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La majorité des Israéliens soutient la solution à deux États

Un nouveau sondage publié mardi a révélé que 62% des Israéliens soutenaient la solution à deux États et pensaient qu’il s’agissait de la meilleure option pour l’État israélien, a rapporté le Jerusalem Post.

Le sondage a été mené auprès de 500 personnes issues d’un échantillon représentatif de la population adulte juive par le groupe Smith Research pour l’organisation Blue and White Future.

La recherche montre que 69% des interrogés âgés de 50 ans et plus soutiennent la solution à deux États, par rapport à 63% chez les 30-49 ans et 42% chez les 18-29 ans.

De plus, 25% des 18-29 ans soutiennent l’annexion des territoires palestiniens sans donner aux Palestiniens tous les droits civils, par rapport à 16% des 30-49 ans et 7% des 50 ans et plus.

Quant au facteur de l’âge, l’étude montre que les plus jeunes tendent à adopter des positions plus orientées vers la droite que les adultes.

En réponse aux résultats de l’étude, le coprésident de l’organisation Blue and White Future, Gilad Sher, a déclaré que l’opinion publique israélienne « commençait à internaliser » l’idée de la nécessité d’une solution de deux États.

Il a ajouté que la responsabilité du gouvernement était de pousser dans cette direction, déclarant au Jerusalem Post qu’il était de « l’intérêt national » du pays d’en faire autant.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a soutenu la solution à deux États dans son discours Bar Illan en juin 2009.

20/12/2012
Renmin Ribao

Lire aussi :
• Les Israéliens davantage préoccupés par la pauvreté que par l’Iran, CCIPPP.
Veille informationnelle Palestine, Monde en Question.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.

Il n'y aura pas d'État Palestinien

Le titre de ce livre peut paraître pessimiste pour toux ceux continuent à militer pour la création d’un État palestinien alors que dans les faits ce processus est dans l’impasse depuis bientôt vingt ans. Après Edward Saïd, Ziyad Clot conclut que l’occupation durant soixante-quatre ans a créé dans les faits un État binational, mais ni le gouvernement d’Israël ni les dirigeants palestiniens en Cisjordanie (Autorité palestinienne) et à Gaza (Hamas), qui collaborent avec l’occupant, n’ont intérêt à le reconnaître pour des raisons différentes mais convergentes.

Il n’y aura pas d’État palestinien, selon l’auteur, parce qu’il n’y a plus de bases géographiques garantissant sa viabilité. Les frontières de 1967, qui privaient déjà le peuple palestinien de la Galilée, d’une grande partie de la bande de Gaza et de territoires rattachés avant cette guerre à la Cisjordanie, ne constituent déjà qu’un minimum à peine vital. Le morcellement continu des terres arabes de Cisjordanie, sous l’effet de la colonisation, de l’occupation par l’armée israélienne d’une bande de terre le long de la frontière jordanienne et d’un mur qui coupe en deux les propriétés agricoles, s’ajoute aux conditions de circulation difficiles du fait des check points.

Il n’y aura pas d’État palestinien, d’après Ziyad Clot, parce que l’actuelle autorité palestinienne n’a ni le pouvoir ni même plus l’autorité morale pour mener à bien les négociations qui pourraient aboutir à sa création. Face à un État israélien militairement surpuissant, soutenu sans faille et sans aucune objectivité par les États-Unis et maîtrisant nombre de canaux d’information internationaux, même si cette situation change rapidement, la Sulta ne fait que gérer l’urgence, au plan des symboles le plus souvent.

Il n’y aura pas d’État palestinien enfin, toujours d’après l’auteur, parce que rares sont les parties qui y ont vraiment intérêt. Jamais Israël et les États-Unis n’accepteront de donner des prérogatives de souveraineté, qui incluent notamment la politique étrangère et la constitution d’une armée, sans que cela ne soit pris par son opinion comme une épée de Damoclès. Cette autorité palestinienne permet juste à l’État hébreu de ne pas intégrer en son sein les millions de Palestiniens tout en empêchant l’émergence d’une autre puissance hostile. Les États arabes environnants, qui tant de fois ont instrumentalisé la cause palestinienne, n’ont aucun intérêt à voir émerger un tel État sur lequel aucun d’entre eux ne pourra avoir la maîtrise totale. On se demande même, à lire la longue série des renoncements de la Sulta, si cette dernière a intérêt à voir émerger cet État qui, démocratique, pourrait faire payer très cher à l’OLP et au Fatah leur corruption et leur éloignement.

Ce sombre tableau ne serait pas complet sans parler d’un acteur du quartet dont les silences sont assourdissants, à savoir l’Union européenne. Cette dernière est la principale pourvoyeuse de fonds de la Sulta mais jamais l’expression de « machin », employée par le général de Gaulle pour la caractériser, n’aura été si porteuse de vérité. Son rôle dans le processus d’Annapolis, à lire l’auteur, se résume à celui d’un ectoplasme sans mains et sans voix, voire d’une sorte d’idiot utile des États-Unis et d’Israël. L’Union européenne condamne sans conséquences la colonisation, la destruction de maisons palestiniennes au mépris des droits les plus élémentaires, ce qui valut aussi pour l’opération Plomb durci. Son indignation à dimension variable suit souvent de près celle des États-Unis ; l’attitude de la France est à peine détachée de cet
ensemble.

Esprit Critique

L’intérêt du témoignage de Ziyad Clot est résumé par Alain Gresh :

Franco-Palestinien ne parlant pas l’arabe, il est recruté par le département de négociations de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Il doit participer au processus de paix lancé par le président George W. Bush à Annapolis en novembre 2007, censé déboucher sur la création d’un État palestinien en 2008. Il se lance à corps perdu dans le travail pour y découvrir, étape par étape, que ces pourparlers ne font que masquer ce qui se passe sur le terrain : colonisation, judaïsation de Jérusalem, checkpoints, arrestations arbitraires, etc.

Les révoltes populaires, qui ont chassé du pouvoir Zine Ben Ali en Tunisie et Hosni Moubarak en Egypte, risquent de déborder en Palestine où la population vit dans la précarité sous la botte de l’occupant israélien et les collabos de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et du Hamas à Gaza [1].

12/02/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Ziyad CLOT, Il n’y aura pas d’État Palestinien – Journal d’un négociateur en Palestine, Max Milo, 2010 [Esprit Critique n°100 p.12 à 14 – EuroPalestineInfo-PalestineLe Monde diplomatique].

