Palestine en Question

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Archives de Tag: Ehud Olmert

Non, non et non ! Pas en leur nom, pas en notre nom !

Ehud Barak, Tzipi Livni, Gabi Ashkenazi et Ehud Olmert, n’ayez pas l’impudence de montrer vos gueules à aucune cérémonie commémorative des héros des ghettos, de Lublin, de Vilna, de Kishinev ou de Varsovie. Et vous aussi, dirigeants de « La Paix Maintenant », pour qui la paix signifie une pacification de la résistance palestinienne par tous les moyens, y compris la destruction d’un peuple. A chaque fois que je serais présent, je ferai personnellement tout pour virer chacun d’entre vous de ces commémorations, parce que votre présence même serait un immense sacrilège.

Pas en leurs noms !

Vous n’avez aucun droit de parler au nom de nos martyrs. Vous n’êtes pas les héritiers d’Anne Frank du camp de concentration de Bergen-Belsen mais de Hans Frank, général allemand responsable de l’anéantissement des juifs de Pologne.

Vous n’êtes pas les héritiers du ghetto de Varsovie, parce qu’aujourd’hui le ghetto de Varsovie est exactement en face de vous, cible de vos tanks et de votre artillerie, et son nom est Gaza. Gaza que vous avez décidé d’éliminer de la carte, comme le Général Frank a eu l’intention d’éliminer le ghetto. Mais, à la différence des ghettos de la Pologne et de la Biélorussie, dans lesquels les juifs ont été laissés presque seuls, on n’éliminera pas Gaza parce que les millions des hommes et de femmes des quatre coins de notre monde construisent un bouclier humain puissant portant ces mots : « plus jamais cela ! »

Pas en notre nom !

Ensemble, avec des dizaines de milliers d’autres juifs, du Canada à la Grande-Bretagne, d’Australie à l’Allemagne, nous vous avertissons : n’ayez pas le toupet de parler en nos noms, parce que nous allons vous pourchasser, si nécessaire jusqu’en enfer, l’enfer des criminels de guerre, et enfoncer vos mots jusqu’au fond de votre gorge, jusqu’à ce que vous nous demandiez pardon pour avoir osé nous mêler à vos crimes. Nous, et pas vous, sommes les enfants de Mala Zimetbaum et de Marek Edelman, de Mordechai Anilevicz et de Stéphane Hessel, et nous remettons leur Message à l’Humanité dans les mains des Résistants de Gaza pour qu’ils le conservent, pour nos enfants et pour tous les enfants du monde: « Nous luttons pour notre liberté et la vôtre, pour notre honneur et le vôtre, pour notre dignité humaine, sociale et nationale et pour la vôtre. » (Appel du ghetto au monde, Pessa’h 1943).

Mais pour vous, dirigeants d’Israël, « liberté » est un mot sale. Vous n’avez aucun « honneur » et vous ne comprendrez jamais le sens des mots « dignité humaine ».

Nous ne sommes pas une « autre voix juive, » mais la seule voix juive ayant le droit de parler au nom des martyrs du peuple juif. Votre voix n’est rien autre que les vociférations bestiales millénaires des assassins de nos ancêtres.

Michel Warschawski
18/01/2009
Publié par Alternative Information CenterUJFP.

"Juger Livni, Barak et Olmert pour crimes de guerre"

Entretien avec Pierre Stambul, Président de l’Union Juive Française pour la Paix, publié dans Le Jour d’Algérie à lire au format PDF.


Source : UJFP

Pogroms contre des Palestiniens à Hébron

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert estime que les agressions commises par des colons juifs contre des Palestiniens à Hébron constituent des « pogroms ».

Le chef du gouvernement a également estimé que la police israélienne devait cesser de faire preuve d’une « clémence intolérable » à l’égard des agresseurs.

« En tant que juif, j’ai honte que d’autres juifs fassent une telle chose », a dit Olmert devant son gouvernement.

