en capacité de réclamer leurs droits.

Israël est une démocratie pour les Juifs mais une dictature impitoyable pour les PalestinienNEs. Les institutions créées au début du XXe siècle (le KKL, l’Agence Juive, la Histadrouth…) pour aboutir à une société « ethniquement pure » sont illégitimes.

60% des Juifs du monde entier ne vivent pas en Israël. Ils sont sommés d’être des complices d’un Etat criminel. Faute de quoi ils sont dénoncés comme « Juifs traîtres ayant la haine de soi ». Le sionisme n’est pas seulement criminel pour la Palestine. Il est une impasse suicidaire pour les Israéliens et pour les Juifs. Personne ne peut penser que cette politique de massacres périodiques et de négationnisme vis-à-vis de la Palestine pourra se prolonger indéfiniment et impunément.

Une partie du mouvement de solidarité avec la Palestine se trompe, je n’ai pas peur des mots. Elle atténue terriblement la critique sur la nature de l’Etat d’Israël en oubliant qu’au départ la Nakba est totalement illégitime. Elle a tendance à reprendre la diabolisation du Hamas ou du Hezbollah. Elle a peur d’utiliser les mots « colonialisme », « apartheid » pour caractériser l’occupation et les discriminations. Comme si ce que l’Etat d’Israël inflige à la Palestine n’était pas aussi grave que ce que l’ancienne Afrique du Sud a fait. Elle s’abrite derrière la légalité internationale pour ne plus exiger l’égalité des droits.

• 18/04/2010, L’occupant israélien prive d’eau les villages palestiniens de la vallée du Jourdain, Ma’an NewsInfo-Palestine.

Les forces israéliennes d’occupation ont envahi le village de Khirbet Al-Farsieyah au nord de la vallée du Jourdain, et saisi quatre pompes à eau utilisées pour l’irrigation et l’approvisionnement en eau potable de la petite communauté agricole, selon des témoins.
Commentaires : Cet article montre, à partir d’un exemple de la vie quotidienne, la barbarie de l’occupation israélienne.

• 18/04/2010, GRESH Alain, Elie Wiesel l’imposteur et Jérusalem,, Les blogs du Diplo.

• Journal vidéo, Sleepless in Gaza…and Jerusalem, YouTube.

Chronique de la Colonisation de la Palestine 2010 Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.

Brèves du 13/04/2010

Palestine/Israël

NON à la « Promenade David Ben Gourion » à Paris !, Monde en Question.

• 13/04/2010, Editorial : We’re not nearing a Holocaust, Ha’aretz.

Ce n’est pas la première fois Netanyahou assimile la menace iranienne avec l’Holocauste des Juifs en Europe. La comparaison est erronée et préjudiciable. Indépendant et souverain l’État d’Israël n’est pas faible comme les communautés juives en Pologne, en Hongrie ou en Allemagne, qui ne pouvaient pas se défendre contre les nazis meurtriers et leurs collaborateurs. Israël peut se protéger contre ceux qui menacent son existence et de sa sécurité, comme il l’a fait dans le passé alors que la communauté internationale avait minimisé la gravité d’une menace.
Si Netanyahou voulait encourager les dirigeants du monde à agir contre l’Iran, il aurait pris part au Sommet de Washington sur le nucléaire cette semaine et aurait ses avertissements poignants directement à ses homologues. Mais Netanyahou était préoccupé par la critique de la capacité nucléaire de l’Israël, alors il a choisi de rester à la maison et de parler au mémorial plus sûr de Yad Vashem. Il a ainsi raté une chance de participer à l’effort international, ce qui souligne seulement l’isolement croissant d’Israël.

• 12/04/2010, Dépêches d’agences, Info-Palestine.

• 08/04/2010, Rapport sur les violations israéliennes des droits humains du 01/04/2010 au 07/04/2010, Info-Palestine.

• Journal vidéo, Sleepless in Gaza…and Jerusalem [26 minutes par jour], YouTube.

Chronique de la Colonisation de la Palestine 2010 Monde en Question.

Économie Monde

• Avril 2010, RAMONET Ignacio, La question sociale en Europe, Mémoire des luttes.

Au sein de l’Europe des Vingt-sept, quelque 85 millions de pauvres… Un Européen sur six vit dans le besoin. Et la situation continue de se dégrader à mesure que s’élargit l’onde expansive de l’explosion de la crise. La question sociale vient se replacer au coeur du débat. La colère populaire se manifeste contre les Plans d’austérité en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Irlande, en Islande, etc. Des grèves et des protestations violentes se multiplient. De nombreux citoyens expriment également leur refus de l’offre politique (l’abstention et le vote blanc atteignent des niveaux record) ou une adhésion à l’égard de divers fanatismes (l’extrême droite et la xénophobie progressent). Parce que la pauvreté et le désespoir social mettent aussi en crise le système démocratique. Faut-il s’attendre à un explosif printemps du mécontentement européen ?

