Palestine en Question

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Révolutions arabes – Question palestinienne

L’évènementialité révolutionnaire et insurrectionnelle ouverte dans le monde arabe depuis le mois de janvier 2011 a bien eu sa part de « nouveau » : analystes et chercheurs se sont ainsi attachés à en déceler, pour l’essentiel, les manifestations dans l’appropriation radicale du paradigme démocratique par les insurgés égyptiens, libyens ou tunisiens, dans l’utilisation de nouveaux moyens informatiques globalisés, dans l’absence -tout du moins dans un premier temps- d’idéologies fondatrices, si ce n’est de leaderships dument constitués, au sein des soulèvements en question. Ces processus révolutionnaires auraient même pu, dans leur nouveauté radicale, tracer des points de rupture fondamentaux avec ce qui, tout au long du vingtième siècle, eut justement pu s’attacher au concept même de « révolution » dans le monde arabe. Parmi ces éléments : le caractère tiers-mondiste qui lui fut souvent lié, l’attachement à la question palestinienne, et enfin la dimension chiliastique et révolutionnaire propre aux bouleversements révolutionnaires tels qu’on se les imaginait alors. Et pourtant, cette rupture semble encore relative : c’est plutôt une singulière dialectique irrésolue qui semble aussi se dessiner entre ces différents éléments, où le passé semble encore servir parfois de point de référence, se réactualisant ainsi, face à un « nouveau » dont les contours et les césures qu’il trace sont patiemment en train de s’esquisser.

Nicolas Dot-Pouillard, Les révolutions arabes entre césures et remembrances, L’Année du MaghrebTélécharger l’article.

Lire aussi :
• 21/12/2011, Nicolas Dot-Pouillard, Les mondes arabes et la question palestinienne, CNRS.
• 11/01/2012, Nicolas Dot-Pouillard, « Résistance » et/ou « révolution » : un dilemme libanais face à la crise syrienne, CNRS.
• 29/05/2012, Nicolas Dot-Pouillard, La Tunisie et ses Palestine, CNRS.
• 01/08/2012, Nicolas Dot-Pouillard, Face à la crise syrienne : des gauches arabes divisées, CNRS.
• 15/10/2012, Eric Gobe, Tunisie an I : les chantiers de la transition, CNRS.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

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Palestine de Joe SACCO

SACCO Joe, Palestine, Rackham, 2010 [Extrait].

Dès sa sortie (en 1993-95, sous forme de 9 comics chez Fantagraphics Books), Palestine a révélé le talent de Joe Sacco et réaffirmé en même temps la capacité de la bande dessinée à traiter avec efficacité des thèmes « d’actualité ». Par sa démarche innovante, Palestine a été considérée comme l’œuvre fondatrice d’un nouveau genre : le « journalisme en bande dessinée ».

Palestine est le récit du voyage entrepris par Joe Sacco pendant l’hiver 1991-92 dans les Territoires palestiniens occupés par Israël, durant la première Intifada (1987-1993). L’auteur s’est plusieurs fois exprimé sur les motivations de ce voyage : ses doutes sur la politique des Etats-Unis vis-à-vis d’Israël après la guerre et l’invasion du Liban en 1980 et les massacres dans les champs de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila ; l’irritation qu’il éprouvait face à la couverture du conflit entre Arabes et Israéliens par les médias américains, qui présentaient systématiquement Israël comme la victime innocente encerclée par des hordes d’Arabes « déments » ; la certitude – enfin – d’être mal informé, au sens où il manquait de tout élément pour comprendre « qui étaient les Palestiniens et quel était le sens de leur combat ».

