Palestine en Question

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La question de Palestine

Bibliographie histoire

 

En 1799, l’armée de Napoléon Bonaparte entre en Palestine. C’est le débat d’une redécouverte de la Terre sainte, qui dés lors s’ouvre progressivement aux Occidentaux. Les Puissances vont aller jusqu’à se faire la guerre pour établir leur protectorat sur les Lieux saints, les archéologues font des rouilles pour démontrer la véracité du texte biblique aria à mal par la critique historique,
La petite Palestine devient ainsi un enjeu de luttes politiques et de confits scientifiques. Elle-même se transforme considérablement durant un long XIXe siècle marqué par les reformes modernisatrices de l’Empire ottoman. Société levantine, elle découvre au début du XXe siècle les premières formes de nationalisme.
De l’opposition entre science et religion naît historicisation du texte sacre qui fait du peuple juif un acteur de ]’Histoire. A partir de l880, au moment cor le libéralisme européen s’épuise, la montée des différentes formes d’antisémitisme génère l’expression d’un nationalisme dont la forme la plus radicale sera le sionisme.
Ce livre rapporte comment, grâce aux « israélites » français, la première colonisation juive a été possible. Dès les années 1900, le sionisme commence à se heurter au nationalisme arabe palestinien. Durant la Grande Guerre, Français et Anglais mènent une politique hésitante et contradictoire destinée à leur assurer le soutien des mondes ,juif et musulman dont la force véritable est surestimée. De 1919 à 1922, les Britanniques obtiennent bien un. mandat sur la Palestine, mais, au moment où la charte dudit mandat est: ratifie par la Société des nations (juillet I922), la contradiction des engagement pris est patente en dépit d’une savante construction politique.
De 1799 à 1922, la vieille Terre sainte des religions devient la Terre sainte ces nations. Plus le monde est censé se désenchanter, plus la sacralité de cette région se renforce pour devenir la cause de nouvelles violences.

Henry LAURENS, La question de Palestine Tome 1 – L’invention de la Terre sainte (1799-1922), Fayard , 1999 [Texte en ligne].

Il n’existe aucun équivalent dans aucune langue de l’entreprise exceptionnelle que représente la trilogie de Henry Laurens sur les origines du conflit israélo-arabe, dont voici le deuxième volume. C’est précisément durant le mandat britannique (1922-1947) que s’est noué l’antagonisme qui ensanglante le Proche-Orient : premières véritables implantations juives, achats de terres, dissolution de l’Empire ottoman, rôle prépondérant du pétrole dans l’économie de la région… Jérusalem est plus que jamais un symbole. En 1917, la déclaration Balfour promet la création d’un « foyer national juif ». La guerre mondiale réduit très fortement l’immigation juive. Même après les abominations de la Shoah, la création d’un État d’Israël mettra du temps à se réaliser. Ni les Arabes ni les Juifs ne peuvent se montrer satisfaits des vingt-cinq années du mandat.

Henry LAURENS, La question de Palestine Tome 2 – Une mission sacrée de civilisation (1922-1947), Fayard , 2002 [Texte en ligne].

Ouverte dès le XIXe siècle, la question de Palestine a pris un caractère particulièrement aigu après la Seconde Guerre mondiale. En dépit des apparences et des idées reçues, ce n’est pas la Shoah qui a accéléré le dessein des Juifs de fonder un « foyer national », mais plutôt le déclin de la puissance européenne, en particulier de la Grande-Bretagne au Moyen-Orient. Durant le conflit et juste après, ce sont en effet le Liban, la Syrie, l’Irak, la Jordanie qui se trouvent débarrassés des mandats confiés en 1919 par la SDN à la France et à l’Angleterre, et quelques années plus tard, l’Égypte elle-même acquiert son indépendance. Pour les sionistes, le moment est venu. La création d’Israël est décidée à l’arraché à l’ONU. Mais les pays arabes, estimant que ce nouvel État, créé à leurs dépens, n’a été voulu par les Européens que pour se racheter de la destruction des Juifs d’Europe, ne s’inclineront jamais devant le partage de la Palestine. Incursions des uns dans le territoire des autres, sabotages, luttes pour la terre et pour l’eau douce, rancoeurs et haines, jeu des grandes puissances et des puissances déclinantes empêcheront jusqu’à nos jours qu’une issue soit trouvée. Quant aux souffrances des Palestiniens, elles seront bien longues à être prises en compte.

Henry LAURENS, La question de Palestine Tome 3 – L’accomplissement des prophéties (1947-1967), Fayard , 2007 [Texte en ligne].