• Avril 2010, Lettre n°73, Politiques Sociales.

Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

Culture

• 12/04/2010, Bac philo 1/5 : La politique doit-elle faire le bonheur des citoyens ?, Les nouveaux chemins de la connaissance.

Analyse du discours de Netanyahou à l’AIPAC

Le discours de Benyamin Netanyahou du 22 mars 2010 à l’AIPAC aux États-Unis n’a pas été analysé par les médias dominants. C’est en effet un discours gênant pour plusieurs raisons : les circonstances, le lieu et le contenu. Prolongeant le discours du 14 juin 2009 à l’Université Bar-Ilan de Tel Aviv [1], il l’aggrave en défiant le droit international pour imposer le fait accompli de la colonisation de la Palestine non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie et principalement à Jérusalem-Est.

Les circonstances

Après la guerre contre Gaza, menée par le gouvernement de Ehud Olmert du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, Ehud Olmert a démissionné et a donc provoqué des élections anticipées.

La nouvelle assemblée, issue du scrutin du 10 février 2009, est la plus à droite de l’histoire de l’État d’Israël : Likoud (parti sioniste de la droite nationaliste représenté par Benyamin Netanyahou) remporta 27 sièges, Israel Beytenou (parti d’extrême droite fondé et représenté par Avigdor Liberman) 15 sièges, Shass (parti religieux ultra-orthodoxe représenté par Eli Yishaï) 11 sièges, Yahadut Hatorah (parti religieux orthodoxe) 5 sièges, Ihoud Leoumi (parti nationaliste d’extrême droite) 4 sièges, HaBait HaYehoudi (parti dans la mouvance du sionisme religieux) 3 sièges [2].

Le gouvernement de Benyamin Netanyahou, investi par la Knesset le 31 mars 2009, comporte les principaux représentants de la droite et l’extrême droite israélienne auxquels s’est rallié par opportunisme Ehud Barak, dernier représentant du Parti travailliste qui depuis 1977 disparaît petit à petit de la vie politique.
Ce gouvernement pléthorique, qui compte le plus grand nombre de ministres de l’histoire de l’État d’Israël, est dirigé par un cabinet restreint (7 membres) composé, dans l’ordre protocolaire, du Premier ministre Benyamin Netanyahou, du ministre des Affaires stratégiques Moshé Yaalon, du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, du ministre de la Défense Ehoud Barak, du ministre de l’Intérieur Eli Yishaï, du ministre des Renseignements Dan Meridor et du ministre sans portefeuille Benny Begin. En faisant cela, Benyamin Netanyahou parvient à prendre des décisions avant que celles-ci ne soient débattues par le cabinet de sécurité (12 membres) ou le gouvernement (30 membres) avant d’être enregistrées par le Knesset.

Le gouvernement de Benyamin Netanyahou s’est donné pour tâche de lancer une offensive contre le droit international visant à occulter le Rapport Goldstone et à faire accepter le fait accompli de la colonisation de la Palestine. Cela a été analysé par l’avocat Gilles Devers et surtout par l’israélien Jeff Halper (directeur du Comité israélien contre les démolitions de maisons). Il s’agit d’une attaque frontale du principe de Juridiction universelle. L’état d’Israël s’attribue une compétence universelle en matière de crimes contre les Juifs, mais veut interdire la réciproque concernant ses crimes contre les Palestiniens [3].

Ainsi, Le gouvernement de Benyamin Netanyahou, pariant sur une défaite de Barack Obama pour instituer le projet de loi instituant un système d’assurance public en mars et aux élections de mi-mandat en novembre, a délibérément provoqué l’administration américaine. L’annonce fracassante de la construction d’une tranche 1600 logements à Jérusalem-Est sur les 50000 prévus (Ha’aretz) visait à imposer le fait accompli de la colonisation de la Palestine au monde entier et principalement à l’allié indéfectible de l’État d’Israël, qui ne pourrait la poursuivre sans l’aide économique et militaire des États-Unis.

Le lieu

Le lobbying de l’État d’Israël via l’AIPAC pour influencer la politique américaine en faveur du politicide de la colonisation est connu. C’est un sujet tabou en France, mais ni aux États-Unis ni en Israël. Or, comme je l’écrivais le 22 mars dernier, on fantasme aussi la puissance de l’AIPAC car les temps changent… Il suffit de lire Ha’aretz pour se rendre compte que le pari du gouvernement de Benyamin Netanyahou se révèle être une fuite en avant périlleuse… pour l’avenir de l’État d’Israël.