Né de la réaction à cet état de fait, du besoin de « faire quelque chose », Palestine n’est donc pas un livre « objectif », au sens où il laisse exprimer chaque camp, et il a été pour cela souvent critiqué. Sacco a pourtant toujours précisé de façon très claire et revendiqué son approche du sujet (« Mon idée n’était pas de faire un livre objectif mais un livre honnête »). Sous ce point de vue, le terme « journalisme » référé à Palestine et, de façon plus générale à autres œuvres de Sacco, montre toute son approximation. Il n’empêche que la démarche de Sacco est rigoureusement journalistique : travail de terrain, collecte et redécoupage des sources, mise en perspective. En l’hybridant, dans sa bande dessinée, avec un registre autobiographique (et se mettant en scène, souvent avec beaucoup d’ironie, en tant que personnage central du récit), Sacco établit de fait une distinction nette entre faits et opinions qui évacue d’emblée tout soupçon de déformation et manipulation. Dans sa partialité clairement affichée, Palestine continue à interroger le lecteur sur comment – quinze ans près – les média traitent le conflit israélo-palestinien, très souvent avec autant de partialité tout en oubliant de tracer la ligne qui sépare les faits et des opinions. Mais, surtout, Palestine le plonge dans le quotidien du peuple palestinien, son existence sans espoir marquée par les tracasseries imposées, surtout dans la bande de Gaza, par un « pouvoir illégitime ».

Car s’il faut constater que si la situation dans les Territoires occupés a changé depuis, beaucoup de ce qui est reporté par Sacco reste malheureusement d’actualité : les Territoires sont toujours – quinze ans après – sous le strict contrôle d’Israël, la condition du peuple palestinien est encore celle décrite par Joe dans les pages de son livre. La lecture de Palestine reste aujourd’hui essentielle pour mieux comprendre, en plus des causes et des enjeux de ce conflit, la souffrance d’un peuple renfermé dans la plus grande prison existante sur Terre.

Cette nouvelle édition recueille les deux volumes (Palestine : une nation occupée et Palestine : dans la bande de Gaza) auparavant édités par Vertige Graphic dans une nouvelle présentation et une nouvelle traduction. Le récit est précédé par une préface de Edward Said et par un long texte, richement illustré, où Joe Sacco décrit sa méthode de travail et raconte la genèse de l’œuvre.

Lire aussi :

SACCO Joe, Gaza 1956 – En marge de l’Histoire, Futuropolis, 2010 [du9EveneFrance 2Le MondeLes InrocksPlanete non violencePolitis].

6 ans de travail, plus de 400 pages, pour mettre au jour un massacre perpétré par l’armée israélienne sur la population de Gaza, en 1956, et que l’Histoire a tout fait pour oublier. Hautement considéré par ses pairs auteurs, les médias et ses lecteurs du monde entier, Sacco poursuit son engagement sincère, courageux, âpre, rigoureux et nécessaire. Son oeuvre est une charge explosive qui a fait voler en éclats les limites de la bande dessinée. C’est lors d’un reportage pour le magazine Harper’s en 2001, que Joe Sacco se remémore une brève citation, une note de bas de page, lue dans un rapport de l’ONU. Elle parlait d’un massacre de près de 275 civils, perpétré par l’armée israélienne à Khan Younis et d’une dizaine d’autres à Rafah, ville voisine, en 1956. Difficile à croire, alors entre novembre 2002 et mai 2003, le dessinateur reporter se rend à trois reprises sur le terrain, afin d’établir la véracité de cette tragédie et embarque le lecteur à la recherche de traces du massacre.

• 22/02/2010, Entretien avec Joe Sacco, Les Inrocks.
• 28/01/2010, Joe Sacco, ou la Palestine à Angoulême, l’Humanité.
• 27/01/2010, Interview de Joe Sacco, BD-Theque.
• 17/01/2010, Interview de Joe Sacco, Info-Palestine.
• Janvier 2010, Interview de Joe Sacco, EveneInfo-Palestine.
• Joe Sacco, Monde en Question.
Chronique Colonisation de la Palestine 2010, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Analyse du discours de Netanyahou à l’AIPAC

Le discours de Benyamin Netanyahou du 22 mars 2010 à l’AIPAC aux États-Unis n’a pas été analysé par les médias dominants. C’est en effet un discours gênant pour plusieurs raisons : les circonstances, le lieu et le contenu. Prolongeant le discours du 14 juin 2009 à l’Université Bar-Ilan de Tel Aviv [1], il l’aggrave en défiant le droit international pour imposer le fait accompli de la colonisation de la Palestine non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie et principalement à Jérusalem-Est.