5 juin 1967-4 juin 1982 est une étape décisive de la question de Palestine, le moment où le conflit israélo-arabe connaît son apogée pour ensuite tendre à se transformer en conflit israélo-palestinien. L’occupation par Israël de la totalité de la Palestine mandataire remet en avant la dimension première du conflit, l’opposition des deux peuples. La révolution palestinienne contrecarre les projets des États arabes au risque d’une confrontation armée. La guerre de 1973 restaure l’honneur des États arabes et ouvre un processus de paix bien ambigu tandis que le Liban bascule dans une guerre civile qui attire à elle Israéliens et Palestiniens.

Henry LAURENS, La question de Palestine Tome 4 – Le rameau d’olivier et le fusil du combattant (1967-1982), Fayard , 2011 [Texte en ligne].

Juin 1982-janvier 2001 : si cette vingtaine d’années est marquée, en Israël et dans les territoires palestiniens, par de nombreuses violences, elle voit aussi la mise en place de ce qu’on appelle depuis le processus de paix.
Se confrontent ici deux logiques : la situation sur le terrain et les initiatives diplomatiques. Henry Laurens propose une chronique détaillée de la première comme des secondes, tout en exposant les évolutions politiques internes aux différentes parties impliquées – l’Autorité palestinienne et Israël, mais aussi les États-Unis, la Syrie, l’Égypte. Il explique avec clarté les avancées, les revirements, les blocages et les principaux points d’achoppement, rendant intelligibles des notions et des événements qui paraissent parfois obscurs aux non-spécialistes. En se plaçant au plus près des acteurs, il montre toute l’importance du facteur humain dans des négociations qui concernent des peuples et des territoires.

Henry LAURENS, La question de Palestine Tome 5 – La paix impossible (1982-2001), Fayard , 2015 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Henry LAURENS, CairnCollège de FranceFayard.
Dossier documentaire Géo-Histoire globale, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

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Une histoire photographique des Palestiniens (1876-1948)

Walid KHALIDI, Before Their Diaspora – A Photographic History of the Palestinians 1876-1948, Institute for Palestine Studies, 1984 réédition 2010 – édition en ligne :
Sommaire
Images légendées

Lire aussi :
• Bio-Bibliographie Walid KHALIDI, Wikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 22/10/2012].
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Hommage à Naji al-ALI

Ce caricaturiste palestinien assassiné à Londres en 1987 a publié, des années 60 jusqu’à sa mort, quelques 10 000 dessins dans une quinzaine de journaux arabes. Leur popularité est encore manifeste aujourd’hui tout comme leur pertinence quant aux évènements politiques dans le « monde arabe ». Pour qui veut comprendre la situation passé et présente en Palestine ainsi que les révoltes populaires arabes actuelles. En découvrant ces dessins, vous deviendrez témoin de la réalité de Handala, ce personnage créé par Naji al-Ali apparaissant dans tous ses dessins.

Naji al-ALI, Le livre de Handala – Les dessins de résistance de Naji al-Ali‏ ou l’autre histoire de Palestine, Scribest Publications, 2011 [Marina DA SILVA, Les blogs du Diplo – Alain GRESH, Les blogs du DiploInternational Solidarity Movement].

Lire aussi :
• Naji al-ALI, Monde en QuestionWikipédia.
Revue de presse Palestine colonisée 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Rester humain à Gaza

Dès les premiers pilonnages de l’armée israélienne (à l’heure de la sortie des écoles !), alors que tout accès à la bande de Gaza était impossible et que les consulats respectifs évacuaient leurs résidents, seuls quelques volontaires décidèrent de rester et de lier ainsi leur sort à celui du peuple de Gaza.

Parmi eux, médecins de l’ONG Norwac et Vittorio Arrigoni, journaliste et militant pacifiste d’ISM qui nous livre ici les notes de son journal de bord tenu pendant trois semaines (et au-delà) d’horreur absolue et de destruction gratuite.

Vittorio ARRIGONI, Rester humain à Gaza – Décembre 2008-Juillet 2009, Scribest Publications, 2011 [CAPJPO – EuroPalestineInternational Solidarity MovementPlate-forme Charleroi-Palestine].