Les temps changent, mais Benyamin Netanyahou poursuit aveuglément la politique sioniste de ses prédécesseurs depuis… 62 ans. C’est l’analyse des opposants israéliens à la colonisation Akiva ELDAR, Gideon LEVY ou Uri AVNERY. Les Israéliens vivront en sécurité le jour où leurs dirigeants accepteront de respecter les droits des Palestiniens. Point barre.

Le contenu

Le discours de Benyamin Netanyahou est un condensé de l’idéologie sioniste, qui se fonde sur une construction mythique et mystique de l’histoire d’Israël pour justifier la colonisation de la Palestine et du Golan syrien [4].

Dès l’introduction Netanyahou affirme :

Vous voyez, pour la première fois en deux mille ans, un peuple juif souverain a pu se défendre contre une agression.

On ne sait pas à quelle agression, passée ou présente et réelle ou fictive, il fait allusion. Peu importe. Il abuse de l’histoire réelle du génocide pour raconter l’histoire mythique d’un peuple dispersé et persécuté. La rhétorique de l’Holocauste lui permet de justifier les crimes de guerre commis contre le peuple palestinien car toute critique cautionnerait l’antisémitisme [5].

Cette pose victimaire lui permet de faire le lien avec la menace supposée, voire paranoïaque, de l’utilisation d’armes nucléaires que l’Iran ne possèdent pas mais que Israël possède bel et bien.

Aujourd’hui, une menace sans précédent pour l’humanité est imminente. Un régime iranien radical équipé d’armes nucléaires pourrait mettre un terme à l’ère de la paix nucléaire dont le monde a bénéficié pendant ces 65 dernières années. Un tel régime pourrait fournir des armes nucléaires à des terroristes. Il pourrait même être tenté de les utiliser, et notre monde ne serait plus jamais le même.

Pour les dirigeants israéliens, il est logique que «une menace pour Israël» soit «une menace pour le monde entier». Et qu’en est-il des menaces quotidiennes contre le peuple palestinien ? Silence. Qui ose encore poser la question ? Le chantage à l’antisémitisme fonctionne parfaitement.

C’est ainsi qu’il faut interpréter le passage qui a été repris de manière tronquée par les sites pro-sionistes :

Nous devons être jugés sur une seule et unique mesure, et les allégations à l’encontre de l’Etat d’Israël doivent être fondées sur des faits. Une des allégations qui n’est pas fondée sur des faits, c’est la tentative de décrire les Juifs comme des étrangers colonialistes dans leur propre patrie. C’est l’un des grands mensonges des temps modernes.

La manœuvres est habile, mais montre aussi que les campagnes contre l’occupation et contre l’apartheid, notamment la campagne BDS (Boycott – Désinvestissement – Sanctions) troublent les dirigeants israéliens qui tentent de dénier la réalité de la colonisation.
Les sites pro-sionistes n’ont repris qu’une partie de l’argument pour gommer l’aveu du déni de réalité : «la tentative de décrire les Juifs comme des étrangers colonialistes dans leur propre patrie» «est l’un des grands mensonges des temps modernes».

Benyamin Netanyahou a d’ailleurs poursuit en racontant l’histoire mythique de sa famille qui, excusez du peu, serait symbolique du «lien entre le peuple juif et la Terre d’Israël [Eretz Israël]» depuis 4000 ans pour justifier une fois de plus la colonisation.

Le peuple Juif construisait Jérusalem il y a 3 000 ans, et le peuple juif construit Jérusalem aujourd’hui. Jérusalem n’est pas une colonie. C’est notre capitale.
À Jérusalem, mon gouvernement a maintenu les politiques appliquées par chaque gouvernement israélien depuis 1967, y compris ceux qu’ont dirigés Golda Meïr, Menahem Begin et Yitzhak Rabin.

Naturellement, Benyamin Netanyahou ne parle pas du droit international mais du droit biblique !

Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé que Jérusalem-Est, conquise par Israël en 1967 puis annexée, demeure un territoire palestinien occupé au même titre que la Cisjordanie.
AP-Yahoo! Actualités du 20/03/2010

Comme le rappelait Gideon LEVY, le gouvernement israélien est spécialiste des «écrans de fumée, faux-fuyants et dérobades». Après avoir affirmé que «Jérusalem n’est pas une colonie», Benyamin Netanyahou cherche à nous endormir en prétendant que son «gouvernement a toujours montré son engagement à la paix, tant en paroles qu’en actes».
Plus le mensonge est gros… plus Netanyahou croit qu’il passera. Il prétend que, après les bombardements de Gaza par Ehud Olmert, il aurait dit aux dirigeants palestiniens «Venez négocier la paix». La suite prouve la conception qu’il se fait de la négociation.