« J’ai acheté un billet d’avion El Al. Destination aéroport Ben Gourion. Tel-Aviv. Israël. Il y a 60 ans, ma mère est née à quelques dizaines de kilomètres de là. À Haïfa, en Palestine. »

Ainsi débute le récit du « retour » de Ziyad Clot, petit-fils d’exilés palestiniens. À Ramallah, il accepte un poste de conseiller juridique auprès de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et devient négociateur, participant aux pourparlers qui devaient mener à la création de l’État palestinien avant la fin de l’année 2008. Mais il se résout rapidement à l’évidence : « Le processus de paix est un spectacle, une farce, qui se joue au détriment de la réconciliation palestinienne, au prix du sang versé à Gaza. Et je suis en train de devenir bien malgré moi un des acteurs de ce drame. »

L’auteur nous plonge au cœur du processus de paix, dévoile les faux-semblants, les manœuvres des parties menées en coulisses et les rivalités internes et internationales qui contribuent à alimenter le fantasme de la solution des deux États. Ce témoignage édifiant, imprégné d’histoire personnelle, montre comment et pourquoi les négociations visant à créer l’État palestinien sont devenues vaines. Pour l’ex-négociateur, une solution pacifique à ce conflit ne peut plus passer que par un État unique au sein duquel Palestiniens et Israéliens devront vivre ensemble. Ce pays hybride, « Israeltine », est d’ailleurs déjà là.

Lire aussi :
• Entretien avec Ziyad Clot : Les Palestiniens n’avaient aucun intérêt à négocier avec Israël, Jeune Afrique, 10/02/2009.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Proche Orient : peut-on rêver d’un État palestinien ? », Public Sénat, 16/09/2010.
• Les négociations israélo-palestiniennes, RFI 1/22/2, 18/09/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Point sur les négociations israélo-palestiniennes », Les matins France Culture, 22/09/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Il n’y aura pas d’État Palestinien », RFI, 25/09/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Les négociations israélo-palestiniennes sont une farce », Jeune Afrique, 27/09/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot, ancien membre de l’équipe de négociateurs de l’OLP, France24, 27/09/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Il n’y aura pas d’État palestinien », OummaPalestine – Solidarité, 10/11/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Un État palestinien est-il encore possible ? », Radio Orient, 27/11/2010.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.


[1] Le Hamas et l’OLP répriment toute action de solidarité avec l’Egypte, WSWS, 10/02/2011.

La Question de Palestine

Edward SAÏD, La Question de Palestine, Sindbad – Actes Sud, 2010 [ExtraitsLe Littéraire].

Edward W. Said nous offre une analyse documentée et subtile de l’affrontement, à la fin du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle, entre la société palestinienne, occultée par l’idéologie dominante en Europe, et le mouvement sioniste, considéré comme une partie intégrante de l’entreprise coloniale européenne.

Il dresse ensuite un tableau de la Palestine et des Palestiniens avant et après la guerre de 1967, et souligne la cristallisation, face à la discrimination, à l’occupation et à la dispersion, d’une forte conscience nationale incarnée par l’OLP. La dernière partie du livre est consacrée à une étude attentive des accords de Camp David, conclus sous l’égide des Etats-Unis entre Israël et l’Egypte, et de leurs conséquences au Proche-Orient.

L’édition augmentée de 1992 dont nous publions la traduction prend en outre en considération les principaux événements survenus jusqu’alors : l’invasion du Liban en 1982, la première intifada en 1987, la guerre du Golfe en 1991 et le déclenchement du « processus de paix » avec la Conférence de Madrid.

Informer l’opinion américaine et occidentale sur la «réalité du traumatisme collectif national» du peuple palestinien. Permettre la compréhension d’une «situation pas très bien connue et certainement incorrectement appréhendée». Faire prendre conscience que la question de Palestine a été ignorée par les Sionistes et les Américains alors qu’elle constitue une «part concrète et importante de l’histoire». Mettre en lumière le fait que la question juive en Europe chrétienne s’est résolue par la colonisation des terres palestiniennes par les Sionistes, contraignant les Palestiniens musulmans et chrétiens à quitter leur patrie pour devenir des réfugiés. Faire de la question de Palestine «un objet de discussion et de compréhension» afin de la sortir du gouffre de l’Histoire et de l’état d’isolement dans laquelle elle a été confinée.
Tels sont quelques uns des objectifs qui ont incité Edward W. Said à publier, en 1979, La Question de Palestine. Réédité en 1992, cet ouvrage vient d’être publié en langue française aux Éditions Actes Sud.

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance Palestine – Edward SAÏD, Monde en Question.

Hommage aux Israéliens contre la colonisation

En France, les médias dominants répètent par copier-coller l’argumentation du gouvernement israélien : «Les perspectives de relance du processus de paix se sont éloignées jeudi avec la décision du président palestinien Mahmoud Abbas de ne pas renouer le dialogue avec Israël sans un gel complet de la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée.» [1]

Or, il est clair que l’annonce-aveu de la poursuite de la colonisation n’est pas une « erreur de calendrier », mais bien comme l’a déclaré Benyamin Netanyahou, la volonté de poursuivre la politique sioniste de l’État d’Israël et de continuer à «construire à Jérusalem – et dans tous les autres localités – comme il l’a fait au cours des 42 dernières années» [2].

Ni les États-Unis ni l’Europe n’ont la volonté de contraindre l’État d’Israël à respecter le droit international et les multiples résolutions de l’ONU. Les discours sur la perspective d’un État palestinien, qu’on entend depuis des années et des années, sont une farce tragique car pendant ce temps-là l’État d’Israël poursuit imperturbablement la colonisation de la Palestine.

Cela témoigne de la solidarité coloniale des puissances occidentales qui ont conclu en 2001 une Sainte-Alliance contre ce qu’elles appellent le monde arabo-musulman [3]. Elles refoulent le fait qu’elles ont conquis les Amériques, l’Afrique et l’Asie grâce à l’union « du sabre et du goupillon » (Jean Ferrat). L’imposition de la religion chrétienne aux survivants des massacres coloniaux fut et reste pour l’Occident un acte civilisationnel. Drapés dans cette bonne conscience humaniste, les colonisateurs d’hier et d’aujourd’hui réfutent la légitimité d’une quelconque résistance.

Les médias dominants au mieux dissimulent et au pire donnent raison à l’extension de la colonisation de la Palestine par l’État d’Israël car, comme ils le répètent ad nauseam, les Palestiniens sont des arabes et donc des terroristes en puissance. Ces ignorants et ces barbares ont d’ailleurs donné la majorité au Hamas en 2006 ! Mais Israël a sauvé l’Occident de la barbarie en bombardant la population civile de Gaza et en tuant 1 315 Palestiniens entre le 27 décembre 2008 et le 3 janvier 2009. C’est pourquoi les médias dominants taisent les camps de concentration de Gaza et de Cisjordanie [4].

Le peuple palestinien est bien seul. Il est non seulement abandonné par les puissances occidentales, qui soutiennent le terrorisme de l’État d’Israël [5], mais aussi par l’Autorité palestinienne, qui collabore avec les forces d’occupation, et par le Hamas, qui fait le jeu de l’État d’Israël en détournant la résistance politique au profit d’un affrontement religieux sans perspectives.

L’histoire suit son cours… L’État d’Israël ne pourra poursuivre indéfiniment le projet sioniste d’Eretz Israel. La colonisation sanglante de la Palestine prendra fin car le prix à payer, militaire, politique, économique et social, sera de plus en plus lourd. Or, un jour viendra où les États-Unis ne pourront plus l’assumer. Israël sera alors contraint, pour assurer sa survie, d’intégrer les Palestiniens dans un État bi-national et, à plus ou moins long terme, de leur assurer une égalité citoyenne.