Lire aussi :
• Vittorio ARRIGONI, Monde en QuestionWikipédia.
Revue de presse Guerre contre Gaza 27 décembre 2008, Monde en Question.
Revue de presse Guerre contre Gaza 18 janvier 2009, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Revue de presse Palestine 05/08/2011

05/08/2011, Christophe OBERLIN, Chroniques de Gaza 2001-2011, Demi Lune, 2011 [Investig’ActionInfo-PalestineRéseau VoltaireRevista ContralíneaSilvia CattoriYouTube]

Chroniques de Gaza 2001-2011, est un de ces ouvrages bouleversants dont la lecture vous laisse changé. Dans une succession de très courts chapitres, son auteur, le chirurgien français Christophe Oberlin, nous fait découvrir par petites touches, dans une langue simple et sobre, l’émouvante humanité d’un peuple et le courage avec lequel il affronte le siège cruel qui lui est imposé par l’occupant colonial israélien avec la lâche complicité de la « communauté internationale » et de nos principaux médias d’ « information ». Pas de pathos, mais une succession d’épisodes et d’expériences, au contact de gens frappés par la violence, dévoilent la terrible réalité quotidienne.

05/08/2011, Entretien sur les protestations en Israël, La Bataille socialiste

Israël est secoué par le plus fort mouvement social depuis la création de l’État en 1948. Pour bien comprendre le mouvement, il faut faire un point rapide sur la situation sociale en Israël qui est loin d’être, pour les travailleuses et les travailleurs, une « terre promise ». Pour juste donner un exemple, les salaires n’ont quasiment pas augmenté alors que ces cinq dernières années, la population a subi une inflation de 16%, et près de 30% pour les produits alimentaires. 25% de la population israélienne vit en dessous du seuil de pauvreté, et à cela il faut ajouter les politiques de privatisation qui s’en prennent à des secteurs comme l’éducation ou la santé publique. Chez les jeunes travailleurs d’Israël, il n’est pas rare d’avoir deux ou trois emplois précaires pour essayer de joindre les deux bouts…

05/08/2011, Bernard AVISHAI Memo to the marchers, Ha’aretz

Are our economic problems a result of the absence of peace? If we continue with the peculiar version of “Zionism” that Prime Minister Benjamin Netanyahu represents, are things bound to get worse? Yes. Hell, yes.

Without peace, in short, the “start-up nation” is bound to run down. And the marches prove that the young of Tel Aviv ? with global experiences and cosmopolitan instincts ? do not live in a bubble. It is Netanyahu and the right, settlers and the Orthodox and Russian Putinists, who live in a bubble. God willing, the streets of Tel Aviv will burst it even before the streets of Ramallah do.

05/08/2011, Rapport sur les violations israéliennes des droits humains, Info-Palestine

05/08/2011, Dépêches du 5 août 2011, Info-Palestine

05/08/2011, Zeev STERNHELL, From protest to power, Ha’aretz

In these times of hope and anticipation, it is difficult not to wonder what form the protest might have taken, and what results it might already have achieved, if there had been a large and authentic social-democratic party here with a labor union worthy of the name, at its side. Indeed a spontaneous uprising that does not find political expression very soon, and does not threaten those who are in power, will of necessity have very limited achievements.

Therefore the young demonstrators would do well to remember May 1968 in Europe. Beyond the obvious differences, there is a common denominator: a protest that does not find immediate political expression is destined to disintegrate.

04/08/2011, En Israël, les protestations continuent, Solidarité Ouvrière

Un point sur le mouvement de protestation en Israël sur la base des informations publiées par le Parti Communiste d’Israël.

Lire aussi :
Revue de presse Palestine colonisée 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Mur de l’Aparteid, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.

Quel État ? Pour quelle Palestine ?

Après plus de soixante années d’occupation et de colonisation israéliennes, l’État palestinien a souvent été annoncé, mais jamais réalisé. S’il y a bien présence d’un territoire, celui-ci est réduit et émietté ; s’il y a un pouvoir politique, il est contesté et depuis 2007 divisé ; s’il y a une vie socioéconomique, elle est dépendante et soumise. Seul demeure un peuple – sûr de son droit – dont plus de la moitié est réfugiée ou exilée, soit sur son propre territoire, soit à l’extérieur.

Dans ce contexte, comment fonder cet État, sur quelles réalités socioéconomiques, sur quelles bases constitutionnelles et autour de quel ordre juridique et politique le construire ? Ce sont toutes ces questions qu’envisage le présent ouvrage, fruit d’un colloque tenu à Dijon fin novembre 2009.

Raphaël PORTEILLA, Jacques FONTAINE, Philippe ICARD et André LARCENEUX, Quel État ? Pour quelle Palestine ?, L’Harmattan, 2011 [Table des matières].

Lire aussi :
• Guillaume VAREILLES, Les frontières de la Palestine 1914-1947, L’Harmattan, 2011.
• Charlotte SULTANA, Palestine/Israël deux peuples sur une terre, L’Harmattan, 2010.
Chronique Colonisation de la Palestine 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Mur de l’Aparteid, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
• L’actualité des livres
Centre National du Livre
Veille littéraire CNL

Israël, Parlons-en !