« Nous sommes un peuple dont historiquement, l’éthos (ndlr: ensemble de comportements caractéristiques d’un groupe social) est fondé sur le souvenir des pogroms », a dit Olmert, dont les propos ont été cités dans un communiqué. « Voir des juifs armés tirer sur des civils palestiniens innocents ne peut que nous rappeler les pogroms. »

Cette déclaration, l’une des plus fortes du Premier ministre démissionnaire, fait suite à la diffusion d’une vidéo montrant un colon qui fait usage d’une arme à feu et blesse des Palestiniens.

Le terme de pogrom, d’origine russe, est employé pour désigner les massacres perpétrés contre les juifs notamment au XIXe siècle dans l’ancien empire de Russie.

Olmert a également annoncé qu’il souhaitait que soient organisées des poursuites judiciaires et que cesse « la clémence intolérable à l’égard des colons qui enfreignent la loi ».

Les incidents entre les communautés juive et palestinienne se sont multipliés depuis quelques semaines en Cisjordanie et notamment à Hébron.

Samedi, des colons juifs ont mis le feu à une maison palestinienne dans la ville pour protester contre l’expulsion deux jours auparavant d’une dizaine de familles de colons installées dans un bâtiment qu’elles affirmaient avoir acheté à un Palestinien.

Quelques jours plus tôt, des affrontements inter-communautaires avaient fait six blessés, cinq Palestiniens et un colon. La police avait procédé à l’interpellation de 15 jeunes juifs.

Le mois dernier, des colons avaient peint des graffitis insultant le prophète Mahomet sur les murs d’une mosquée avant de vandaliser des tombes dans un cimetière voisin.

La mosquée était située près de bâtiments occupés par des colons juifs depuis 2007 et dont la cour suprême israélienne avait ordonné l’évacuation.

Environ 650 colons israéliens résident dans une enclave fortifiée, protégée par des soldats et située au coeur de la ville où vivent quelque 180.000 Palestiniens.

Reuters – Yahoo! Actualités.

Les dégâts de l’occupation israélienne

Bernard Kouchner, Israël, l’Iran et les confusions phonétiques, Rue89

Frapper l’Iran, ou l’avaler » ? Il y a certes une différence dans la graduation de l’éventuelle riposte israélienne à l’obtention par l’Iran de l’arme atomique… 

Mais sur le fond, la position du ministre, qui est en visite en Israël et dans les territoires palestiniens, reste identique. Dans cette interview à Haaretz, il demande simplement à Israël de laisser du temps à la diplomatie face à l’Iran avant de passer à l’acte…

Kouchner, l’Iran et le Proche-Orient…, IRIS IRIS – Dailymotion

Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS répond à nos questions :
– Quels sont les enjeux de la visite de Bernard Kouchner au Proche-Orient ?
– Que pensez vous de son optimisme quant au processus de paix alors que la signature d’un accord de paix au Proche-Orient avant la fin 2008 semble de moins en moins envisageable?
– L’approche prônée par Bernard Kouchner envers Téhéran, associant «offre de dialogue et sanctions», a t-elle des chances d’aboutir ? 

Rapport : 15.000 colons se sont installés en Cisjordanie en 2008, Maan News

15.000 Israéliens se sont installés dans des colonies illégales en Cisjordanie depuis le début de l’année 2008, en dépit d’un engagement pris par le Premier Ministre Ehud Olmert de mettre un terme à la construction de colonies, il y a un an, a indiqué lundi le journal israélien Ma’ariv. 

WARSCHAWSKI Michel, Nouvelle direction, vieille politique, Rouge

En bref, l’État d’Israël vient de changer de conducteur, mais le plan de route reste le même, qui indique du surplace au moins jusqu’à l’intronisation du nouveau président des États-Unis. Et ensuite ? Les deux candidats à la Maison Blanche ont annoncé qu’il y a des crises beaucoup plus graves que le conflit israélo-palestinien et, qu’en conséquence, le règlement de ce dernier ne serait pas une priorité pour la nouvelle administration. 