Contrairement à ce que laissent entendre les médias dominants, il existe en Israël une opposition à la politique suicidaire des gouvernements israéliens depuis 1967 [6]. Même si l’occupation «corrompt les hommes, colonisateurs et colonisés» [7], elle crée aussi les conditions d’un renversement d’une situation que beaucoup croît pérenne (voir la chute du Mur de Berlin) et d’une approche totalement différente de l’affrontement nationaliste qui a conduit les deux peuples dans une impasse.

Il faut donc lire la presse israélienne, notamment Ha’aretz, les articles et les livres des israéliens qui luttent contre la colonisation et l’occupation (liste non exhaustive) :

• Gadi ALGAZI
• Joseph ALGAZY
• Gilad ATZMON
• Avirama GOLAM
• Uri AVNERY
• Zvi BAR’EL
• Azmi BDEIR
• Daniel BEN-SIMON
• Meron BENVENISTI
• Ronen BERELOVICH
• Avraham BURG
• Victor CYGIELMAN
• Joseph DANA
• Sharon DOLEV
• Akiva ELDAR
• Shlomi ELDAR
• Lily GALILI
• Gilad ATZMON
• Anat GUTHMANN
• Jeremiah HABER
• Ran HACOHEN
• Jeff HALPER
• Amira HASS
• Yael Oren KAHN
• Amnon KAPELIOUK
• Ygal LEVY
• Gideon LEVY
• Adam MAOR
• Anat MATAR
• Zohar MILCHGRUB
• Avi MOGRABI
• Mujammad NAFAH
• Abie NATHAN
• Adi NIEUWHOF
• Noam OHANA
• Ilan PAPPÉ
• Avia PASTERNAK
• Nurit PELED-ELHANAN
• Meron RAPOPORT
• Amnon RAZ-KRAKOZKIN
• Dimi REIDER
• Tanya REINHART
• Eytan RONEL
• Shlomo SAND
• Zeev SCHIFF
• Avi SCHLAIM
• Tom SEGEV
• Itzik SHABBAT
• Israël SHAMIR
• Ofer SITBON
• Zeev STERNELL
• Michel WARSCHAWSKI
• Sharon WEILL
• Haim WEISS
• Idith ZERTAL
• David ZONSHEIN

15/03/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Chronique de la Colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël – Résistance Palestine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.


[1] 12/03/2010, Le processus de paix embourbé dans un chantier, France Soir.
[2] 15/03/2010, Netanyahu: Israel will keep building in Jerusalem, Ha’aretz.
[3] Lire les commentaires du discours de Barack Obama :
1. Critique de l’expression monde arabo-musulman.
2. Critique de l’expression monde musulman.
3. Critique de la thèse du choc des civilisations.
4. Analyse du discours de Barack Obama.
[4] 15/03/2010, HASS Amira, IDF declares West Bank protest villages a « closed military area », Ha’aretz.
L’armée a déclaré que les villages de Bil’in et Na’alin en Cisjordanie sont une «zone militaire fermée» [c’est-à-dire un camp de concentration] jusqu’au 17 août.
[5] À l’heure où les Palestiniens sont bouclés pour les punir de ne pas accepter la construction de 50000 logements à Jérusalem-Est, Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris, inaugure en compagnie du président israélien Shimon Pérès une esplanade « Ben Gourion », un leader du colonialisme sioniste en Palestine qui a déclaré : «Si j’étais, moi, un leader arabe, jamais je ne signerais avec Israël. C’est normal : nous avons pris leur pays. Certes, Dieu nous l’a promis, mais en quoi cela peut-il les intéresser ? Notre Dieu n’est pas le leur.»
[6] KIMMERLING Baruch, Politicide – Les guerres d’Ariel Sharon contre les Palestiniens, Agnès Viénot, 2003.
[7] MEMMI Albert, Portrait du colonisé, Gallimard, 1985.

Vers un État unique en Palestine/Israël

Cette solution, qui a germé après l’échec des accords d’Oslo, fait lentement sont chemin et, après la guerre à Gaza et l’accord conclu entre Benyamin Nétanyahou et Avidgor Lieberman, cette solution devient padoxalement plus audible.

En 2007, George Bisharat écrivait : «Il y a quarante ans cette semaine, Israël conquérait la Cisjordanie et la bande de Gaza, réinstaurant un système politique dans lequel une seule souveraineté gouvernait toute l’ancienne Palestine. Ce que le monde ne vit pas, c’est que cela avait conduit à une version de la « solution à un seul État » au conflit palestino-israélien – quoique un État dans lequel les Palestiniens et les Juifs n’étaient pas à égalité de droits. [1

En 2009, Haidar Eid écrit : la guerre à Gaza «a mis un terme à la fiction d’une solution de deux états et replacé la libération au lieu de l’indépendance dans l’agenda politique» car «les Israéliens ont tué dans l’œuf la solution de deux états.» [2].

La colonisation et l’occupation militaire de la Cisjordanie et de Gaza font que la «solution à un seul État» est une «réalité à un seul État» [3]. Il est symptomatique sue Le Monde publie « La fin de la solution des deux États« , article de Ziyad Clot qui reprend sur le fond ce que disent des Palestiniens et des Israéliens depuis quelques années [4].

Serge LEFORT
23/03/2009

La fin de la solution des deux États

Certains pensaient peut-être continuer à négocier sur les cendres et le sang versé à Gaza. Le récent accord conclu par Benyamin Nétanyahou avec le parti d’extrême droite d’Avidgor Lieberman en vue de la constitution du nouveau gouvernement israélien aura le seul mérite de la clarté : le « processus de paix » est enterré. Désormais, une paix fondée sur la coexistence de deux États est hors d’atteinte.

Pour les Palestiniens, la perspective de la création d’un État était fondée sur la conviction qu’ils pouvaient obtenir mieux que l’offre faite à Yasser Arafat à Camp David. Aux yeux d’Israël, l’OLP demeurait le seul représentant légitime du peuple palestinien. Sous cette réserve, les Israéliens se disaient disposés à faire la paix. Et deux États délimités par la frontière de 1967, avec quelques ajustements, s’accommoderaient du maintien de certains blocs de colonies en Cisjordanie et de la présence de la population arabe en Israël.

Avant même les opérations meurtrières menées à Gaza, les négociations d’Annapolis ont confirmé que ces postulats n’étaient au mieux qu’un tissu d’illusions. Dans le cadre de discussions bilatérales, l’OLP, négociant toujours sous occupation vingt ans après avoir reconnu Israël, n’avait déjà plus les moyens d’obtenir un règlement de paix équitable. Les accords d’Oslo de 1993 et l’établissement de l’Autorité palestinienne dans les territoires occupés ont été un tournant.

Ce gouvernement sans État administre, depuis, des territoires sans souveraineté propre, minés par la multiplication des « check points », l’explosion de la colonisation et la construction d’un mur illégal qui n’empêche pas la poursuite des incursions militaires israéliennes en Cisjordanie.