Voilà qui peut paraître étrange tant les médias nous parlent d’Israël. Mais les raisons du conflit sont-elles claires ?

Israël : terre sans peuple pour un peuple sans terre ? Démocratie en légitime défense ou Etat d’apartheid ? Choc des civilisations, conflit religieux ou enjeu pétrolier ? Pourquoi une solution paraît-elle impossible ?

Michel Collon a interrogé 20 témoins et spécialistes. Israéliens et Arabes, juifs et musulmans, Européens et Américains. Chacun éclaire une question spécifique dans un langage simple et direct.

Pourquoi parler d’Israël ? Pour tenter de mener un débat raisonné. Entre ceux qui crient à l’antisémitisme dès qu’on critique le gouvernement israélien et ceux qui imaginent un grand complot juif.

Comment parler d’Israël ? En laissant de côté les préjugés et en découvrant tous les faits, les pages d’Histoire occultées.

Lever tous les tabous c’est permettre à chacun de se faire son opinion librement. Et de débattre autour de soi. Car ce conflit se joue aussi bien au Moyen-Orient qu’en Europe. C’est de la discussion entre citoyens de tous horizons que surgiront les solutions pour la paix.

Michel COLLON, Aurore VAN OPSTAL, Abdellah BOUDAMI, Israël, parlons-en !, Editions Couleur, 2010 réédition 2011 [DailymotionInfo-PalestineInvestig’Action 2010Investig’Action 2011Le Grand Soir].

Lire aussi :
Chronique Colonisation de la Palestine 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Mur de l’Aparteid, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.

À la recherche de la Palestine

Septembre 1993 : l’image de la poignée de main entre Yasser Arafat et Itzhak Rabin fait le tour du monde. C’est le début du processus d’Oslo. Septembre 2000 : la Cisjordanie et Gaza s’embrasent. Le caractère illusoire de la rhétorique du « processus de paix » est révélé au grand jour. Janvier 2006 : le Hamas, organisation hostile aux accords signés depuis 1993, remporte les élections législatives. Les Palestiniens réaffirment leur rejet de la prétendue paix d’Oslo. 2011 : c’est « l’impasse ».

Ces événements sont connus. Ce qui l’est moins, c’est la logique qui sous-tend l’évolution de la question palestinienne depuis 18 ans. Elle permet pourtant de comprendre que « l’impasse » était prévisible, et ce dès 1993. Ce livre n’entend pas analyser de manière exhaustive cette logique, mais plutôt l’éclairer afin de mieux pouvoir appréhender le présent et questionner l’avenir : la parenthèse d’Oslo se referme, l’État palestinien indépendant n’aura été qu’une promesse et une nouvelle réalité s’impose.

Les chroniques, interviews et analyses regroupées dans cet ouvrage ont été rédigées entre 2007 et 2011. Elles offrent au lecteur un panorama de la société palestinienne, ainsi que des clés de compréhension originales des dynamiques politiques à l’œuvre en Cisjordanie et à Gaza. De la crise historique du Fatah à la question de la « résistance non violente », en passant par la vie quotidienne et ses anecdotes significatives, ce livre aborde des thématiques variées et propose une approche singulière et sans concession de la question palestinienne, au-delà des clichés, de l’aveuglement idéologique et du refus de se confronter aux faits.

Julien SALINGUE, À la recherche de la Palestine – Au-delà du mirage d’Oslo, Editions du Cygne, 2011.

Militant de la Ligue Communiste Révolutionnaire et des Jeunesses communistes révolutionnaires, militant du mouvement de solidarité avec la Palestine, enseignant et doctorant en science politique, secrétaire du Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient (CCMO), Julien Salingue est spécialiste de la question palestinienne. Ses recherches portent notamment sur le système politique palestinien contemporain. Depuis 2001, il s’est rendu régulièrement en Cisjordanie et, dans la mesure du possible, à Gaza. L’essentiel de ses travaux sont consultables sur son blog.

Lire aussi :
• Lettre d’information n°5, BDS France, 14/03/2011.
Dossier documentaire & Bibliographie Julien SALINGUE, Monde en Question.
• L’actualité des livres
Centre National du Livre
Veille littéraire CNL
Dossier Guide des ressources documentaires, Monde en Question.

