Palestine en Question

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L'oppression des femmes à Gaza

J’ai participé récemment à une rencontre avec une diplomate étrangère qui voulait que nous lui parlions des problèmes rencontrés par les jeunes à Gaza et entendre nos suggestions sur la manière dont la communauté internationale pouvait nous prêter main forte. Nous étions un groupe de sept jeunes de professions et de milieux différents. L’heure et demie de discussion a abordé les thèmes tels que les problèmes résultant de la division Fatah-Hamas et le manque d’installations sportives à Gaza. Vers la fin de la discussion, une jeune femme particulièrement silencieuse a décidé de s’exprimer. « En tant que jeune femme à Gaza, j’ai un réel problème. » Attendant impatiemment sa contribution, je pensais qu’elle allait par exemple dire qu’en dépit du nombre important d’inscriptions à l’université et des taux de succès, les jeunes femmes à Gaza avaient très peu de chance de trouver un emploi. « Je ne suis pas pour le hijab (le foulard) mais je ne peux pas l’enlever. »

Tandis que le reste du groupe maintenant embarrassé cherchait une manière rapide de surmonter la gêne provoquée par ce commentaire, un coup d’œil au visage de la diplomate montrait qu’elle venait d’avoir une révélation. Elle a suggéré que la communauté internationale, qu’elle représente, vienne à Gaza pour donner à la population de Gaza réprimée par le Hamas, en particulier les femmes, une leçon sur ses droits. C’est l’histoire de notre vie : l’Homme (et la Femme) blanc vient en Palestine pour nous apprendre nos droits, tout en soutenant l’entité même qui nous en prive continuellement. A Gaza, ajoutez à cette critique l’isolement de notre gouvernement local et retirez la véritable cause de cet isolement : le siège et l’occupation d’Israël.

A la fin de la discussion, j’ai parlé à la fille qui avait fait cette observation et je lui ai rappelé que le gouvernement Hamas n’empêche pas les filles de ne pas porter le hijab. Si elle vient d’une famille conservatrice ou si elle vit dans un secteur conservateur de la Bande de Gaza, ce n’est pas la faute du gouvernement, et la diplomate étrangère n’avait pas besoin d’en entendre parler.

Il y a une distinction subtile entre nos traditions conservatrices modérées et les règles que le Hamas impose à notre société, et, dans l’intérêt de notre image, les deux ne doivent pas être mélangées.

Pourtant, peu importe la force avec laquelle nous essayons de nous faire entendre, les médias internationaux se centrent toujours sur des difficultés personnelles qui ne sont pas représentatives des difficultés globales pour décrire un « problème » rencontré par la population dans son ensemble. Pourquoi ? Parce que la question des droits des femmes en particulier est tellement sensible et que son utilisation engendre la colère ou la sympathie dans le cœur de l’auditeur, indépendamment de la logique derrière l’argument.

Par exemple, il y a quelques mois, une « seule » histoire a été reprise par plusieurs agences de presse pour décrire la dureté du régime Hamas à Gaza, à savoir que les femmes n’y étaient pas autorisées à faire de la moto. S’en sont suivis beaucoup de discussions et d’attention médiatique de la part de la communauté internationale au grand cœur, tellement préoccupée par la situation des femmes sous le gouvernement Hamas à Gaza.

Mais une seule de ces agences de presse a-t-elle pris la peine d’interroger ne serait-ce que dix femmes à Gaza sur ce qu’elles pensaient du « droit » à faire de la moto ? Non, parce que ces agences savent que ces femmes, qui n’ont pas de temps à perdre avec des sujets aussi futiles, les auraient tournées en ridicule. Les femmes préfèrent discuter des vrais problèmes qui les intéressent, comme les femmes dans les prisons israéliennes, la pauvreté, le manque de soins de santé adéquats, le manque d’éducation et d’emploi qui sont principalement imputables à l’occupation israélienne.

Au lieu de cela, les médias internationaux décident de se concentrer sur des questions banales, mais « séduisantes » qui touchent très peu de femmes à Gaza, mais qui font un bon boulot pour ruiner l’image de Gaza et du Hamas. Peu importe les vrais problèmes. Mettez de côté les problèmes provoqués par l’occupation – nous les connaissons déjà, nous dit-on. Parlez-nous des problèmes causés par le gouvernement Hamas.

Un an après que le gouvernement Hamas ait imposé une loi interdisant aux femmes de fumer le narguilé dans les lieux publics à Gaza, les agences de presse internationales continuent d’en parler lorsqu’elles traitent de la situation des femmes, même si la loi a été annulée.

Et récemment, des articles sur l’interdiction faite à des coiffeurs masculins de coiffer les cheveux des femmes ont fait les manchettes dans le monde entier, même si la question se limite aux coiffeurs eux-mêmes et à leurs clients, et non à toute la population féminine de la Bande de Gaza.

Je suis contre toute affiliation politique, parce que mon unique affiliation est avec la Palestine et la cause palestinienne, ni avec le Fatah, ni avec le Hamas, ni avec aucune autre faction. Mais je ne supporte pas l’hypocrisie des médias internationaux qui exploitent un sujet aussi sensible que les droits des femmes pour exonérer Israël de ses responsabilités.