Dans ce contexte kafkaïen, les droits des réfugiés et de la diaspora palestinienne (70 % de la population) ont été progressivement perdus de vue. Les élections législatives de 2006 puis la prise de Gaza par le Hamas en juin 2007 ont marqué une nouvelle rupture. A moins d’un succès de la nouvelle tentative de réconciliation nationale palestinienne, la population de Gaza restera ostracisée.

Quelle que soit la composition définitive de son futur gouvernement, Israël préférera encore une gestion même incertaine de ce conflit plutôt que sa résolution, persuadé que l’unilatéralisme et l’usage de la force restent en définitive le meilleur garant de sa sécurité. Penser qu’Israël puisse soudainement faire le pari d’une véritable paix, entre égaux, relève du fantasme.

Communautés imbriquées

La colonisation des territoires occupés palestiniens est irréversible : avec près de 500 000 colons en Cisjordanie, dont la moitié environ à Jérusalem-Est, la création d’un État palestinien souverain et viable est mort-née. Quant à la constitution d’un État juif, elle est contrariée par la population palestinienne présente de l’autre côte de la « ligne verte ».

Les États-Unis et l’Union européenne continueront pourtant de s’activer sur « la solution » des deux États. Il n’existe pas à ce jour d’alternative susceptible d’emporter le soutien des différents acteurs du « processus de paix ». Les parties ayant un intérêt ou une influence directe dans la résolution ou la poursuite de ce conflit pullulent. Comme soixante ans auparavant, l’internationalisation de la question de Palestine rend son peuple, certes coupable de ses divisions, spectateur de son terrible sort. La Cisjordanie et Gaza sont sous influence, pour ne pas dire sous tutelle étrangère.

Avec des Palestiniens sans boussole et des Israéliens désormais otages d’un ultranationalisme inquiétant, les tendances lourdes de ce conflit vont perdurer : l’unilatéralisme, l’usage de la force, l’évolution démographique et l’instrumentalisation du religieux resteront les principaux déterminants du problème israélo-palestinien. Au-delà de ces dérives, les différentes communautés israéliennes et palestiniennes, imbriquées les unes aux autres, n’auront pourtant pas d’autre choix que de cohabiter un jour au sein d’un même État. Ce ne sera pas chose aisée et cette perspective peut paraître aujourd’hui très lointaine. Mais elle est inéluctable et salutaire.

Il appartient à la communauté internationale d’affronter enfin la réalité : la partition de la Palestine votée par l’ONU, le 29 novembre 1947, n’a jamais été voulue ni réellement acceptée par les parties. Et c’est uniquement le déséquilibre des forces en présence qui a dicté l’évolution de la tragédie israélo-palestinienne. Le partage est devenu division. Il est désormais synonyme de ségrégation. Au sein d’un seul État : le Grand Israël. Au détriment d’un peuple : les Palestiniens. Le jour où les acteurs de ce conflit se résoudront à cette évidence, un grand pas sera fait vers sa résolution.

Ziyad Clot, ancien avocat et conseil juridique lors de la négociation d’Annapolis
20/03/2009
Publié par Le Monde


[1] Le mirage de la solution à deux États, Info-Palestine.
[2] Gaza 2009 : Culture de résistance versus défaite, Info-Palestine.
[3] La réalité d’un seul État, Info-Palestine.
[4] Un ou deux États pour Israël et la Palestine ? – Un débat entre Uri Avnery et Ilan Pappé, AgoraVox.

L'utopie d’Edward Saïd

Il y a quelques jours un éminent groupe d’Arabes israéliens, c’est-à-dire des hommes et des femmes d’origine arabe qui sont citoyens d’Israël, certains musulmans, d’autres sans religion, ont lancé un appel à l’opinion publique pour initier un processus de réflexion et de débat sur la pertinence pour l’État d’Israël de cesser de se définir comme un « État juif » et de se transformer en une effective « démocratie consensuelle pour les arabes et juifs ». Les intellectuels, universitaires et leaders civils qui ont signé le document, membres d’une nouvelle élite politique et culturelle, comme Asad Ghanem, directeur du Département de Théorie Politique de l’Université d’Haifa, reprennent les idées centrales du rapport intitulé Une vision pour le futur des Arabes palestiniens en Israël et publié en décembre dernier par un groupe de maires arabes, qui représentent au moins 1 300 000 citoyens, approximativement le cinquième de la population.

Le rapport en appelle à reconnaître la population arabe israélienne comme un groupe dont les droits sont niés, mettant l’accent sur le fait que les symboles officiels de la nation israélienne comme certaines lois cardinales de sa normativité fondamentale sont essentiellement discriminatoires.

Comme il fallait s’y attendre, les réactions ont été contrastées et les positions se sont polarisées. La droite s’est empressée de condamner l’initiative comme une « cinquième colonne », une « phalange islamique incrustée en Israël ». Les organisations de centre-gauche, qui généralement prennent la défense des droits de la population arabe, y ont vu une proposition « irréelle et excessive ». Seuls quelques rares libéraux israéliens se sont déclarés favorables au document. Shuli Dichter, co-directeur de Sikkuny, une organisation arabo-juive qui observe les violations de l’équité civile, a salué l’effort comme une ouverture vers un « dialogue sérieux » pour la coexistence entre Arabes et Juifs en Israël.

En réalité, la majeure partie des Arabes israéliens sont convaincus, et à raison, qu’ils sont des citoyens de seconde classe qui ne disposent pas des mêmes droits que la population en général en matière d’emploi, d’éducation et de santé.

Mais l’initiative a divisé les Arabes eux-mêmes en Israël. Ghaleb Majadele, un député membre du Parti Travailliste, et le premier Arabe à occuper un portefeuille au sein du Pouvoir Exécutif, a critiqué la position parce qu’elle déclencherait une division de la gauche, rendant encore plus précaire sa situation.

En principe, la valeur de l’initiative est d’ordre symbolique et surtout identitaire. Que se passerait-il si l’État israélien fondait sa légitimité sur un ordre effectivement laïc, qui engloberait les droits des Arabes et des Juifs dans une définition strictement citoyenne ?

En premier lieu, on retournerait au principe plus ancien et vital de la signification d’être juif : une référence qui passe par l’auto-reconnaissance, non par une structure de pouvoir. En aucun lieu de la tradition, ni biblique ni civil, il n’est écrit qu’Israël doit être un État juif (non séculier), et moins encore, de ce fait, qu’il doive discriminer ceux qui ne le sont pas.

Personne mieux que les Juifs, avec leur histoire très triste, ne connaît la force que procure la reconnaissance de l’autre comme un pari pour abolir tout essentialisme. Le pari d’une identité qui finit par nier toute pulsion identitaire, et qui voit l’autre non à travers la peau ou la religion mais directement dans les yeux.

En second lieu, cela jetterait une douche froide sur le fondamentalisme islamique qui a fait de cet ordre uni-identitaire le bouc émissaire de sa propre logistique symbolique et théologique.