Les circonstances

Après la guerre contre Gaza, menée par le gouvernement de Ehud Olmert du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, Ehud Olmert a démissionné et a donc provoqué des élections anticipées.

La nouvelle assemblée, issue du scrutin du 10 février 2009, est la plus à droite de l’histoire de l’État d’Israël : Likoud (parti sioniste de la droite nationaliste représenté par Benyamin Netanyahou) remporta 27 sièges, Israel Beytenou (parti d’extrême droite fondé et représenté par Avigdor Liberman) 15 sièges, Shass (parti religieux ultra-orthodoxe représenté par Eli Yishaï) 11 sièges, Yahadut Hatorah (parti religieux orthodoxe) 5 sièges, Ihoud Leoumi (parti nationaliste d’extrême droite) 4 sièges, HaBait HaYehoudi (parti dans la mouvance du sionisme religieux) 3 sièges [2].

Le gouvernement de Benyamin Netanyahou, investi par la Knesset le 31 mars 2009, comporte les principaux représentants de la droite et l’extrême droite israélienne auxquels s’est rallié par opportunisme Ehud Barak, dernier représentant du Parti travailliste qui depuis 1977 disparaît petit à petit de la vie politique.
Ce gouvernement pléthorique, qui compte le plus grand nombre de ministres de l’histoire de l’État d’Israël, est dirigé par un cabinet restreint (7 membres) composé, dans l’ordre protocolaire, du Premier ministre Benyamin Netanyahou, du ministre des Affaires stratégiques Moshé Yaalon, du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, du ministre de la Défense Ehoud Barak, du ministre de l’Intérieur Eli Yishaï, du ministre des Renseignements Dan Meridor et du ministre sans portefeuille Benny Begin. En faisant cela, Benyamin Netanyahou parvient à prendre des décisions avant que celles-ci ne soient débattues par le cabinet de sécurité (12 membres) ou le gouvernement (30 membres) avant d’être enregistrées par le Knesset.

Le gouvernement de Benyamin Netanyahou s’est donné pour tâche de lancer une offensive contre le droit international visant à occulter le Rapport Goldstone et à faire accepter le fait accompli de la colonisation de la Palestine. Cela a été analysé par l’avocat Gilles Devers et surtout par l’israélien Jeff Halper (directeur du Comité israélien contre les démolitions de maisons). Il s’agit d’une attaque frontale du principe de Juridiction universelle. L’état d’Israël s’attribue une compétence universelle en matière de crimes contre les Juifs, mais veut interdire la réciproque concernant ses crimes contre les Palestiniens [3].

Ainsi, Le gouvernement de Benyamin Netanyahou, pariant sur une défaite de Barack Obama pour instituer le projet de loi instituant un système d’assurance public en mars et aux élections de mi-mandat en novembre, a délibérément provoqué l’administration américaine. L’annonce fracassante de la construction d’une tranche 1600 logements à Jérusalem-Est sur les 50000 prévus (Ha’aretz) visait à imposer le fait accompli de la colonisation de la Palestine au monde entier et principalement à l’allié indéfectible de l’État d’Israël, qui ne pourrait la poursuivre sans l’aide économique et militaire des États-Unis.

Le lieu

Le lobbying de l’État d’Israël via l’AIPAC pour influencer la politique américaine en faveur du politicide de la colonisation est connu. C’est un sujet tabou en France, mais ni aux États-Unis ni en Israël. Or, comme je l’écrivais le 22 mars dernier, on fantasme aussi la puissance de l’AIPAC car les temps changent… Il suffit de lire Ha’aretz pour se rendre compte que le pari du gouvernement de Benyamin Netanyahou se révèle être une fuite en avant périlleuse… pour l’avenir de l’État d’Israël.