RIONDÉ Emmanuel, En Cisjordanie, les dégâts de l’occupation israélienne, Les blogs du Diplo

Une lente strangulation. C’est ce que subissent depuis huit ans les habitants de Naplouse, plus importante ville de Cisjordanie, cernée de checkpoints, même lorsque l’armée israélienne semble avoir atteint ses objectifs « sécuritaires ». Les plus démunis, vivant dans les camps de réfugiés et la vieille ville, éprouvent des difficultés grandissantes à assurer le quotidien. Au plan psychologique, l’occupation, avec son cortège d’humiliations et de brutalités, fait des ravages. 

"Je me suis trompé pendant 35 ans"

Olmert : « Je me suis trompé pendant 35 ans », Continental New

Sur les compromis territoriaux avec les Palestiniens 

« Nous nous trouvons à un moment où il faut décider, mais nous ne sommes pas prêts à nous l’avouer à nous-mêmes. Mais c’est ce que nous devons faire. Nous devons arriver à un accord avec les Palestiniens, ce qui veut dire que nous devons concrètement nous retirer de presque tous les territoires si ce n’est de tous. Nous garderons un petit pourcentage de ces territoires, mais il faudra donner aux Palestiniens une équivalence territoriale, car sans cela il n’y aura pas la paix. Cela comprend aussi Jérusalem. Avec des solutions particulières que j’imagine bien pour le Mont du Temple et les Lieux Saints et historiques. Toute personne qui parle sérieusement de la sécurité à Jérusalem et veut que les bulldozers et les pelleteuses ne viennent pas couper les jambes de ses meilleurs amis, comme cela s’est passé avec un de mes amis proches (l’avocat Shouki Karmer) qui a perdu une jambe parce qu’un bulldozer l’a renversé, doit renoncer à des parties de Jérusalem. »

« Celui qui veut garder toute la ville de Jérusalem doit intégrer 270 000 habitants arabes à l’intérieur des frontières d’Israël. C’est impossible. Alors il faut décider. Et cette décision est difficile, terrible. Elle est à l’opposé de notre instinct naturel, de nos émotions, à l’opposé de notre mémoire collective et à l’opposé de la prière du peuple d’Israël pendant 2000 ans. Je suis le premier à avoir voulu imposer la souveraineté israélienne à toute la ville. Je le confesse. Je ne viens pas pour justifier rétroactivement ce que j’ai fait pendant 35 ans. Pendant de nombreuses années, je n’étais pas prêt à regarder la réalité dans sa profondeur. »

Sur le processus de paix avec la Syrie

« Comme avec les Palestiniens, avec la Syrie il nous faut nous décider. Je veux voir un homme sérieux en Israël pouvant croire qu’il est possible de faire la paix avec les Syriens sans renoncer en fin de parcours au plateau du Golan. »
« Je pose la question : Supposons que dans un an ou deux éclate une guerre régionale et que nous soyons obligés de nous affronter militairement avec la Syrie. Nous sommes plus forts qu’eux. Israël est le pays le plus fort du Proche-Orient. Nous avons la capacité de nous confronter avec chacun de nos ennemis ensemble et de gagner. Mais je m’interroge : Que se passera-t-il lorsque nous aurons vaincu ? Tout d’abord, nous aurons payé cher et cela aura fait mal. Après avoir payé ce prix, que leur dirons-nous ? Venez ! Parlons. Et que nous dirons les Syriens ? ‘Discutons du plateau du Golan’. Alors je pose la question : Pourquoi entrer en guerre avec les Syriens, causer des pertes, des destructions, des dommages pour arriver au même résultat sans payer un prix aussi lourd ? »

« Quand il n’y a pas de paix, les risques d’une guerre sont toujours plus importants. Quand un homme est assis sur le fauteuil de Premier ministre, il doit s’interroger sur les efforts à fournir : Faire des efforts en vue de la paix ou faire en sorte d’être toujours le plus fort en vue de gagner la guerre ? »