Ainsi s’ouvrirait la possibilité (et la réalité) de favoriser dans le Moyen-Orient une culture effectivement séculaire (et sécularisatrice). C’était l’utopie que caressait en son temps Edward Said, qui n’a jamais cru que l’insularité et la partition identitaires contenaient un quelconque type de solution à un conflit qui se prolonge depuis maintenant plus d’un demi-siècle. Ce fut cette utopie qui le sépara de Arafat, du Hamas, du Hezbollah et du tourbillon qui a enfoncé la Palestine dans le pire de ses cauchemars. Et on ne sait jamais quand une illusion finit par dicter ses desseins à la réalité. Assurément cela cesserait d’être une illusion.

Ilán Semo
10 février 2007
Publié par Tlaxcala selon La Jornada.
Lire aussi : Dossier Edward W. SAÏD, Monde en Question.

La solution : un seul État

Après l’effondrement du gouvernement Netanyahu causé par l’accord de paix signé à Wye Plantation, le temps est venu de nous demander si tout le processus initié à Oslo en 1993 est bien le bon instrument qui permettra d’amener la paix entre les Palestiniens et les Israéliens. A mon avis, le processus de paix n’a fait, en réalité, qu’éteindre la petite flamme de la vraie réconciliation qui devra nécessairement intervenir si l’on veut que la guerre de cent ans entre le sionisme et le peuple palestinienne trouve une fin. Oslo a dressé le décor d’un divorce, mais la véritable paix ne peut découler que de l’instauration d’un État (unique) binational israélo-palestinien.

Je sais : difficile à imaginer. Le narratif officiel siono-israélien et le narratif palestinien sont, en effet, irréconciliables. Les Israéliens disent qu’ils ont livré une guerre de libération, qui leur a permis de conquérir leur indépendance ; les Palestiniens disent, quant à eux, que leur société a été détruite, et la plus grande partie de la population palestinienne chassée. Et, de fait, ce caractère irréconciliable était déjà évident pour plusieurs générations successives de leaders sionistes pionniers et de penseurs sionistes, de même qu’elle l’était, bien entendu, pour tous les Palestiniens.

«Le sionisme n’était pas aveugle à la présence des Arabes en Palestine», écrit l’éminent historien israélien Zeev Sternhell dans son dernier livre « Les mythes fondateurs d’Israël » [The Founding Myths of Israel]. «Même les personnalités sionistes qui n’avaient jamais visité la Palestine savaient qu’elle n’était pas vide d’habitants. En même temps, ni le mouvement sioniste à l’étranger, ni les pionniers qui étaient en train de coloniser le pays n’ont été capables de déterminer une politique vis-à-vis du mouvement national palestinien.
La raison véritable de cet état de fait était non pas un manque de compréhension du problème, mais bien un aveu très clair de la contradiction insurmontable entre les objectifs fondamentaux des deux camps. Si les intellectuels et les leaders sionistes on ignoré le dilemme des Arabes, ce fut essentiellement parce qu’ils savaient très bien que ce problème n’avait aucune solution à l’intérieur de la manière sioniste de penser.»

Ainsi, par exemple, Ben Gourion avait toujours été d’une grande clarté. «Il n’y a pas d’exemple, dans l’histoire», avait-il dit, en 1944, « d’un peuple disant : «nous sommes d’accord pour renoncer à notre pays, qu’un autre peuple vienne et qu’il s’installe ici et nous submerge numériquement !».

Un autre leader sioniste, Berl Katznelson, n’avait, de la même manière, aucune illusion quant à la possibilité de dépasser l’opposition entre les objectifs sionistes et les objectifs palestiniens. Et des partisans de la bi-nationalité, comme Martin Buber, Judah Magnes et Hannah Arendt étaient tout à fait conscients de ce à quoi ressemblerait le choc, au cas où la situation en arriverait au point de maturité nécessaire pour que l’explosion se produise, ce qu’elle fit, bien entendu.

Dépassant largement les juifs numériquement, les Arabes palestiniens, durant la période postérieure à la déclaration Balfour de 1917 et sous le mandat britannique, refusèrent tout ce qui aurait été susceptible de remettre en cause leur domination. Il est injuste de reprocher aux Palestiniens de ne pas avoir accepté le partage de leur pays, en 1947. Jusqu’en 1948, les juifs ne tinrent qu’environ 7 % des terres.

Pourquoi, se demandèrent les Arabes lorsque la résolution de partage de la Palestine fut adoptée, devrions-nous concéder 55 % de la Palestine aux juifs, qui étaient alors une minorité, en Palestine ?

Ni la déclaration Balfour ni le mandat n’avaient jamais concédé de manière spécifique que les Palestiniens avaient des droits politiques (par opposition aux droits civils et religieux) en Palestine. L’idée de l’inégalité entre les juifs et les Arabes était, par conséquent, inhérente à la politique britannique, et donc, par la suite, à la politique israélienne et américaine et, ce, dès l’origine.

Si ce conflit apparaît insoluble, c’est en raison du fait qu’il s’agit d’une concurrence sur la même terre, de la part de deux peuples qui ont toujours considéré qu’ils disposaient d’un titre valide à cette terre et qui espéraient que leur protagoniste finirait, avec le temps, par renoncer ou s’en aller. Un camp a gagné la guerre, et l’autre l’a perdue, mais la compétition est aussi vive que jamais.

Nous, les Palestiniens (je suis, en effet, Palestinien), nous posons la question de savoir pourquoi un juif né à Varsovie ou à New York aurait le droit de s’installer ici, en Palestine (d’après la « Loi du Retour » israélienne), alors que nous, nous qui sommes ceux qui vivent ici depuis des siècles, nous n’en avons pas le droit ? Après la guerre de juin 1967, le conflit entre nous fut encore exacerbé. Des années d’occupation militaire ont créé dans le camp le plus faible de la colère, de l’humiliation et de l’hostilité.

A son discrédit, Oslo n’a strictement rien changé à cette situation. Arafat et son inflation de partisans ont été transformés en gendarmes de la sécurité d’Israël, tandis que les Palestiniens devaient supporter l’humiliation d’un « homeland » lamentable et discontinu, représentant environ 10 % de la Cisjordanie et 60 % de la bande de Gaza.
Oslo requérait de nous que nous oubliions et que nous renoncions à notre histoire de perte, de peuple dépossédé par précisément ces gens qui enseignaient à tout un chacun l’importance qu’il y avait à ne pas oublier le passé. Ainsi, nous sommes les victimes des victimes, les réfugiés des réfugiés.

La raison d’être d’Israël, en tant qu’État, a toujours été qu’il devait y avoir un État séparé, un refuge, exclusivement réservé à des juifs. Oslo lui-même était basé sur le principe d’une séparation entre les juifs et les autres, comme le répétait inlassablement Yitzhak Rabin. Pourtant, ces cinquante années écoulées, en particulier après que les colonies israéliennes commencèrent à être implantées dans les territoires occupés en 1967, l’existence des juifs est devenue de plus en plus intriquée à celle de non-juifs.