Les temps changent, mais Benyamin Netanyahou poursuit aveuglément la politique sioniste de ses prédécesseurs depuis… 62 ans. C’est l’analyse des opposants israéliens à la colonisation Akiva ELDAR, Gideon LEVY ou Uri AVNERY. Les Israéliens vivront en sécurité le jour où leurs dirigeants accepteront de respecter les droits des Palestiniens. Point barre.

Le contenu

Le discours de Benyamin Netanyahou est un condensé de l’idéologie sioniste, qui se fonde sur une construction mythique et mystique de l’histoire d’Israël pour justifier la colonisation de la Palestine et du Golan syrien [4].

Dès l’introduction Netanyahou affirme :

Vous voyez, pour la première fois en deux mille ans, un peuple juif souverain a pu se défendre contre une agression.

On ne sait pas à quelle agression, passée ou présente et réelle ou fictive, il fait allusion. Peu importe. Il abuse de l’histoire réelle du génocide pour raconter l’histoire mythique d’un peuple dispersé et persécuté. La rhétorique de l’Holocauste lui permet de justifier les crimes de guerre commis contre le peuple palestinien car toute critique cautionnerait l’antisémitisme [5].

Cette pose victimaire lui permet de faire le lien avec la menace supposée, voire paranoïaque, de l’utilisation d’armes nucléaires que l’Iran ne possèdent pas mais que Israël possède bel et bien.

Aujourd’hui, une menace sans précédent pour l’humanité est imminente. Un régime iranien radical équipé d’armes nucléaires pourrait mettre un terme à l’ère de la paix nucléaire dont le monde a bénéficié pendant ces 65 dernières années. Un tel régime pourrait fournir des armes nucléaires à des terroristes. Il pourrait même être tenté de les utiliser, et notre monde ne serait plus jamais le même.

Pour les dirigeants israéliens, il est logique que «une menace pour Israël» soit «une menace pour le monde entier». Et qu’en est-il des menaces quotidiennes contre le peuple palestinien ? Silence. Qui ose encore poser la question ? Le chantage à l’antisémitisme fonctionne parfaitement.

C’est ainsi qu’il faut interpréter le passage qui a été repris de manière tronquée par les sites pro-sionistes :

Nous devons être jugés sur une seule et unique mesure, et les allégations à l’encontre de l’Etat d’Israël doivent être fondées sur des faits. Une des allégations qui n’est pas fondée sur des faits, c’est la tentative de décrire les Juifs comme des étrangers colonialistes dans leur propre patrie. C’est l’un des grands mensonges des temps modernes.

La manœuvres est habile, mais montre aussi que les campagnes contre l’occupation et contre l’apartheid, notamment la campagne BDS (Boycott – Désinvestissement – Sanctions) troublent les dirigeants israéliens qui tentent de dénier la réalité de la colonisation.
Les sites pro-sionistes n’ont repris qu’une partie de l’argument pour gommer l’aveu du déni de réalité : «la tentative de décrire les Juifs comme des étrangers colonialistes dans leur propre patrie» «est l’un des grands mensonges des temps modernes».

Benyamin Netanyahou a d’ailleurs poursuit en racontant l’histoire mythique de sa famille qui, excusez du peu, serait symbolique du «lien entre le peuple juif et la Terre d’Israël [Eretz Israël]» depuis 4000 ans pour justifier une fois de plus la colonisation.

Le peuple Juif construisait Jérusalem il y a 3 000 ans, et le peuple juif construit Jérusalem aujourd’hui. Jérusalem n’est pas une colonie. C’est notre capitale.
À Jérusalem, mon gouvernement a maintenu les politiques appliquées par chaque gouvernement israélien depuis 1967, y compris ceux qu’ont dirigés Golda Meïr, Menahem Begin et Yitzhak Rabin.

Naturellement, Benyamin Netanyahou ne parle pas du droit international mais du droit biblique !

Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé que Jérusalem-Est, conquise par Israël en 1967 puis annexée, demeure un territoire palestinien occupé au même titre que la Cisjordanie.
AP-Yahoo! Actualités du 20/03/2010

Comme le rappelait Gideon LEVY, le gouvernement israélien est spécialiste des «écrans de fumée, faux-fuyants et dérobades». Après avoir affirmé que «Jérusalem n’est pas une colonie», Benyamin Netanyahou cherche à nous endormir en prétendant que son «gouvernement a toujours montré son engagement à la paix, tant en paroles qu’en actes».
Plus le mensonge est gros… plus Netanyahou croit qu’il passera. Il prétend que, après les bombardements de Gaza par Ehud Olmert, il aurait dit aux dirigeants palestiniens «Venez négocier la paix». La suite prouve la conception qu’il se fait de la négociation.

Je vous le demande : qu’a fait l’Autorité palestinienne pour la paix ? Vous pouvez juger par vous-mêmes. Ils ont posé des conditions préalables aux pourparlers de paix, ils ont mené une implacable campagne internationale pour saper la légitimité d’Israël, et pour promouvoir l’odieux rapport Goldstone qui accuse à tort Israël de crimes de guerre. En fait, c’est exactement ce qu’ils font maintenant à l’ONU, à la grotesque Commission des droits de l’homme.

Comme tous les colonisateurs, l’État d’Israël ne reconnaît que le colonisé couché – mort ou vivant. Il n’a rien à offrir aux Palestiniens, mais Benyamin Netanyahou exige que les colonisés acceptent sans broncher l’occupation et assimile donc toute acte de résistance au terrorisme [6]. Ses arguments sécuritaires sont ceux d’un maquignon que n’est pas prêt à payer le prix de l’occupation.

Le plus incroyable est son exigence à contrôler les frontières du Liban et la Syrie :

Nous devons nous assurer que ce qui s’est passé au Liban et à Gaza ne se reproduise pas en Cisjordanie. Permettez-moi de vous expliquer ce qu’est notre problème majeur de sécurité avec le Liban. Ce n’est pas la frontière d’Israël avec le Liban – c’est la frontière imposée entre le Liban et la Syrie par laquelle l’Iran et la Syrie font passer clandestinement des milliers et des milliers de roquettes et de missiles au Hezbollah.

Benyamin Netanyahou qui n’a pas encore compris que les temps ont changé et que la politique d’Israël au Moyen-Orient nuit aux intérêts des États-Unis. Il répète son vieux discours de gendarme des américains :

Pendant des décennies, Israël a servi de rempart contre l’expansionnisme soviétique. Aujourd’hui, il aide l’Amérique à endiguer le flot de l’islam militant.

Mais le vice-président Joe Biden et le général David Petraeus, soutenu par le secrétaire à la Défense Robert Gates, ont dit clairement que la poursuite de la colonisation nuisait aux intérêts américains et que Israël était un fardeau stratégique [7].

Conclusion

Benyamin Netanyahou, qui se présente comme l’héritier de tous les dirigeants sionistes depuis 1948, poursuit imperturbablement la fuite en avant de l’État d’Israël vers la construction du Grand Israël des prophéties bibliques.

Benyamin Netanyahou reste enfermé dans les schémas idéologiques et stratégiques des années 1950 et s’accroche à la colonisation et à l’occupation militaire de la Palestine et du Golan.

Benyamin Netanyahou s’entête à refuser que le droit international s’applique à l’État d’Israël, mais exige qu’il s’applique à l’Iran.

Benyamin Netanyahou, avec la droite et l’extrême droite israélienne dont les religieux ultra-orthodoxes, n’a aucun projet pour son pays sinon le maintenir dans un état de guerre permanente.

05/04/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Address by PM Netanyahu at the AIPAC Policy Conference, AIPACPrime Minister’s OfficeHa’aretz
• Allocution du Premier Ministre Benjamin Netanyahou à la Conférence de l’AIPAC
– Traduction 1 DebriefingUn écho d’Israël
– Traduction 2 CRIFJSS News
– Extraits Ambassade d’Israël en France
Chronique de la Colonisation de la Palestine 2010 Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.