Il n'y aura pas d'État Palestinien

Le titre de ce livre peut paraître pessimiste pour toux ceux continuent à militer pour la création d’un État palestinien alors que dans les faits ce processus est dans l’impasse depuis bientôt vingt ans. Après Edward Saïd, Ziyad Clot conclut que l’occupation durant soixante-quatre ans a créé dans les faits un État binational, mais ni le gouvernement d’Israël ni les dirigeants palestiniens en Cisjordanie (Autorité palestinienne) et à Gaza (Hamas), qui collaborent avec l’occupant, n’ont intérêt à le reconnaître pour des raisons différentes mais convergentes.

Il n’y aura pas d’État palestinien, selon l’auteur, parce qu’il n’y a plus de bases géographiques garantissant sa viabilité. Les frontières de 1967, qui privaient déjà le peuple palestinien de la Galilée, d’une grande partie de la bande de Gaza et de territoires rattachés avant cette guerre à la Cisjordanie, ne constituent déjà qu’un minimum à peine vital. Le morcellement continu des terres arabes de Cisjordanie, sous l’effet de la colonisation, de l’occupation par l’armée israélienne d’une bande de terre le long de la frontière jordanienne et d’un mur qui coupe en deux les propriétés agricoles, s’ajoute aux conditions de circulation difficiles du fait des check points.

Il n’y aura pas d’État palestinien, d’après Ziyad Clot, parce que l’actuelle autorité palestinienne n’a ni le pouvoir ni même plus l’autorité morale pour mener à bien les négociations qui pourraient aboutir à sa création. Face à un État israélien militairement surpuissant, soutenu sans faille et sans aucune objectivité par les États-Unis et maîtrisant nombre de canaux d’information internationaux, même si cette situation change rapidement, la Sulta ne fait que gérer l’urgence, au plan des symboles le plus souvent.

Il n’y aura pas d’État palestinien enfin, toujours d’après l’auteur, parce que rares sont les parties qui y ont vraiment intérêt. Jamais Israël et les États-Unis n’accepteront de donner des prérogatives de souveraineté, qui incluent notamment la politique étrangère et la constitution d’une armée, sans que cela ne soit pris par son opinion comme une épée de Damoclès. Cette autorité palestinienne permet juste à l’État hébreu de ne pas intégrer en son sein les millions de Palestiniens tout en empêchant l’émergence d’une autre puissance hostile. Les États arabes environnants, qui tant de fois ont instrumentalisé la cause palestinienne, n’ont aucun intérêt à voir émerger un tel État sur lequel aucun d’entre eux ne pourra avoir la maîtrise totale. On se demande même, à lire la longue série des renoncements de la Sulta, si cette dernière a intérêt à voir émerger cet État qui, démocratique, pourrait faire payer très cher à l’OLP et au Fatah leur corruption et leur éloignement.

Ce sombre tableau ne serait pas complet sans parler d’un acteur du quartet dont les silences sont assourdissants, à savoir l’Union européenne. Cette dernière est la principale pourvoyeuse de fonds de la Sulta mais jamais l’expression de « machin », employée par le général de Gaulle pour la caractériser, n’aura été si porteuse de vérité. Son rôle dans le processus d’Annapolis, à lire l’auteur, se résume à celui d’un ectoplasme sans mains et sans voix, voire d’une sorte d’idiot utile des États-Unis et d’Israël. L’Union européenne condamne sans conséquences la colonisation, la destruction de maisons palestiniennes au mépris des droits les plus élémentaires, ce qui valut aussi pour l’opération Plomb durci. Son indignation à dimension variable suit souvent de près celle des États-Unis ; l’attitude de la France est à peine détachée de cet
ensemble.

Esprit Critique

L’intérêt du témoignage de Ziyad Clot est résumé par Alain Gresh :

Franco-Palestinien ne parlant pas l’arabe, il est recruté par le département de négociations de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Il doit participer au processus de paix lancé par le président George W. Bush à Annapolis en novembre 2007, censé déboucher sur la création d’un État palestinien en 2008. Il se lance à corps perdu dans le travail pour y découvrir, étape par étape, que ces pourparlers ne font que masquer ce qui se passe sur le terrain : colonisation, judaïsation de Jérusalem, checkpoints, arrestations arbitraires, etc.

Les révoltes populaires, qui ont chassé du pouvoir Zine Ben Ali en Tunisie et Hosni Moubarak en Egypte, risquent de déborder en Palestine où la population vit dans la précarité sous la botte de l’occupant israélien et les collabos de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et du Hamas à Gaza [1].

12/02/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Ziyad CLOT, Il n’y aura pas d’État Palestinien – Journal d’un négociateur en Palestine, Max Milo, 2010 [Esprit Critique n°100 p.12 à 14 – EuroPalestineInfo-PalestineLe Monde diplomatique].