L’effort visant à séparer s’est produit simultanément, et paradoxalement, avec l’effort visant à s’emparer de plus en plus de terres, lequel, à son tour, a signifié qu’Israël avait acquis de plus en plus de résidents palestiniens. En Israël stricto sensu, les Palestiniens sont à-peu-près un million, soit près de 20 % de la population. Entre Gaza, Jérusalem Est et la Cisjordanie, la région où la colonisation est la plus dense, vivent près de 2,5 millions de Palestiniens.

Israël a construit tout un système de routes « de contournement », contournant les villes et les villages palestiniens et connectant les colonies entre elles et évitant les Arabes.

Mais le territoire de la Palestine historique est tellement exigu, et les Israéliens et les Palestiniens sont tellement mêlés qu’en dépit de leur inégalité et de leur antipathie, cette séparation franche ne se réalisera jamais, ni elle ne fonctionnera jamais, car c’est impossible. On estime qu’aux environ de 2010 il y aura une parité démographique. Que va-t-il se produire, après ça ?

Manifestement, un système privilégiant les juifs israéliens ne satisfera ni ceux qui veulent un État entièrement juif, homogène, ni ceux qui vivent là-bas, mais ne sont pas juifs. Pour les premiers, les Palestiniens sont un obstacle dont il faudra, peu ou prou, se débarrasser.

Quant aux seconds, le fait d’être palestinien dans une cité juive signifie régresser à j
amais à un statut subalterne. Mais les Palestiniens d’Israël ne veulent pas partir ; ils disent qu’ils sont déjà dans ce qui est leur pays, et ils refusent toute éventualité d’aller vivre dans un État palestinien séparé, au cas improbable où il en serait créé un. Pendant ce temps, les conditions draconiennes imposées à Arafat lui rendent difficile de soumettre les habitants hautement politisés de la bande de Gaza et de la Cisjordanie.

Ces Palestiniens ont des aspirations à l’autodétermination qui, contrairement aux calculs des Israéliens, ne montrent nul signe qu’elles s’éventeraient. Il est également évident qu’en tant que peuple arabe – et, étant donné les traités de paix froide signés respectivement entre Israël et l’Egypte et entre Israël et la Jordanie, c’est là un fait important –, les Palestiniens veulent, à tout prix, conserver leur identité de partie constitutive du monde arabo-islamique circonstant.

Pour toutes ces raisons, le problème tient au fait que l’autodétermination palestinienne en un État séparé est impraticable, exactement de la même manière qu’est impraticable le principe de la séparation entre une population arabe démographiquement mêlée et irréversiblement cohérente et une population juive. La question, je pense, n’est point tant celle d’imaginer des moyens permettant de continuer à tenter de les séparer, mais bien celle d’examiner s’il est possible, pour eux, de vivre ensemble, aussi justement et pacifiquement que possible.

La situation actuelle est une impasse décourageante, pour ne pas dire sanglante. Les sionistes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’Israël ne renonceront pas à leur désir d’un État juif séparé ; les Palestiniens veulent la même chose, pour eux, bien qu’ils ont accepté plus ou moins Oslo. Pourtant, dans les deux cas, l’idée d’un État pour « nous » entre tout simplement en contradiction avec les faits : à moins de procéder à un nettoyage ethnique ou à un «transfert en masse» comme en 1948, Israël ne dispose d’aucun moyen qui lui permette de se débarrasser des Palestiniens, ou de les transférer », comme en 1948, ni les Palestiniens de se voir débarrasser des Israéliens. Ni un camp, ni l’autre, n’a d’option militaire viable contre l’autre : c’est la raison qui fait, je suis désolé de le dire, que les deux camps ont opté pour une paix qui s’efforce d’une manière tellement patente de réaliser ce que la guerre a été incapable de réaliser.

Plus persiste ces patterns actuels de colonisation israélienne et de confinement et de résistance des Palestiniens, et moins il y aura, vraisemblablement, de réelle sécurité pour l’un et l’autre camp. Il a toujours été manifestement absurde que l’obsession sécuritaire de Netanyahu ait été formulée exclusivement en termes de soumission des Palestiniens à ses exigences.

D’un côté, lui et Ariel Sharon ont accablé de plus en plus les Palestiniens de leurs incitations à grands-cris lancées aux colons de s’accaparer toutes les terres qu’ils pouvaient. D’un autre côté, Netanyahu escomptait que de telles méthodes induiraient les Palestiniens à accepter tout ce qu’Israël faisait, en l’absence de toute mesure de réciprocité de la part d’Israël.

Arafat, soutenu par Washington, de plus en plus répressif, jour après jour. Citant les règlements d’urgence adoptés par les Britanniques en 1936 à l’encontre des Palestiniens, il a décrété récemment, par exemple, que l’incitation à la violence et au conflit raciaux et religieux, mais même de critiquer le processus de paix en lui-même ( !). Il n’y a pas de constitution palestinienne, ni de loi fondamentale palestinienne : Arafat refuse tout simplement d’accepter que des limites soient imposées à son pouvoir, à la lumière du soutien américano-israélien dont il bénéficie. Qui, de fait, pense que tout cela pourrait amener à Israël la sécurité et la soumission totale et éternelle des Palestiniens ?

La violence, la haine et l’intolérance sont générées par l’injustice, la pauvreté et la frustration du sentiment de réalisation politique. A l’automne dernier, des centaines d’hectares de terres palestiniennes ont été expropriées par l’armée israélienne autour du village d’Umm al-Fahm, qui n’est pas en Cisjordanie, mais sur le territoire « israélien » de 1948. Cela a rappelé le fait que même en tant que citoyens israéliens, les Palestiniens sont traités en inférieurs, comme des gens appartenant fondamentalement à une sorte de sous-classe vivant dans les conditions de l’apartheid.

En même temps, Israël n’ayant pas non plus de constitution, et étant donné que les partis ultra-orthodoxes acquièrent de plus en plus de pouvoir politique, des groupes et des individus israéliens juifs ont commencé à s’organiser autour de la notion d’une démocratie laïque pleine et entière pour tous les citoyens israéliens. Le charismatique Azmi Bishara, un député arabe à la Knesset, a lui aussi évoqué l’élargissement du concept de citoyenneté en tant que moyen permettant de dépasser les frontières ethniques et les critères religieux qui font, de fait, aujourd’hui, d’Israël un État non-démocratique pour 20 % de sa population.

En Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza, la situation est profondément instable et susceptible d’être exploitée. Protégés par l’armée, les colons israéliens (qui sont près de 350 000) vivent comme des gens extraterritoriaux privilégiés, qui disposent de droit que les résidents palestiniens n’ont pas. (Par exemple, les Palestiniens de Cisjordanie ne peuvent pas aller à Jérusalem, et dans 70 % de ce territoire, ils sont toujours soumis à la loi militaire israélienne, leur terre pouvant être confisquée à tout instant). Israël contrôle les ressources hydriques des Palestiniens ainsi que leur sécurité, ainsi que toutes les sorties et entrées des territoires occupés. Même l’aéroport de Gaza, flambant neuf, est soumis au contrôle de la sécurité israélienne.