Je vous le demande : qu’a fait l’Autorité palestinienne pour la paix ? Vous pouvez juger par vous-mêmes. Ils ont posé des conditions préalables aux pourparlers de paix, ils ont mené une implacable campagne internationale pour saper la légitimité d’Israël, et pour promouvoir l’odieux rapport Goldstone qui accuse à tort Israël de crimes de guerre. En fait, c’est exactement ce qu’ils font maintenant à l’ONU, à la grotesque Commission des droits de l’homme.

Comme tous les colonisateurs, l’État d’Israël ne reconnaît que le colonisé couché – mort ou vivant. Il n’a rien à offrir aux Palestiniens, mais Benyamin Netanyahou exige que les colonisés acceptent sans broncher l’occupation et assimile donc toute acte de résistance au terrorisme [6]. Ses arguments sécuritaires sont ceux d’un maquignon que n’est pas prêt à payer le prix de l’occupation.

Le plus incroyable est son exigence à contrôler les frontières du Liban et la Syrie :

Nous devons nous assurer que ce qui s’est passé au Liban et à Gaza ne se reproduise pas en Cisjordanie. Permettez-moi de vous expliquer ce qu’est notre problème majeur de sécurité avec le Liban. Ce n’est pas la frontière d’Israël avec le Liban – c’est la frontière imposée entre le Liban et la Syrie par laquelle l’Iran et la Syrie font passer clandestinement des milliers et des milliers de roquettes et de missiles au Hezbollah.

Benyamin Netanyahou qui n’a pas encore compris que les temps ont changé et que la politique d’Israël au Moyen-Orient nuit aux intérêts des États-Unis. Il répète son vieux discours de gendarme des américains :

Pendant des décennies, Israël a servi de rempart contre l’expansionnisme soviétique. Aujourd’hui, il aide l’Amérique à endiguer le flot de l’islam militant.

Mais le vice-président Joe Biden et le général David Petraeus, soutenu par le secrétaire à la Défense Robert Gates, ont dit clairement que la poursuite de la colonisation nuisait aux intérêts américains et que Israël était un fardeau stratégique [7].

Conclusion

Benyamin Netanyahou, qui se présente comme l’héritier de tous les dirigeants sionistes depuis 1948, poursuit imperturbablement la fuite en avant de l’État d’Israël vers la construction du Grand Israël des prophéties bibliques.

Benyamin Netanyahou reste enfermé dans les schémas idéologiques et stratégiques des années 1950 et s’accroche à la colonisation et à l’occupation militaire de la Palestine et du Golan.

Benyamin Netanyahou s’entête à refuser que le droit international s’applique à l’État d’Israël, mais exige qu’il s’applique à l’Iran.

Benyamin Netanyahou, avec la droite et l’extrême droite israélienne dont les religieux ultra-orthodoxes, n’a aucun projet pour son pays sinon le maintenir dans un état de guerre permanente.

05/04/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Address by PM Netanyahu at the AIPAC Policy Conference, AIPACPrime Minister’s OfficeHa’aretz
• Allocution du Premier Ministre Benjamin Netanyahou à la Conférence de l’AIPAC
– Traduction 1 DebriefingUn écho d’Israël
– Traduction 2 CRIFJSS News
– Extraits Ambassade d’Israël en France
Chronique de la Colonisation de la Palestine 2010 Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.