« C’est vrai qu’un accord avec la Syrie est un risque. Celui qui veut agir sans prendre de risques qu’il aille habiter en Suisse ou en Islande. Celui qui veut faire la paix au Proche-Orient doit savoir prendre des risques. Je ne propose pas de prendre des risques inconsidérés, je propose de prendre des risques qui peuvent apporter des changements fondamentaux. »

A propos de l’Iran : « Adopter un profil bas »

« L’Iran est une très grande puissance qui constitue une menace pour la communauté internationale. Celle qui est chargée du dossier iranien est d’abord et avant tout la communauté internationale. Parfois la folie des grandeurs et la perte des proportions se révèlent dans certaines de nos prises de paroles. Nous sommes un pays qui a perdu le sens de qui il est réellement. Si nous disons que les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande Bretagne et l’Allemagne ne savent pas comment agir, mais que nous, nous agirons, c’est que nous avons perdu le sens des proportions. Je le dis, soyons plus sobres. Faisons ce que nous sommes capables de faire avec nos capacités réelles, c’est-à-dire d’agir avec la communauté internationale. »

Le "testament politique" d'Ehud Olmert

MOURTAZINE Andreï, Le « testament politique » d’Ehud Olmert, RIA Novosti

Dans une interview accordée au journal israélien Yedioth Ahronoth à l’occasion de Roch Hachana, le Nouvel an juif, le chef du gouvernement israélien s’est exprimé en ces termes: « Je dis ce qu’aucun dirigeant israélien n’avait dit auparavant: nous devrions nous retirer de presque tous les territoires, y compris de Jérusalem-Est et des hauteurs du Golan. » 

Pour la société israélienne, la question de Jérusalem-Est est bien plus sensible que la bande de Gaza, qu’Ariel Sharon remit en totalité aux Palestiniens il y a trois ans, ou que la Cisjordanie, aujourd’hui placée sous l’autorité de Mahmoud Abbas et, partiellement, d’Israël.

Aucun Premier ministre israélien ne peut résoudre les problèmes de la guerre et de la paix de façon autonome, sans l’accord de la Knesset. Or, obtenir ne serait-ce qu’une majorité simple au parlement israélien est quasiment impossible pour l’actuel chef de file du parti Kadima, Tzipi Livni, qui tente de rassembler une coalition parlementaire et qui n’est même pas encore Premier ministre. Seuls des hommes très charismatiques comme Ariel Sharon ou Yitzhak Rabin ont été en mesure de convaincre la Knesset qu’ils avaient raison. Une telle personnalité fait pour l’instant défaut sur l’Olympe politique israélien.

Les « mais » sont bien trop nombreux. Si bien que le « testament politique » du Premier ministre sortant Ehud Olmert devrait manifestement rester encore longtemps un chiffon de papier.

COOK Jonathan, Israël est-il devenu le ferment du terrorisme colonial juif ?, Info-Palestine

La violence dirigée contre la gauche juive culmine dans les périodes où l’extrême droite religieuse croit qu’un accord avec les Palestiniens n’est pas loin d’être conclu. Rabin a payé de sa vie le prix de la signature des Accords d’Oslo. De même, Mr Sternhell semble être la victime des mécontentements des colons devant les discussions qui se poursuivent entre le gouvernement et les Palestiniens pour un retrait partiel israélien de Cisjordanie. 

Le mépris général des lois chez les colons de Cisjordanie a atteint de nouveaux sommets et fut marqué ce mois-ci quand les colons de Yitzhar ont commis ce qui fut largement qualifié de « pogrom » contre les Palestiniens du village voisin d’Asira al Qabaliya. Les colons ont été filmés tirant à balle réelle sur les villageois, mais la police n’a jusqu’ici mis personne en accusation.

Avec cette carence à faire appliquer la loi, l’extrême droite peut se livrer régulièrement et ouvertement à des activités en marge de la loi, souvent sans risquer sérieusement le châtiment. Beaucoup de ses dirigeants, tel Noam Federman, Itamar Ben GVir et Baruch Marzel, tous de Hébron, sont soupçonnés d’avoir des liens étroits avec le mouvement hors-la-loi Kach qui exige le nettoyage ethnique des Palestiniens de la région.