[1] L’Université Bar-Ilan de Tel Aviv, qui prétend établir « des ponts entre études religieuses et laïques », est de fait sous la coupe des religieux. La publicité du site avoue qu’elle « permet aux étudiants de s’engager activement dans un vaste choix de programmes universitaires et identitaires » et « les études de judaïsme sont obligatoires ».
[2] Sources :
• Élections 2009 : les principaux partis politiques israéliens, Un écho d’Israël.
• Élections législatives israéliennes de 2009, Wikipédia.
[3] Lire aussi :
• Droits de l’homme – Les aléas de la juridiction universelle, RFI.
• Crimes de guerre à Gaza et juridiction universelle en Espagne… et en Israël, Info-Palestine.
[4] Lire :
• Netanyahou guerrier du sionisme, Monde en Question.
• SAND Shlomo, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, 2008 [ContreInfoFrance 2Le Monde diplomatiqueLDH-ToulonMonde en Question].
[5] Lire : FINKELSTEIN Norman G., L’industrie de l’Holocauste – Réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs, La Fabrique, 2001.
[6] Lire :
• 14/06/2009, Discours de Benyamin Netanyahou, Monde en Question.
• 15/06/2009, Réactions au discours de Netanyahou, Monde en Question.
• 17/06/2009, Analyse du discours de Netanyahou, Monde en Question.
[7] Lire :
• 20/03/2010, AVNERY Uri, L’arme ultime, Gush ShalomAFPS
Et maintenant, de façon évidente et tout à fait soudaine, la coupe est pleine. Obama, son vice-président et ses principaux collaborateurs condamnent le gouvernement Nétanyahou avec une sévérité croissante. La Secrétaire d’État Hillary Clinton a posé un ultimatum : Nétanyahou doit interrompre toute activité de colonisation, y compris à Jérusalem-Est ; il doit accepter de négocier sur tous les problèmes qui sont au coeur du conflit, y compris Jérusalem-Est et au-delà.
Cette semaine, Petraeus a délivré un message sans équivoque : après avoir passé en revue les problèmes de sa zone de responsabilité – qui comprend, entre autres, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, l’Irak et le Yémen – il a évoqué ce qu’il a appelé “les causes à la racine de l’instabilité” dans la région. En tête de liste venait le conflit israélo-palestinien.
[…] la plupart des Juifs américains sont prêts à tout faire – vraiment tout – pour le gouvernement d’Israël. À une exception près : ils ne feront rien qui puisse porter atteinte à la sécurité des États-Unis. Lorsque le pavillon de la sécurité est hissé, les Juifs, comme tous les Américains, se mettent au garde-à-vous et saluent.
Si Obama décide de riposter et de mettre en oeuvre son arme ultime – l’accusation qu’Israël met en danger les vies des militaires américains – cela aurait des conséquences catastrophiques pour Israël.
• 22/03/2010, Israël renforce Al-Qaida, Monde en Question
Général David Petraeus commandant en chef du CENTCOM : Les tensions israélo-palestiniennes se transforment souvent en violence et en confrontations armées à grande échelle. Le conflit provoque un sentiment anti-américain, à cause de la perception du favoritisme des États-Unis à l’égard d’Israël. La colère arabe sur la question palestinienne limite la puissance et la profondeur de nos relations avec des gouvernements et des peuples dans l’AOR [zone de responsabilité du CENTCOM] et affaiblit la légitimité des régimes modérés dans le monde arabe. Pendant ce temps là Al-Qaida et d’autres groupes militants exploitent la colère pour mobiliser. Le conflit offre également à l’Iran une influence dans le monde arabe via ses clients, le Hezbollah libanais et le Hamas.