Inutile d’être un expert pour voir qu’il s’agit là d’une ordonnance efficace pour étendre le conflit, et non pas pour le limiter. Ici, il faut affronter la vérité en face, et non pas l’éviter, ou pire, la nier.

Il y a des Israéliens juifs, aujourd’hui, qui parlent, de manière candide, de je ne sais quel « post-sionisme », au motif que jusqu’à présent, après cinquante ans d’histoire israélienne, le sionisme classique n’a apporté ni la moindre solution à la présence palestinienne, ni une présence juive exclusive. Je ne vois pas d’autre solution que celle consistant à commencer, dès maintenant, à parler du partage de la terre qui nous a mis aux prises les uns avec les autres, de la partager d’une manière réellement démocratique, avec des droits égaux pour chaque citoyen. Il ne saurait y avoir nulle réconciliation tant que les deux peuples, ces deux communautés de souffrances, n’auront pas décidé que leur existence est une donnée séculière et qu’elle doit être envisagée en tant que telle.

Cela ne signifie en rien une atteinte à la vie juive en tant que vie juive ni un renoncement, par les Arabes palestiniens, à leurs aspirations et à leur existence politique. Au contraire, cela signifie l’autodétermination pour les deux peuples. Mais cela signifie surtout d’être désireux d’adoucir, de minimiser et en fin de compte de renoncer à tout statut spécial de l’un des deux peuples, au détriment de l’autre.

La loi du retour, pour les juifs, et le droit au retour des réfugiés palestiniens doivent être pris en compte et refaçonnés ensemble. Les deux notions d’un Grand Israël, en tant que terre du peuple juif qui leur aurait été donnée par Dieu lui-même et celle de la Palestine en tant que terre arabe qui ne saurait être aliénée de la patrie arabe
doivent être réduites tant en matière de voilure que d’exclusivisme.

De manière significative, l’histoire millénaire de la Palestine présente, au minimum, deux précédents permettant de réfléchir en ces termes à la fois séculiers et modestes. Tout d’abord, la Palestine est, et elle a toujours été, le lieu de multiples histoires ; c’est une simplification abusive que de la penser comme principalement, ou a fortiori exclusivement juive, ou arabe. Si la présence juive est de longue date, elle n’est en aucun cas la principale.

Parmi les autres occupants des lieux, nous relèverons les Cananéens, les Moabites, les Jébuséens et les Philistins, dans l’antiquité, et les Romains, les Ottomans, les Byzantins et les Croisés, à l’ère moderne. La Palestine est multiculturelle, elle est multiethnique, elle est multi-religieuse. On ne trouverait quasiment pas de justification historique à une quelconque homogénéité, de même qu’il y a très peu de justification à de notions telles que la pureté nationale, ethnique et religieuse, de nos jours.

Ensuite, durant l’entre-deux-guerres, un petit groupe (petit en nombre, mais important) de penseurs juifs (Judah Magnes, Martin Buber, Hannah Arendt et d’autres) ont argué et ont promu un État binational. La logique du sionisme, bien entendu, a étouffé leurs efforts, mais l’idée est là, bien vivante, aujourd’hui, ici et là, parmi des juifs et des Arabes frustrés par les insuffisances et les déprédations manifestes du présent. L’essence de leur vision, c’est la coexistence et le partage, de manières qui requièrent une volonté innovatrice, audacieuse et théorique de transcender le marasme aride de l’assertion et du rejet. Une fois accomplie la reconnaissance de l’Autre en tant qu’égal à soi, je suis persuadé que la progression en avant devient non seulement possible, mais qu’elle a même un caractère passionnant.

Le premier pas, toutefois, est très difficile à faire, pour quiconque. Les juifs israéliens sont totalement isolés de la réalité palestinienne ; la plupart d’entre eux disent d’ailleurs que la réalité palestinienne ne les concerne pas réellement. Je me souviens de la première fois où je suis allé, en voiture, de Ramallah en Israël : j’eus l’impression de passer directement du Bangladesh en Californie du Sud. Et pourtant, la réalité n’est jamais aussi tranchée…

La génération de Palestiniens à laquelle j’appartiens, encore sonnée par le choc subi d’avoir tout perdu, en 1948, estime pratiquement impossible d’accepter que leurs maisons et leurs fermes leur aient été volées par quelqu’un d’autre. Je ne vois aucun moyen d’ignorer le fait qu’en 1948 un peuple en a chassé et déporté un autre, commettant de ce fait une très grave injustice.

Lire en parallèle l’histoire palestinienne et l’histoire juive, non seulement cela donne aux tragédies de l’Holocauste et de ce qui est arrivé, par voie de conséquence, aux Palestiniens, toute leur force, mais cela révèle de quelle manière, tout au long de la vie inter-reliée des Israéliens et des Palestiniens, depuis 1948, un des deux peuples – le peuple palestinien – a porté une part disproportionnée de la douleur et de la perte.

Cette formulation de la réalité historique ne pose aucun problème aux Israéliens religieux et de droite, ainsi qu’à ceux qui les soutiennent. « Oui », disent-ils, « nous avons gagné, mais c’est très bien comme cela. Cette terre est la terre d’Israël, et de personne d’autre ». J’ai entendu de tels propos, proférés par un soldat israélien assurant la protection d’un bulldozer en train de détruire un champ appartenant à un Palestinien, en Cisjordanie (tandis que son propriétaire, impuissant, assistait, effondré, à la scène), afin de construire une route de contournement.

Mais ces gens-là ne sont pas les seuls Israéliens. Pour d’autres Israéliens, des Israéliens qui veulent une paix, qui ne peut résulter, à leurs yeux, que de la réconciliation, on constate un mécontentement contre la mainmise de plus en plus importante des partis politiques religieux sur la vie israélienne, de manière générale, et contre les injustices du processus d’Oslo et les frustrations qu’elles génèrent. Beaucoup de ces Israéliens manifestent contre les expropriations de terres palestiniennes et les démolitions de maisons palestiniennes auxquelles procède leur gouvernement. Aussi éprouve-t-on un sentiment de volonté salutaire de rechercher la paix ailleurs que dans l’accaparement des terres et ailleurs que dans les attentats-suicides.

Pour certains Palestiniens, parce qu’ils sont le camp des faibles, des perdants, le fait de renoncer à une restauration pleine et entière de la Palestine arabe reviendrait à renoncer à leur propre histoire personnelle. La plupart des autres, toutefois, et en particulier la génération de mes enfants, sont sceptiques vis-à-vis de leurs aînés, et ils envisagent le futur d’une manière moins conventionnelle, ils veulent dépasser le conflit et ses pertes sans fin.