Quand le monde comprendra-t-il que la détérioration de la situation des femmes à Gaza au cours des quatre dernières années n’est pas exclusivement imputable au contrôle du Hamas, mais principalement au siège israélien, qu’on a tendance à laisser de côté dans de ce genre de discussions ? Je suis fière de dire que Gaza en particulier, et la Palestine en général, est l’un des rares endroits au monde où les hommes et les femmes jouissent de l’égalité des droits – ou plutôt de l’égalité de leur absence.

Israël applique en effet d’excellents standards d’action positive pour s’assurer que tant les hommes que les femmes soient également privés de leurs droits les plus fondamentaux, alors, s’il vous plaît, cessez d’imputer les résultats de cette privation à d’autres, dont le rôle dans le panorama global de nos vies est marginal.

22/07/2011
Yasmeen El KHOUDARY
Electronic Intifada
International Solidarity Movement

Lire aussi :
• Yasmeen El Khoudary, A Voice from Gaza, Palestine.
Chronique Colonisation de la Palestine 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Mur de l’Aparteid, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

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Femmes de Gaza – Femmes d'Afghanistan

La vie et la résistance, sous occupation israélienne, des femmes de Gaza… qui n’intéressent pas les féministes franco-françaises : Femmes de Gaza, Info-PalestineTanya Habjouqa.

La vie et la résistance, sous occupation internationale, des femmes d’Afghanistan… qui n’intéressent pas les féministes franco-françaises : Afghan women under the tyranny of the brutal fundamentalists, RAWA.

16/07/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Chronique Colonisation de la Palestine 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Mariam ABOU ZAHAB, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Kathy GANNON, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Malalaï JOYA, Monde en Question.

Breaking the silence

Breaking the silence, association d’anciens soldats israéliens militant contre l’occupation de la Palestine, a publié sur Facebook en hébreu et en français d’autres photos de soldats de Tsahal humiliant des Palestiniens.

Le journaliste et photographe Dmitry Reider a aussi publié des photos de ce qui est une pratique courante de l’armée d’occupation : Much more graphic IDF « souvenir » pictures emerge, Dimi’s notes.

Dans son éditorial, le quotidien israélien Ha’aretz explique

L’expérience d’Aberjil est le reflet d’une culture qui a pris racine au cours de décennies d’occupation, qui perçoit les prisonniers palestiniens comme des sous-hommes – objets d’amusement au mieux et au pire d’abus. C’est une culture qui donne lieu à un comportement épouvantable comme forcer les détenus à danser, à chanter des chansons israéliennes patriotique et militaire, ou de les photographier comme un chasseur avec sa proie. Ces expériences ne sont pas différents de celles des soldats américains abusant d’Irakiens à Abou Ghraïb en 2004.

Mais, comme le rappelle Le Figaro

Depuis 2004, Breaking the silence a collecté plus de 650 témoignages de soldats et dispose désormais d’une importante base de documentation composée d’écrits, de vidéos et de photographies.

Parmi ces documents, des centaines de clichés similaires à ceux d’Eden Abargil, que l’association utilise depuis des années pour dénoncer les exactions des soldats israéliens en Palestine. Breaking the silence les avait même exposés à Tel Aviv en 2004. Sans succès : ces photos n’ont jamais généré le retentissement de celles de la soldate.

18/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Témoignages de femmes soldats, Breaking the silence.
Chronique Colonisation de la Palestine 2010, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

L’image de Tsahal

Des photos d’une soldate israélienne posant souriante au côté de prisonniers palestiniens les yeux bandés et mains liées ont provoqué un émoi en Israël, après leur diffusion lundi par la télévision publique.
La jeune femme, Eden Abargil, a posté ses photos avec les détenus dont elle avait la garde sur sa page du réseau de socialisation Facebook, la télévision publique israélienne les diffusant en soirée à son tour.
L’armée israélienne a dénoncé, dans un communiqué, « le comportement honteux de la soldate » précisant qu’elle avait achevé son service militaire il y a un an.
Les images sont sous titrées « L’armée, la meilleure période de ma vie ». On y voit la soldate au côté de Palestiniens les yeux bandés et les mains liées, dans une base de l’armée.
Le directeur du Comité israélien contre la torture, Yishaï Menuchim, a stigmatisé dans un communiqué le comportement de la soldate, estimant qu’il « illustre une attitude qui est devenue une norme consistant à traiter les Palestiniens comme des objets et non des êtres humains ».
AFP

Lire aussi :
• IDF soldier posts images of blindfold Palestinians on Facebook, from « best time of my life », Ha’aretz.
• Une officier israélienne se met en scène aux côtés de prisonniers palestiniens, France 24.
• Une jeune militaire israélienne se prend en photo avec des prisonniers palestiniens, 20 minutes.
• Sur Facebook, un petit « Abou Ghraïb » choque Israël, Rue89.
Chronique Colonisation de la Palestine 2010, Monde en Question.