« J’ai acheté un billet d’avion El Al. Destination aéroport Ben Gourion. Tel-Aviv. Israël. Il y a 60 ans, ma mère est née à quelques dizaines de kilomètres de là. À Haïfa, en Palestine. »

Ainsi débute le récit du « retour » de Ziyad Clot, petit-fils d’exilés palestiniens. À Ramallah, il accepte un poste de conseiller juridique auprès de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et devient négociateur, participant aux pourparlers qui devaient mener à la création de l’État palestinien avant la fin de l’année 2008. Mais il se résout rapidement à l’évidence : « Le processus de paix est un spectacle, une farce, qui se joue au détriment de la réconciliation palestinienne, au prix du sang versé à Gaza. Et je suis en train de devenir bien malgré moi un des acteurs de ce drame. »

L’auteur nous plonge au cœur du processus de paix, dévoile les faux-semblants, les manœuvres des parties menées en coulisses et les rivalités internes et internationales qui contribuent à alimenter le fantasme de la solution des deux États. Ce témoignage édifiant, imprégné d’histoire personnelle, montre comment et pourquoi les négociations visant à créer l’État palestinien sont devenues vaines. Pour l’ex-négociateur, une solution pacifique à ce conflit ne peut plus passer que par un État unique au sein duquel Palestiniens et Israéliens devront vivre ensemble. Ce pays hybride, « Israeltine », est d’ailleurs déjà là.

Lire aussi :
• Entretien avec Ziyad Clot : Les Palestiniens n’avaient aucun intérêt à négocier avec Israël, Jeune Afrique, 10/02/2009.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Proche Orient : peut-on rêver d’un État palestinien ? », Public Sénat, 16/09/2010.
• Les négociations israélo-palestiniennes, RFI 1/22/2, 18/09/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Point sur les négociations israélo-palestiniennes », Les matins France Culture, 22/09/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Il n’y aura pas d’État Palestinien », RFI, 25/09/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Les négociations israélo-palestiniennes sont une farce », Jeune Afrique, 27/09/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot, ancien membre de l’équipe de négociateurs de l’OLP, France24, 27/09/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Il n’y aura pas d’État palestinien », OummaPalestine – Solidarité, 10/11/2010.
• Entretien avec Ziyad Clot : « Un État palestinien est-il encore possible ? », Radio Orient, 27/11/2010.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.


[1] Le Hamas et l’OLP répriment toute action de solidarité avec l’Egypte, WSWS, 10/02/2011.

La mauvaise conscience d'Israël

LEIBOWITZ Yeshayahou, La mauvaise conscience d’Israël – Entretiens avec Joseph Algazy, Le Monde, 1994 [Texte en ligne].

Chapitre 7 Essence et naissance de l’État d’Israël

J.A. — Quelle est, d’après vous, l’essence de l’État d’Israël ?
Y. L. — L’État d’Israël est le cadre constitutif de l’indépendance nationale et politique que le peuple juif avait perdue il y a deux mille ans.
C’est également la définition que je donne du sionisme. Mais j’ajoute aussitôt que la création de l’État d’Israël n’a pas résolu le problème du peuple juif, ni la crise d’identité dont il souffre…

— …Ni le problème de sa sécurité ?
— Jamais le peuple juif n’avait bénéficié, dans le monde, d’autant de sécurité qu’aujourd’hui. Le seul pays au monde dans lequel les Juifs sont en danger, c’est… l’État d’Israël.

— Pourquoi l’État d’Israël n’inclurait-il pas aussi la Cisjordanie, tout Jérusalem ?
— Parce qu’alors il cesserait d’être l’État du peuple juif, pour devenir un État de Juifs et d’Arabes. Avec les Territoires, l’État d’Israël n’est pas l’État du peuple juif : il comprendrait deux millions et demi d’hommes qui ne sont pas juifs (y compris les 800 000 citoyens arabes d’Israël). En soi, je ne trouve évidemment rien de mal à ce que des non-Juifs vivent en Israël.
Ce qui est mauvais, c’est que l’État d’Israël occupe ces territoires contre le gré de ces deux millions et demi de personnes, qu’il prive de droits civiques, de droits politiques.
Si bien que l’État d’Israël aujourd’hui n’est pas l’État du peuple juif, mais l’appareil d’un pouvoir violent sur un autre peuple. Moi, au contraire, je veux que l’État d’Israël soit uniquement l’État du peuple juif. Le « Grand Israël » ne peut pas être l’État du peuple juif. Disant cela, je ne me réfère pas à un quelconque postulat moral : j’établis un fait.