[1] L’Université Bar-Ilan de Tel Aviv, qui prétend établir « des ponts entre études religieuses et laïques », est de fait sous la coupe des religieux. La publicité du site avoue qu’elle « permet aux étudiants de s’engager activement dans un vaste choix de programmes universitaires et identitaires » et « les études de judaïsme sont obligatoires ».
[2] Sources :
• Élections 2009 : les principaux partis politiques israéliens, Un écho d’Israël.
• Élections législatives israéliennes de 2009, Wikipédia.
[3] Lire aussi :
• Droits de l’homme – Les aléas de la juridiction universelle, RFI.
• Crimes de guerre à Gaza et juridiction universelle en Espagne… et en Israël, Info-Palestine.
[4] Lire :
• Netanyahou guerrier du sionisme, Monde en Question.
• SAND Shlomo, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, 2008 [ContreInfoFrance 2Le Monde diplomatiqueLDH-ToulonMonde en Question].
[5] Lire : FINKELSTEIN Norman G., L’industrie de l’Holocauste – Réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs, La Fabrique, 2001.
[6] Lire :
• 14/06/2009, Discours de Benyamin Netanyahou, Monde en Question.
• 15/06/2009, Réactions au discours de Netanyahou, Monde en Question.
• 17/06/2009, Analyse du discours de Netanyahou, Monde en Question.
[7] Lire :
• 20/03/2010, AVNERY Uri, L’arme ultime, Gush ShalomAFPS
Et maintenant, de façon évidente et tout à fait soudaine, la coupe est pleine. Obama, son vice-président et ses principaux collaborateurs condamnent le gouvernement Nétanyahou avec une sévérité croissante. La Secrétaire d’État Hillary Clinton a posé un ultimatum : Nétanyahou doit interrompre toute activité de colonisation, y compris à Jérusalem-Est ; il doit accepter de négocier sur tous les problèmes qui sont au coeur du conflit, y compris Jérusalem-Est et au-delà.
Cette semaine, Petraeus a délivré un message sans équivoque : après avoir passé en revue les problèmes de sa zone de responsabilité – qui comprend, entre autres, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, l’Irak et le Yémen – il a évoqué ce qu’il a appelé “les causes à la racine de l’instabilité” dans la région. En tête de liste venait le conflit israélo-palestinien.
[…] la plupart des Juifs américains sont prêts à tout faire – vraiment tout – pour le gouvernement d’Israël. À une exception près : ils ne feront rien qui puisse porter atteinte à la sécurité des États-Unis. Lorsque le pavillon de la sécurité est hissé, les Juifs, comme tous les Américains, se mettent au garde-à-vous et saluent.
Si Obama décide de riposter et de mettre en oeuvre son arme ultime – l’accusation qu’Israël met en danger les vies des militaires américains – cela aurait des conséquences catastrophiques pour Israël.
• 22/03/2010, Israël renforce Al-Qaida, Monde en Question
Général David Petraeus commandant en chef du CENTCOM : Les tensions israélo-palestiniennes se transforment souvent en violence et en confrontations armées à grande échelle. Le conflit provoque un sentiment anti-américain, à cause de la perception du favoritisme des États-Unis à l’égard d’Israël. La colère arabe sur la question palestinienne limite la puissance et la profondeur de nos relations avec des gouvernements et des peuples dans l’AOR [zone de responsabilité du CENTCOM] et affaiblit la légitimité des régimes modérés dans le monde arabe. Pendant ce temps là Al-Qaida et d’autres groupes militants exploitent la colère pour mobiliser. Le conflit offre également à l’Iran une influence dans le monde arabe via ses clients, le Hezbollah libanais et le Hamas.
• 24/03/2010, HALIMI Serge, Coup de froid entre les États-Unis et Israël, Le Monde diplomatique
Plus fondamentalement, l’analyse régionale des États-Unis ne coïncide pas avec la politique actuelle de la droite et de l’extrême droite israéliennes.
Les nouvelles constructions à Jérusalem ou en Cisjordanie, a répété Mme Clinton dans son discours devant l’Aipac, portent atteinte au climat de confiance nécessaire et à la perspective de négociations auxquelles les deux parties [Israël et Palestine] se proclament attachées. Et ces constructions ont pour conséquence de rendre visible le désaccord entre les Etats-Unis et Israël, que d’autres parties dans la région espèrent exploiter. Cela entame la capacité unique dont disposent les États-Unis, celle de jouer un rôle essentiel dans le processus de paix. Notre crédit dépend en effet dans une certaine mesure de notre capacité à pouvoir saluer les deux parties lorsqu’elles font montre de courage. Et, quand nous ne sommes pas d’accord, à le faire savoir sans hésiter.
Le 16 mars, témoignant devant la commission des affaires armées du Sénat, le général David Petraeus, commandant des forces américaines dans une région qui va de l’Egypte au Pakistan (et qui couvre donc à la fois l’Irak et l’Afghanistan), a eu ce propos qui n’est pas passé inaperçu : La poursuite des hostilités entre Israël et quelques-uns de ses voisins met en cause notre capacité à défendre nos intérêts. […] Le conflit [au Proche-Orient] alimente un sentiment antiaméricain lié à une perception de favoritisme des États-Unis envers Israël. La colère arabe née de la question palestinienne limite la puissance et la profondeur du partenariat américain avec les gouvernements et les peuples de la région, en même temps qu’elle affaiblit la légitimité des régimes arabes modérés. Al-Qaida et les groupes militants tirent parti de cette colère afin de mobiliser de nouveaux appuis. Le conflit au Proche-Orient favorise l’influence de l’Iran dans le monde arabe à travers ses clients le Hezbollah libanais et le Hamas.
• 26/03/2010, ELDAR Akiva, Netanyahu and Obama are at point of no return, Ha’aretz
Pendant que Netanyahou recevait son ovation à la conférence de l’AIPAC, Obama et ses conseillers ont préparé une convention tout à fait différente, celle de la Ligue arabe qui se réunira à Tripoli samedi.
Les messages, venant de Riyad et de Amman à la Maison Blanche, sont très clairs : si vous ne bridez pas vos amis israéliens, Téhéran ne sera pas la seule capitale du Moyen-Orient où brûlera des drapeaux américains.
Robert Gates, secrétaire à la Défense, a résolument soutenu le général David Petraeus, le premier militaire américain à décrire Israël comme un fardeau stratégique.
Netanyahou avait l’espoir de gagner du temps jusqu’aux élections du Congrès en novembre, qui coïncideront avec la date limite fixée pour le gel des colonies. Mais les jeux favoris de Netanyahou (jouer avec la communauté juive et le Congrès contre la Maison Blanche et le département d’État) ne fonctionnent plus. Obama a décidé que sa coalition modérée au Moyen-Orient est plus importante que l’extrémiste de Nétanyahou. C’est un point de non retour.