Revue de presse Palestine/Israël

Israël après Olmert, Boulevard Exterieur

Où en est Israël après la démission d’Ehoud Olmert et la désignation de Tzipi Livni à la tête du parti Kadima ? Cette dernière se retrouve à la tête d’une coalition largement fissurée. De l’équilibre probablement précaire qui sera trouvé dépendra la possibilité ou non de faire avancer les négociations de paix avec les Palestiniens. 

Il fait peu de doute que le Likoud attaquera sans ménagement tout accord proposé par la coalition actuelle, jouera de la fibre nationaliste et sécuritaire d’autant plus violemment que les élections approcheront et apportera un soutien sans faille aux colons de Cisjordanie pour rendre leur expulsion encore plus traumatisante que celle des colons de Gaza, qui a déjà laissé des traces profondes. Le Hamas de son côté se fera un plaisir de rappeler à Mahmoud Abbas, déjà bien affaibli, que son mandat expire en janvier prochain et qu’il ne dispose pas de légitimité pour se maintenir au-delà (même si des élections sont impossibles à tenir actuellement), et de pointer les incursions israéliennes qui n’ont jamais cessé (presque 500 morts palestiniens depuis la conférence d’Annapolis en novembre dernier), l’accélération de la colonisation qui rend chaque jour plus difficile un retrait israélien, et la situation humanitaire à Gaza qui alimente le désespoir et la rancœur.

Revue de presse Palestine/Israël

« L’idée du rêve du Grand Israël est terminée », AgoraVox

Dans un discours qualifié d’historique et d’adieu, le premier ministre israélien Ehud Olmert déclare :
« L’idée du rêve du Grand Israël est terminée »
« Depuis 40 ans (depuis la guerre de 1967), nous avons inventé des prétextes et des arguments afin de justifier notre politique de négligence de pas vers la paix selon le principe [deux peuples, deux états]. Notre politique n’a pas été dans l’intérêt d’Israël, car en refusant le principe de [deux peuples, deux états], nous sommes restés [un état pour deux peuples].»
« Beaucoup de palestiniens, désespérés par les négociations, ont commencé à penser à cette solution [un état pour deux peuples] et même nos amis en Europe et aux Etats-Unis ont aussi à leur tour réfléchi à cette solution. En effet, nous avons refusé de voir la réalité, nous avons refusé de lire la feuille de route qui nous dit clairement que le temps ne tourne pas en notre faveur…. »
« Je croyais que la terre entre la méditerranée et la rivière de la Jourdan est à nous, à nous seuls, les juifs. Je croyais que nous disposions d’un droit historique….Mais en fin de compte, et après beaucoup de réflexion et d’hésitation, je suis arrivée à une conviction : nous devons partager la terre, nous ne voulons pas un [état pour deux peuples]. » 

Commentaires : Cette information a été peu reprise par les médias dominants et surtout elle n’a pas été mise en contexte (nous y reviendrons). Curieusement, l’abandon du rêve sioniste du Grand Israël est repris par tous les commentateurs à propos de Tzipi Livni.

12/09/2008, Trois ans après, l’échec du retrait de Gaza hypothèque tout départ des Territoires, Libération

C’est un péril d’une toute autre nature qui inquiète le reste de la classe politique israélienne, des centristes de Kadima à l’extrême gauche. Celle de voir la poursuite de la colonisation empêcher la création d’un Etat palestinien. «La partition est en train de devenir impossible», constate mi-lucide, mi-navré un éditorialiste de Haaretz. Dès lors, l’avènement d’un Etat binational deviendrait inéluctable et, compte tenu de la démographie, les juifs pourraient rapidement y devenir minoritaires. Cauchemardesque pour la plupart des Israéliens, cette option séduit une partie de l’élite palestinienne convaincue qu’un retour aux lignes de 1967 est désormais exclu. 