Evidemment, les establishments des deux communautés sont bien trop liés aux courants « pragmatiques » de pensée, ainsi qu’aux formations politiques actuels, pour s’aventurer dans quelque chose qui soit plus risqué, mais quelques autres (tant Palestiniens qu’Israéliens) ont commencé à formuler des alternatives radicales au statu quo. Ils refusent d’accepter les limitations d’Oslo, ce qu’un chercheur israélien a qualifié de « paix sans les Palestiniens », tandis que d’autres me disent que le véritable combat doit être mené autour de droits égaux pour les Arabes et pour les juifs, et non pas autour d’une entité palestinienne, séparée, nécessairement dépendante et faible.

Il faut commencer par développer quelque chose qui manque totalement tant à la réalité israélienne qu’à la réalité palestinienne, aujourd’hui : l’idée et la pratique de la citoyenneté, et non pas d’une communauté ethnique ou raciale, en tant que principal vecteur d’une coexistence. Dans un État moderne, tous ses membres en sont les citoyens en vertu de leur présence et du fait qu’ils partagent des droits et des responsabilités. La citoyenneté, par conséquent, confère à un juif israélien et à un Arabe palestinien les mêmes privilèges et les mêmes ressources.

Une constitution et une loi fondamentale, dès lors, devient indispensable si l’on veut quitter la case I du conflit, car chaque groupe aurait le même droit à l’autodétermination ; c’est-à-dire le droit de pratiquer sa vie commune de sa manière propre (juive, ou palestinienne), peut-être dans des cantons fédérés, avec une capitale commune, à Jérusalem, des accès égaux à la terre et des droits séculiers et juridiques inaliénables. Aucune des deux parties ne pourrait être prise en otage par des extrémistes religieux.

Pourtant, les sentiments de persécution, de souffrance et de victimisation sont tellement ancrés qu’il est presque impossible d’entreprendre des initiatives politiques qui amènent les juifs et les Arabes à adopter les mêmes principes généraux d’égalité civile, tout en évitant l’écueil du « nous, contre eux ». Les intellectuels palestiniens doivent exprimer leur cause directement aux Israéliens, lors de forums publics, dans les universités et dans les médias.

Le défi est à la fois en direction et au sein de la société civile, qui est depuis longtemps soumise à un nationalisme qui est devenu un obstacle sur la voie de la réconciliation. S’ajoute, à cela, le fait que la dégradation du discours – symbolisée par Arafat et Netanyahu se lançant des accusations à la face tandis que les droits des Palestiniens sont compromis par des préoccupations de « sécurité » exagérées – empêche toute perspective davantage généreuse et plus large d’émerger.

L’alternative est insupportablement simple : soit la guerre continue (parallèlement au coût exorbitant du processus de paix actuel), soit une issue de secours, fondée sur la paix et l’égalité (comme en Afrique du Sud, après l’apartheid) est recherchée activement, en dépit des obstacles innombrables. Une fois que nous aurons acté que les Palestiniens et les Israéliens sont là pour rester, la conclusion décente ne peut être que le besoin d’une coexistence pacifique et d’une réconciliation authentique. D’une autodétermination réelle. Malheureusement, l’injustice et la belligérance ne diminuent jamais d’elles-mêmes : il faut que tous ceux qui sont concernés s’y attaquent. Ensemble.

Edward Saïd
10 janvier 1999
Publié par ISM selon New York Times.

Lire aussi :
• SAÏD Edward, Israël-Palestine – L’égalité ou rien, La Fabrique, 1999.
• SAÏD Edward, D’Oslo à l’Irak, Fayard, 2005.
• La peur de la solution à Un État : Peres sert ses arguments bidon à Washington, ISM.

Guerre coloniale et luttes sociales

En Israël, Ehoud Olmert fait campagne électorale à la tête de Kadima pour succéder à Sharon, toujours dans le coma. Loin d’offrir aux israéliens un programme susceptible de sortir de la politique suicidaire conduite par Sharon, il imite son prédécesseur.
Il a multiplié les attaques contre les Palestiniens : raid à Jéricho pour détruire la prison et capturer Ahmad Saadat, raid à Gaza et surtout renforcement du blocage des territoires pour faire payer à la population la victoire électorale du Hamas.

Ce comportement criminel n’est pas dénoncé et les faits sont à peine cités par les médias ou retournés à l’avantage du terrorisme de l’État d’Israël. L’insensibilité face aux drames quotidiens de cette guerre coloniale, qui enferme les israéliens dans le rôle de bourreau des palestiniens, est écœurante. Se taire, c’est être complice des crimes perpétués depuis 58 ans.

La population israélienne est lasse de cette guerre, qui ne profite qu’à quelques milliers de colons instrumentalisés par les partis de droite et d’extrême-droite. Le prétexte sécuritaire devient de moins en moins crédible alors que le Hamas a cessé, depuis un an, sa politique suicidaire des attentats.
La question sociale a donc brusquement refait surface dans cette campagne des législatives. Car si la guerre coloniale touche d’abord la population palestinienne, réduite à la lutte quotidienne pour sa survie, elle touche aussi les millions d’israéliens condamnés à la pauvreté.

L’économie israélienne est une économie de guerre qui ne profite qu’à quelques uns et engendre la précarisation et la pauvreté de la majorité de la population. Cette ségrégation sociale touche surtout les israéliens originaires du Maghreb et du Machrek – appelés les juifs orientaux par opposition à ceux originaires des pays d’Europe centrale.
Les conflits sociaux furent longtemps masqués par les discours guerriers et sécuritaires d’une politique coloniale aussi cruelle qu’inefficace. Car, maintenir les Palestiniens dans les prisons à ciel ouvert des bantoustans, crée plus de problèmes qu’il n’en résout.

Il est réconfortant qu’une partie de la gauche israélienne fasse campagne sur la question sociale. C’est un premier pas, certes timide, pour modifier la manière de résoudre la question politique – celle de la colonisation, dont la majorité des israéliens sont aussi les victimes.
Alors que les nationalismes israélien et palestinien sont dans l’impasse, il est en effet temps d’envisager la création d’un État démocratique dans lequel les deux peuples pourront vivre à égalité de droits et de devoirs sur la même terre.

Ce fut le sens du combat d’Edward Saïd [1], mort en 2003 d’une leucémie, et c’est celui de Marwan Bishara [2] et de l’Initiative Nationale Palestinienne [3], groupe qu’il est urgent de découvrir et de soutenir.
Nous devons soutenir toutes les initiatives israéliennes et palestiniennes qui veulent mettre un terme à la guerre coloniale et partager le même État entre les deux peuples [4].

Serge LEFORT
25 mars 2006


[1] SAÏD Edward, D’Oslo à l’Irak, Fayard, 2005.
[2] BISHARA Marwan, Palestine/Israël – La paix ou l’apartheid, La Découverte, 2001.
[3] INP sur Google. Voir aussi les dossiers :
Le Monde diplomatique.
Libération.
Le Monde.
BARGHOUTI Moustapha, Rester sur la montagne – Entretiens sur la Palestine avec Éric Hazan, La Fabrique, 2005.
[4] Lire les articles d’israéliens :
France Palestine.
Protection Palestine.
Sur la question sociale au Moyen-Orient : COSME Théo, Moyen-Orient 1945-2002 – Histoire d’une lutte de classes, Senonevero, 2002.