Chapitre 10 Le piège de l’occupation (1967-1993)

« Placer un million et demi d’Arabes sous l’autorité juive, c’est ébranler l’essence humaine et juive de l’État [d’Israël] et détruire la structure sociale que nous avons établie ; c’est couper l’État [d’Israël]du peuple juif dans le monde comme de la continuité de l’histoire et de la tradition juives, c’est anéantir le peuple juif et pervertir l’homme israélien. »
« Eretz Israël hashlema [le « Grand Israël »] n’est qu’un monstre catastrophique. Tout autre expédient – annexion, protectorat ou fédération – ne sera que de sales trucs colonialistes. Dans ce « Grand Israël », il n’y aura ni ouvrier juif ni paysan juif. Les Arabes formeront le peuple travailleur et nous deviendrons le peuple des managers, des inspecteurs, des fonctionnaires et des gendarmes, et en particulier des barbouzes. Dans ce monstre baptisé « Grand Israël », l’organisme le plus important et le plus structurant sera le Shin Beit [les services israéliens de renseignements]. Il y a quelques années, le mot d’ordre le plus répandu en Israël était : « Les meilleurs pour l’aviation ! » Dans l’avenir, on dira : « Les meilleurs pour le Shin Beit ! »»
« Quand je dis « les meilleurs pour le Shin Beit », ce n’est pas de la démagogie. Les autorités auront vraiment besoin pour les services secrets des hommes les meilleurs, les plus qualifiés. Et cela influera inévitablement sur l’atmosphère spirituelle de l’État et de la société. Cela empoisonnera l’éducation, cela nuira à la liberté de pensée et de critique dans la population juive. Pour les Arabes, on installera des camps de concentration, on dressera des potences. Un tel État ne méritera pas d’exister, mieux vaudrait ne pas le laisser naître. »

— Durant l’invasion du Liban, en juin 1982, pour la première fois, je crois, aucune justification d’ordre religieux ne fut avancée. L’establishment israélien s’est fondé sur la conscience de la force, de la supériorité d’Israël.
— Justement. L’invasion du Liban a été [en français] une folie criminelle. Reste à savoir ce qui, de la folie ou du crime, était dominant. L’establishment israélien voulait notamment installer au Liban un protectorat dirigé par un Quisling, comme celui que Hitler avait mis en place en Norvège. Mais l’invasion du Liban a échoué, et Israël occupe toujours une partie du territoire libanais, dite « zone tampon », où il entretient une milice composée de mercenaires, la prétendue « armée du Liban-Sud ».
L’invasion du Liban en 1982, je le répète, c’était [en français] une folie criminelle. N’oubliez pas que l’année précédente avait été une année de calme pour le nord d’Israël. Pas un seul missile Katioucha n’était tombé sur notre territoire. Aucun terroriste ne s’était infiltré. On n’avait pas relevé d’acte de sabotage. Pas un habitant du nord d’Israël n’avait dû se réfugier dans les abris. C’est nous qui avons rompu le calme, et cassé l’accord officieux intervenu entre Israël, l’OLP et les alliés libanais des uns et des autres. C’est nous qui avons envahi le Liban pour liquider l’OLP et installer un « nouvel ordre » au pays du Cèdre.

— Admettons qu’Israël, tout en refusant de se retirer des territoires occupés, accepte d’accorder aux habitants palestiniens des droits politiques et civiques, est-ce que…
— (Haussant le ton.) Non ! Octroyer des droits politiques et civiques aux Palestiniens des territoires occupés, cela voudrait dire que 40 % de la population de l’État d’Israël seraient désormais arabes.

— Vous parliez à l’instant de catastrophe. Qu’entendez-vous par là ? La guerre ?
— D’une part, effectivement, il y a le risque d’une guerre continue avec les Arabes. Mais également, d’autre part, le risque que l’État d’Israël devienne un État fasciste. L’État d’Israël n’est pas encore fasciste, mais il en a pris le chemin. Quand je parle d’un danger fasciste, j’inclus l’installation de camps de concentration pour des Juifs.

— Pour quels Juifs ?
— Des Juifs comme moi, comme vous.

— Vous pensez vraiment qu’en Israël quelqu’un oserait faire une chose pareille ?
— Non seulement ils oseront le faire, mais ils le feront ! Si la situation actuelle empire. Ce sera indispensable pour sauvegarder ce pouvoir. Nous mènerons, je vous l’ai dit, une guerre [en français] à outrance avec l’ensemble du monde arabe, du Maroc à l’ouest jusqu’au Koweït à l’est. Dans cette situation, le reste du monde manifestera sa sympathie aux Arabes. Israël se ruinera du dedans et du dehors. La seule alternative, c’est le partage de la terre entre les deux peuples qui y vivent.