14/09/2008, Cisjordanie : un plan d’indemnisation des colons présenté au cabinet, AFP – Romandie News

Le Premier ministre Ehud Olmert a soutenu le plan lors de la réunion du cabinet et demandé à M.Ramon de présenter un projet de loi au gouvernement estimant que le maintien de l’occupation de la Cisjordanie risquait à terme de mettre en péril le caractère juif d’Israël en le transformant en un Etat « pour deux peuples ».
« L’idée du Grand Israël a disparu. Celui qui soutient autre chose trompe les Israéliens », a déclaré M. Olmert ajoutant que ce débat « est aussi un moyen de préparer le public aux nécessaires compromis qui devront être faits dans le futur ». 

14/09/2008, Olmert dresse son bilan, Aroutz7

Olmert a profité de cette occasion pour présenter son bilan, estimant notamment qu’il fallait renoncer définitivement au « rêve du grand Israël » et prétendant que ceux qui y croyaient encore « se berçaient d’illusions ». Il a encore déclaré que 40 ans après la Guerre des Six-Jours, les dirigeants israéliens s’étaient montrés plutôt créatifs alors que dans l’autre camp, on semblait de plus en plus obstiné. Il a ajouté que le temps « ne travaillait pas pour Israël ».
 
Et d’admettre : « Je n’ai pas toujours adopté de telles positions, et j’avais même dit à l’époque à Ehoud Barak que les concessions territoriales qu’il était prêt à accepter à Camp David étaient excessives. Mais finalement, après un processus douloureux, je suis arrivé à la conclusion que nous devons partager avec nos partenaires si nous ne voulons pas devenir un Etat binational ». 

14/09/2008, Abbas / Olmert : « Cherche paix désespérément », Guysen News

Ce matin, lors du conseil hebdomadaire des ministres, Ehoud Olmert a déclaré que « l’idée du Grand Israël est terminée et celui qui persiste à croire en cette idée se berne lui-même ». 

« Lors des discussions de Camp David je pensais que les concessions accordées par Ehoud Barak étaient excessives et que tout nous appartenait, du Jourdain à la mer méditerranée, mais après une période douloureuse je me suis résigné à penser que nous étions forcés de partager cette terre si nous ne voulons pas devenir un Etat binational » a-t-il ajouté.

15/09/2008, Revue de la Presse israélienne de l’Ambassade de France en Israël, UPJF

Olmert : la notion de « Grand Israël » a perdu toute pertinence
Hier, lors de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, le Premier ministre, Ehud Olmert, bientôt démissionnaire, a exposé l’essentiel de son credo politique, qu’il n’a finalement pas pu réaliser, écrit Haaretz. « La notion de grand Israël n’est plus valable. Elle n’existe plus. Ceux qui emploient ce terme se font des illusions », a déclaré le Premier ministre. 

M. Olmert s’est prononcé lors du premier débat au conseil de ministres, consacré au projet de loi proposé par le vice-Premier ministre, Haïm Ramon, et intitulé « évacuation-compensation ». Ce projet de loi prévoit de mettre en place un dispositif qui versera des indemnités à des colons habitant à l’est de la barrière de séparation, en échange de leur bonne volonté à quitter leurs maisons pour se réinstaller en Israël.
Selon les données présentées par H. Ramon, environ 62.000 colons vivent à l’est de la barrière dont 18% (11.000) sont désormais prêts à déménager en Israël, en échange d’indemnités. Selon son projet, l’Etat versera 1.1 million de NIS à chaque famille qui sera d’accord pour évacuer, avec une prime de 15% à 25% pour les familles souhaitant s’installer dans le Néguev ou en Galilée. Le coût du projet s’élève à 2.5 milliards de NIS. Ce plan n’a pas été voté hier par le gouvernement, mais le vice-Premier ministre a annoncé qu’il le soumettrait à l’approbation du nouveau gouvernement qui sera formé après les primaires à Kadima.