• 24/03/2010, HALIMI Serge, Coup de froid entre les États-Unis et Israël, Le Monde diplomatique
Plus fondamentalement, l’analyse régionale des États-Unis ne coïncide pas avec la politique actuelle de la droite et de l’extrême droite israéliennes.
Les nouvelles constructions à Jérusalem ou en Cisjordanie, a répété Mme Clinton dans son discours devant l’Aipac, portent atteinte au climat de confiance nécessaire et à la perspective de négociations auxquelles les deux parties [Israël et Palestine] se proclament attachées. Et ces constructions ont pour conséquence de rendre visible le désaccord entre les Etats-Unis et Israël, que d’autres parties dans la région espèrent exploiter. Cela entame la capacité unique dont disposent les États-Unis, celle de jouer un rôle essentiel dans le processus de paix. Notre crédit dépend en effet dans une certaine mesure de notre capacité à pouvoir saluer les deux parties lorsqu’elles font montre de courage. Et, quand nous ne sommes pas d’accord, à le faire savoir sans hésiter.
Le 16 mars, témoignant devant la commission des affaires armées du Sénat, le général David Petraeus, commandant des forces américaines dans une région qui va de l’Egypte au Pakistan (et qui couvre donc à la fois l’Irak et l’Afghanistan), a eu ce propos qui n’est pas passé inaperçu : La poursuite des hostilités entre Israël et quelques-uns de ses voisins met en cause notre capacité à défendre nos intérêts. […] Le conflit [au Proche-Orient] alimente un sentiment antiaméricain lié à une perception de favoritisme des États-Unis envers Israël. La colère arabe née de la question palestinienne limite la puissance et la profondeur du partenariat américain avec les gouvernements et les peuples de la région, en même temps qu’elle affaiblit la légitimité des régimes arabes modérés. Al-Qaida et les groupes militants tirent parti de cette colère afin de mobiliser de nouveaux appuis. Le conflit au Proche-Orient favorise l’influence de l’Iran dans le monde arabe à travers ses clients le Hezbollah libanais et le Hamas.
• 26/03/2010, ELDAR Akiva, Netanyahu and Obama are at point of no return, Ha’aretz
Pendant que Netanyahou recevait son ovation à la conférence de l’AIPAC, Obama et ses conseillers ont préparé une convention tout à fait différente, celle de la Ligue arabe qui se réunira à Tripoli samedi.
Les messages, venant de Riyad et de Amman à la Maison Blanche, sont très clairs : si vous ne bridez pas vos amis israéliens, Téhéran ne sera pas la seule capitale du Moyen-Orient où brûlera des drapeaux américains.
Robert Gates, secrétaire à la Défense, a résolument soutenu le général David Petraeus, le premier militaire américain à décrire Israël comme un fardeau stratégique.
Netanyahou avait l’espoir de gagner du temps jusqu’aux élections du Congrès en novembre, qui coïncideront avec la date limite fixée pour le gel des colonies. Mais les jeux favoris de Netanyahou (jouer avec la communauté juive et le Congrès contre la Maison Blanche et le département d’État) ne fonctionnent plus. Obama a décidé que sa coalition modérée au Moyen-Orient est plus importante que l’extrémiste de Nétanyahou. C’est un point de non retour.