Discours de Benyamin Netanyahou à l'AIPAC

En attendant d’écrire et de publier l’analyse de ce discours, quand je serai remis… des trois jours de fête à l’occasion de mon anniversaire, voici plusieurs versions du texte en anglais et des traductions en français.

• Address by PM Netanyahu at the AIPAC Policy Conference, AIPACPrime Minister’s OfficeHa’aretz
• Allocution du Premier Ministre Benjamin Netanyahou à la Conférence de l’AIPAC
– Traduction 1 DebriefingUn écho d’Israël
– Traduction 2 CRIFJSS News
– Extraits Ambassade d’Israël en France

02/04/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• 14/06/2009, Discours de Benyamin Netanyahou, Monde en Question.
• 15/06/2009, Réactions au discours de Netanyahou, Monde en Question.
• 17/06/2009, Analyse du discours de Netanyahou, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.

Jaffa, symbole de la colonisation sioniste

Les oranges de Jaffa ont longtemps évoqué les champs ensoleillés de l’Orient et les orangeraies à perte de vue de la Méditerranée. Dans les années 20, elles furent utilisées à des fins de propagande par les institutions sionistes. On sait en revanche moins que l’ancienne ville arabe de Jaffa, devenue un quartier de Tel Aviv, était l’un des grands ports exportateurs d’oranges. A la fin du XIXe siècle, plusieurs vagues d’immigration juive en provenance d’Europe arrivent en Palestine, terre majoritairement arabe. La culture des agrumes va passer successivement de la propriété des Palestiniens à celle des cultivateurs arabes et juifs, pour devenir, dès 1948, un monopole israélien.

L’Israélien Eyal Sivan, réalisateur de l’un des films incontournables sur le Proche-Orient, Route 181, sonde l’histoire extirpée de la mémoire de son pays et donne la parole à de nombreux interlocuteurs, palestiniens et israéliens, historiens, écrivains, chercheurs, ouvriers… Leurs témoignages étonnants s’articulent autour de riches fonds d’archives, de photos, peintures, vidéo… Des premières photos de 1839 aux films de 1948, nous découvrons d’abord que, dans les années 1920, Arabes et Juifs cultivaient ensemble le fameux agrume. Jusqu’à ce que se mette en place le discours de la « terre arabe mal exploitée et peu fertile », et que l’orange, devenue monopole israélien en 1948, devienne le symbole du nouvel État.

Eyal SIVAN, Jaffa, la mécanique de l’orange, 2009.

Le 28/03/2010 à 21H30 sur France 5.
Le 02/04/2010 à 23h50 sur France 5.

Eyal Sivan est un producteur, réalisateur, essayiste et scénariste israélien. Anti-sioniste, il participe à la campagne de Boycott, désinvestissement et sanctions [Global BDS Movement].

Vous me demandez si je suis antisioniste. Je peux répondre que oui. J’ai été élevé dans une famille sioniste de gauche. Je me suis d’abord défini comme a-sioniste. Je suis né en Israël et je ne m’identifie pas par rapport au sionisme. Plus tard, j’ai compris le piège de ce terme d’a-sioniste : ça voudrait dire que ça ne m’intéresse pas. Ce n’est pas vrai. Je suis anti-sioniste parce que je trouve que le sionisme est une idéologie qui croit résoudre les rapports entre les hommes. Je pense que le sionisme est en train d’enterrer l’État d’Israël et tout le Proche-Orient dans une vraie catastrophe.
Momento !

Lire aussi :
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• SANBAR Elias, Palestiniens – La photographie d’une terre et de son peuple de 1839 à nos jours, Hazan, 2004.
Dossier Eyal SIVAN.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Netanyahou guerrier du sionisme

Ce texte, datant de 1996, reste d’actualité.

L’intransigeance de M. Benyamin Nétanyahou a surpris certains. De ce premier ministre mal élu, théoriquement ficelé par la signature de ses prédécesseurs au bas des accords d’Oslo et en principe soumis à la volonté de l’Europe comme des États-Unis de voir avancer les négociations, ils attendaient un minimum de réalisme. Il n’en a rien été. En quatre mois, les décisions du dirigeant du Likoud ont provoqué parmi les Palestiniens une explosion de colère sans précédent depuis l’Intifada. «Chassez le naturel, il revient au galop.» Le proverbe s’applique ici on ne peut mieux. Car, si son entrée en politique remonte à moins de quinze ans, le chef du gouvernement israélien est un pur produit du sérail «révisionniste», mâtiné il est vrai d’ultralibéralisme américain.