Le journal note qu’au cours de la réunion d’hier, les ministres Tzipi Livni et Shaoul Mofaz, candidats favoris à la tête de Kadima, se sont prononcés contre le projet de Haïm Ramon. Selon Mme Livni, il est trop tôt pour aborder la question de l’évacuation, car cela pourrait compromette les positions israéliennes dans le cadre des négociations avec les Palestiniens sur les frontières permanentes. M. Mofaz, quant à lui, a soutenu que la promotion de ce projet avant la signature d’un accord permanent ne ferait que renforcer les revendications palestiniennes envers Israël. Les deux autres candidats à la tête de Kadima, les ministres Avi Dichter et Meïr Shitrit, ont exprimé, eux aussi, leurs objections à ce projet.

16/09/2008, Olmert formule ses dernières volontés politiques, Le Figaro

À défaut, Ehoud Olmert a tiré les conclusions de ses deux années et demie de pouvoir : «L’idée du Grand Israël est finie, ceux qui l’évoquent encore se font des illusions.» Si le constat n’est pas nouveau, il marque la différence avec le Likoud et l’opposition de droite menée par Benyamin Nétanyahou. 

Histoire de bien marquer les points sur les «i», Ehoud Olmert déplore que «depuis quarante ans nous n’avons cessé de multiplier les arguments pour ne faire aucune concession aux Palestiniens» et de confesser qu’«après bien des tourments et des hésitations, je suis arrivé à la conclusion que nous devons partager avec ceux qui vivent à nos côtés (les Palestiniens)». Le premier ministre ajoute avec une certaine amertume : «Nous refusons de voir la réalité alors que le temps ne joue pas en notre faveur.»

17/09/2008, Nassrallah : « Nous avons liquidé la super-puissance israélienne », DesInfos

Rappelons qu’en début de semaine, le Premier ministre, Ehud Olmert, avait affirmé que « la communauté internationale est en train de changer de perspective concernant la transformation de l’Etat juif en un Etat binational », ce qui selon lui doit inciter Israël à « prouver que ses dirigeants ont toujours été plus inventifs et pris davantage d’initiatives diplomatiques que ceux du camp adverse, lesquels ont trop longtemps persisté dans leur intransigeance ». 

17/09/2008, Le legs d’Ehoud Olmert : impasses diplomatiques et fiasco militaire, Le Monde

Mais il est désormais trop tard pour cet homme qui reconnaît aujourd’hui qu' »il fut un temps où il s’est battu contre ces idées« . Au cours de son mandat, il n’a cessé de dire que la création d’un Etat palestinien était une nécessité pour éviter la perte d’identité juive dans un Etat binational. Il a toujours reconnu que le rêve du Grand Israël était une notion dépassée et qu’il fallait faire de la place aux voisins palestiniens. Mais il n’a pas réussi à traduire ces idées en réalités. 

Lire aussi :
« Grand Israël », GoogleActualités Google

27/05/2007, Le Processus de Paix, à quand le réveil ?, SaphirNews

Pour l’Ambassadeur israélien, la plus belle occasion de « couloir ou porte ouverte » a été 1947, avec la résolution de partage. Mais « l’offre » s’est détériorée avec le temps. Et la violence, l’insécurité, la souffrance des peuples ont mis le processus en berne.
Avec Réalisme, Daniel Sheck ajoutera « … qu’il est temps de part et d’autre, d’ôter certains tabous, pour laisser ses rêves dehors ». Pour le diplomate israélien, il faut arriver à un véritable sens du compromis. Les israéliens ont appris à accepter une réalité : celle de la construction d’un Etat palestinien. Ce qui est une grande avancée en soi, « … car le Grand Israël au sens biblique, n’est plus … ». Même si ajoute-t-il, une certaine minorité, y croit encore. 

Mais la ligne dure sans langue de bois se trouvera dans le dernier panel, réunissant Marek Halter, romancier et essayiste et Ivan Levaï, Directeur de la publication La Tribune Juive, qui reviennent à la thèse du grand Israël. Un discours plus modéré s’est ensuivi avec Noël Bouttier, directeur de la publication témoignage chrétien qui rappelle à la nécessité de solutions justes et équitables pour le peuple palestinien et israélien.

Commentaires : Les sionistes sont plus intégristes en France qu’en Israël !