— Permettez-moi d’insister : comment Israël se transformerait-il en un État fasciste ?
— Je vous ai dit que nous en avions pris le chemin.

— Comment ? Vous parlez librement, moi aussi, et d’autres comme nous disent ce qu’ils veulent. Aucun d’entre nous n’a été arrêté.
— Je n’ai pas dit que nous étions un État fasciste, mais que nous en avions pris le chemin.

— Quand et comment se produira le tournant ?
— Nous avons déjà des camps de concentration dans lesquels sont internés plus de dix mille personnes.

— Oui, mais ces prisonniers-là sont des Arabes, des Palestiniens.
— C’est vrai. Mais notre tour viendra.

— Que doit-il se passer pour que nous, des Juifs, nous soyons aussi internés ?
— Pour maintenir sa domination sur les territoires occupés, le pouvoir sera un jour amené à réprimer l’opposition intérieure à cette politique.

— Vous voulez dire l’opposition juive ?
— Oui.

Chapitre 13 Regards sur le siècle

— L’État d’Israël n’admet ni ne nie disposer de la bombe atomique.
— Qu’est-ce que ça veut dire, n’admettre ni ne nier ? C’est
un peu comme — j’en ai déjà parlé, mais c’est essentiel – quand l’État d’Israël est le seul État occidental à autoriser légalement, au cours des interrogatoires de suspects, la pratique de la torture pour arracher des informations ou des aveux. Interdite légalement dans plusieurs pays d’Europe avant même la Révolution française, la torture reste autorisée légalement chez nous ! Israël compte aujourd’hui parmi les États les plus barbares au monde : torturer, c’est un acte de barbarie primitive. Et tout cela sous couvert d’intérêt national !

— La même logique nationale permet de présenter la possession de la bombe atomique comme une sorte de police d’assurance.
— L’arme atomique n’est pas une police d’assurance, mais un instrument de menace. Mais il est clair que ce sont des menaces en l’air : Israël ne pourra pas utiliser l’arme nucléaire. Car, s’il le faisait, il s’anéantirait lui-même.

— Ce que vous dites là, les autorités israéliennes ne le savent-elles pas ?
— N’oubliez pas Voltaire. L’histoire est un ramas de crimes, mais aussi de folies.

— Voulez-vous dire que les dirigeants de l’État d’Israël sont fous ? Criminels ?
— (D’un ton catégorique.)Oui.

— Nous ne parlons pas de tel ou tel dirigeant, mais de tout un pouvoir.
— Je le sais. Et je répète : ce pouvoir est criminel. Absolument. Quand un organisme judiciaire autorise la pratique de la torture durant les interrogatoires, je ne peux que parler de crime. D’un énorme crime.

Chapitre 14 L’imbroglio moyen-oriental

J. A. — Alors que nous nous entretenons, Israël est à nouveau confronté au terrorisme. A Jérusalem, à Tel Aviv et ailleurs, des Palestiniens ont poignardé des passants. Et ce, malgré le processus de négociations israélo-arabes et israélo-palestiniennes.
Y. L. – Cela ne m’étonne pas. A partir du moment où nous dominons les Palestiniens par la violence, ils réagissent. C’est tout. Quant aux négociations, depuis un an, elles n’ont pas progressé d’un pouce ; en fait, elles sont en panne. Tant que l’occupation se perpétuera, nous serons confrontés à des actes de violence en tout genre, et notamment à des actes terroristes. Il en fut de même en Algérie jusqu’à l’indépendance. Ce matin [le 24 novembre 1992 – J.A.], la presse rapporte que nous avons tué un garçon de douze ans dans les territoires occupés : les deux phénomènes, les passants poignardés à Tel Aviv et les gosses tués par des balles à Ramallah sont inséparables et [en français]inévitables.

— Revenons à la guerre du Golfe. On dit qu’elle a empêché Saddam Hussein d’accéder aux armes de destruction massive, ou au moins retardé cet accès.
— J’ignore – et vous aussi – si Saddam Hussein possédait de telles armes…

— …Plusieurs délégations d’enquête de l’ONU ont conclu que l’Irak n’était pas loin d’accéder à ces armes.
— L’Irak dispose des mêmes armes que les autres. Mais l’unique pays qui, au Moyen-Orient, menace aujourd’hui d’utiliser l’arme atomique, c’est Israël.

Le professeur Yechayahou Leibovitz est décédé le 18 août 1994.

Lire aussi :
Chronique Colonisation de la Palestine 2010, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.