On a présenté son père, Ben-Zion, comme un professeur d’histoire juive, spécialiste de l’Inquisition en Espagne. Information exacte, mais incomplète : il fut surtout, dans les années 30, le secrétaire particulier de Vladimir (Zeev) Jabotinsky, le fondateur du courant sioniste le plus réactionnaire, dit révisionniste. Homme de conviction, Ben-Zion Nétanyahou décida même, en 1962, de fuir le «socialisme» israélien en s’exilant, avec sa famille, aux États-Unis où il éleva ses fils dans la fidélité aux idées de Jabotinsky. Un retour en arrière, aux sources de l’extrême droite juive, s’impose donc.

Vladimir Jabotinsky se fait connaître durant la première guerre mondiale en créant la Légion juive, qui contribuera – tardivement – à la «libération» de la Palestine par les troupes du général Allenby en 1918. Intégré en 1921 dans l’Exécutif sioniste, il en dénonce les compromissions avec la puissance mandataire britannique et le quitte pour fonder, en 1923, le Betar [1], puis, en 1925, l’Alliance des sionistes révisionnistes. Entre-temps, par antibolchevisme, il s’est compromis avec les hommes de l’ataman Simon Petlioura, pourtant responsables, dans son Ukraine natale, d’épouvantables pogroms où périssent quelque 40 000 juifs [2]…

En quoi les révisionnistes s’opposent-ils à la majorité des sionistes, au point de quitter, en août 1935, l’Organisation mondiale, au sein de laquelle ils ont rassemblé jusqu’à 21 % des suffrages ? Au socialisme dans lequel le parti Mapaï dissimule son nationalisme, Jabotinsky préfère un modèle occidental à la fois politiquement autoritaire [3] et économiquement libéral, qui plaît à la bourgeoisie et aux classes moyennes affluant alors en Palestine. Pour le reste, les sionistes révisionnistes disent tout haut ce que les sionistes socialistes et libéraux pensent sans doute tout bas, mais estiment nécessaire de dissimuler.

Mieux vaut, considèrent David Ben Gourion comme Haïm Weizmann, s’abriter derrière la présence britannique pour conquérir la Palestine hectare après hectare, plutôt que de prétendre former, sans attendre et par la force, un État. Vladimir Jabotinsky, lui, ne veut pas de ce vague commonwealth national au statut et aux frontières mal définis. «Le but du sionisme, explique-t-il en 1924, est de créer un État juif. Son territoire : les deux rives du Jourdain. Le système : la colonisation de masse. La solution du problème financier : un emprunt national. Ces quatre principes ne peuvent être appliqués sans une approbation internationale. D’où le mot d’ordre de l’heure : une nouvelle campagne politique et la militarisation de la jeunesse juive d’Eretz Israël et de la diaspora [4].»

Un «mur d’acier» contre les Arabes

Voilà le fameux «mur d’acier». Marqué par les premières émeutes antijuives de 1921 et 1922, Vladimir Jabotinsky livre sous ce titre, dans l’hebdomadaire sioniste russe Rasswyet, le 4 novembre 1923, le fond de sa stratégie : «Tous les peuples indigènes – qu’ils soient civilisés ou sauvages – considèrent leur pays comme leur foyer national, dans lequel ils seront toujours les seuls maîtres. Ils n’accepteront pas volontairement non seulement un nouveau maître, mais même un nouveau partenaire. Ainsi les Arabes. (…) La colonisation sioniste, même la plus limitée, doit soit s’arrêter, soit s’accomplir au mépris de la volonté de la population indigène. C’est pourquoi cette colonisation ne peut se poursuivre et se développer que sous la protection d’une force indépendante de la population locale – un mur d’acier que la population indigène ne puisse percer. (…) Le mur d’acier, c’est le renforcement en Palestine d’un gouvernement sur lequel les Arabes n’auraient aucune influence, autrement dit un gouvernement contre lequel les Arabes se battront [5].»

Entre le sionisme révisionniste et les fascismes alors en pleine ascension, il y a plus que des ressemblances : une parenté. D’autant que les militants du mouvement portent volontiers la chemise brune, célèbrent le culte du chef et se comportent en armée disciplinée. Chez eux, la violence est une seconde nature : contre les grévistes ou les meetings juifs de gauche, ils font le coup de poing ; contre les militants nationalistes arabes, ils tirent des coups de fusil. Et lorsque les Palestiniens déclenchent leur grande révolte, en 1936, les révisionnistes, avec leur milice, la Haganah-B, aident les troupes britanniques à la réprimer dans le sang. Même le racisme n’est pas absent de la pensée de Jabotinsky : il affleure notamment dans sa nouvelle, Samson, qui rejette toute «mixité» entre juifs et non-juifs. Tant et si bien que David Ben Gourion surnommera Jabotinsky «Vladimir Hitler» – et les nazis des «révisionnistes allemands» . Le futur premier ministre d’Israël commentera même publiquement un article du Führer en affirmant : «Je pensais lire Jabotinsky – les mêmes mots, le même style, le même esprit [6].»

Idéologique et politique, le rapprochement se matérialise sur le terrain. Si Jabotinsky se défend d’admirer le Duce, Mussolini, lui, ne tarit pas d’éloges à son sujet. «Pour que le sionisme réussisse, il vous faut un État juif, avec un drapeau juif et une langue juive. La personne qui comprend vraiment cela, c’est votre fasciste, Jabotinsky», confiera-t-il en 1935 à David Prato, futur grand rabbin de Rome [7]. Généreux, le maître de l’Italie accepte d’accueillir une école navale du Betar à Civitavecchia, au nord de Rome. Lors de son inauguration, les étudiants révisionnistes entonnent Giovinezza, l’hymne fasciste, et crient : «Vive l’Italie ! Vive le roi ! Vive le duce ! [8]»…

A la mort de Jabotinsky, en 1940, ses héritiers se divisent pour un temps. La seconde guerre mondiale voit les tenants de l’Irgoun respecter la trêve dans le combat contre les Britanniques, qui sont en revanche la cible de nombreuses actions armées du groupe Stern, puis Lehi – ce dernier se déshonorera en proposant une alliance au Troisième Reich [9]… Tous se retrouveront néanmoins pour recourir au terrorisme dans leur «lutte de libération» : de l’attentat de l’Hôtel King David, qui fit 200 morts et blessés le 22 juillet 1946, au massacre du village palestinien de Deir Yassine (9 avril 1945), où tombèrent 250 civils, les pages les plus noires de la naissance de l’État d’Israël et de l’expulsion de 800 000 Palestiniens sont signées par les hommes de Menahem Begin et de M. Itzhak Shamir, dont on sait le rôle qu’ils joueront, trente ans plus tard, à la tête du Likoud et de l’État juif.

M. Benyamin Nétanyahou a de qui tenir.

Novembre 1996
Dominique Vidal
Le Monde diplomatique

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie David BEN GOURION, Monde en Question.
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[1] Acronyme de Brit (alliance) Trumpeldor, du nom d’un officier juif de l’armée tsariste, héros de la guerre russo-japonaise, mort en défendant la colonie juive de Tel Hai, en Haute-Galilée, contre les Bédouins du voisinage. L’hymne du Betar commence par ces mots : «Betar
De la fosse, pourriture et poussière
Naîtra une race
Par le sang et la sueur
Fière, généreuse, dure.
»
[2] Sur ce point, voir l’excellente Histoire de la droite israélienne, de Marius Schattner, coll. «Questions au XXe siècle», Complexe, Bruxelles, 1991.
[3] Les révisionnistes extrémistes, dits birionim (brigands), préconisent même ouvertement la dictature. Dans ses «Chroniques d’un fasciste» (sic), publiées par le journal Doar Hayam, leur chef, Aba Ahimeir, écrit en 1928 : «Je ne suis pas un démocrate et je suis fermement convaincu que la seule forme de gouvernement possible est celle d’une minorité active sur une majorité passive» (Cité par Yaacov Shalit, Jabotinsky and the Revisionist Movement – 1925-1948, Frank Cass, Londres, 1988, p. 365). A peine les nazis arrivés au pouvoir, Ahimeir suggérera à ses amis de prendre «la pulpe antimarxiste» et de rejeter «l’écorce antisémite». «Hitler, assure-t-il, ne nous a pas fait plus de mal que Staline.» (Cité par Marius Schattner, ibid, p. 110.)
[4] Cité par Walter Laqueur, Histoire du sionisme, Calmann-Lévy, Paris, 1973, p. 386.
[5] Cité par Lenni Brenner, The Iron Wall, Zed Books, Londres, 1984, pp. 74 et 75.
[6] Cité par Michel Bar-Zohar, Ben Gourion, Fayard, Paris, 1986, pp. 112 à 115.
[7] Cité par Lenni Brenner, Zionism in the Age of the Dictators, Croom Helm, Londres et Canberra, 1983, p. 117.
[8] Idem, p. 119.
[9] Même M. Itzhak Shamir le reconnaît, tout en rejetant la responsabilité sur Abraham Stern. Ce qui ne l’empêche pas de commenter ainsi ces démarches : «Elles n’étaient pas de mon goût et pourtant, du point de vue moral et national, j’estimais qu’elles n’étaient pas interdites.» (Voir Charles Enderlin, Shamir, Olivier Orban, Paris, 1991, pp. 80 à 82.)