Boycott – Désinvestissement – Sanctions

Contre Charles Boycott, propriétaire terrien irlandais, ses fermiers organisèrent en 1879 un blocus qui l’obligea à capituler sur les loyers et les conditions de travail. Le boycott est l’arme des pauvres contre les puissants, des opprimés contre la domination.

Le mouvement BDS (Boycott – Désinvestissement – Sanctions) est issu d’organisations populaires palestiniennes en lutte contre l’occupation militaire de la Palestine et l’apartheid en Israël. Comme l’explique Barghouti, c’est un mouvement non violent, moral et antiraciste. Il vise tous les produits en provenance d’Israël : le limiter aux produits des colonies serait le rendre inefficace, tant cette origine est facile à masquer. Il vise entre autres le domaine académique, car à de très rares exceptions près l’université israélienne est complice de l’occupation et de l’apartheid.

Le débat sur le boycott atteint désormais des pays aussi divers que la Norvège, l’Australie, les États-Unis ou l’Afrique du Sud. Sur ce débat, le public français est mal informé. La publication de ce livre, qui comble une lacune, est menée au nom de la liberté d’expression et du droit du public à une information indépendante.

Omar BARGHOUTI, Boycott, Désinvestissement, Sanctions – BDS contre l’apartheid et l’occupation de la Palestine, La Fabrique, 2010.

Colonisation – Occupation – Annexion
Boycott – Désinvestissement – Sanctions

Lire aussi :
• 09/11/2005, Appel au Boycott, aux Sanctions et aux Retraits des Investissements contre Israël jusqu’à ce qu’il applique le Droit International et les Principes Universels des Droits de l’Homme, BDS.

À la lumière des violations persistantes du droit international par Israël,
Étant donné que, depuis 1948, les centaines de résolutions de l’ONU ont condamné les politiques coloniales et discriminatoires d’Israël en tant qu’illégales et ont appelé à des remèdes immédiats, proportionnés et efficaces,
Étant donné que toutes les formes d’intervention internationale et de tentatives de paix n’ont pas jusqu’ici convaincu ou forcé Israël à se conformer à la loi humanitaire, à respecter les Droits de l’Homme fondamentaux et à mettre fin à son occupation et son oppression du peuple de la Palestine,
En raison du fait que les personnes de conscience parmi la communauté internationale ont historiquement endossé la responsabilité morale de combattre l’injustice, comme illustré dans la lutte pour abolir l’Apartheid en Afrique du Sud par diverses formes de boycott, de retrait d’investissement et de sanctions,
Inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l’Apartheid et dans l’esprit de la solidarité internationale, de la cohérence morale et de la résistance à l’injustice et à l’oppression,
Nous, représentants de la Société Civile Palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid.

• 17/01/2006, FINKELSTEIN Norman G., Pourquoi un boycott économique d’Israël est-il justifié ?, CCIPPP.

« Un boycott économique semblerait être une entreprise également judicieuse. Une stratégie non-violente dont le but est d’arriver à un règlement juste et durable du conflit entre Israël et la Palestine ne peut pas légitimement s’appeler de l’antisémitisme. »

• 23/06/2009, PAPPÉ Ilan, Le boycott culturel est une nécessité, Electronic IntifadaInfo-Palestine.

Ces huit dernières années, la politique criminelle d’Israël a connu une escalade et les militants palestiniens ont cherché de nouveaux moyens d’y faire face. Ils ont tout essayé : la lutte armée, la guérilla, le terrorisme et la diplomatie : tout cela en vain. Et pourtant, ils ne baissent pas les bras et ils proposent maintenant une stratégie non-violente – celle du boycott, du désinvestissement et des sanctions. Par ce moyen, ils essaient de sauver, non seulement les gouvernements occidentaux – mais ironiquement, aussi les juifs d’Israël – d’une catastrophe imminente et sanglante. Cette stratégie a inspiré l’appel au boycott culturel d’Israël, appel qui émane de toutes les parties de la société palestinienne : la société civile sous occupation et les Palestiniens vivant en Israël. L’appel est appuyé par les réfugiés palestiniens et il est dirigé par les membres des communautés palestiniennes en exil. Il est arrivé à un moment propice et a donné aux individus et aux organisations du Royaume-Uni l’occasion d’exprimer leur dégoût pour les politiques israéliennes et de faire eux aussi pression sur le gouvernement pour qu’il cesse de couvrir les actions israéliennes sur le terrain.

• 14/01/2010, PILGER John, Israël, un bilan, John PILGERLe Grand Soir.

Selon Nelson Mandela, la justice pour les Palestiniens constitue «le plus grand enjeu moral de notre époque». L’Appel de la Société Civile Palestinienne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS), fut lancé le 9 juillet 2005, dans l’esprit du grand mouvement non-violent qui a balayé le monde et provoqué l’effondrement de l’Apartheid africain. «Au cours des décennies d’occupation et de vols», a écrit Mustafa Barghouti, une voix de la sagesse dans le paysage politique palestinien, «90% de la lutte palestinienne a été non-violente… Une nouvelle génération de dirigeants palestiniens s’adressent au monde exactement comme Martin Luther King l’aurait fait. Ce même monde qui rejette tout recours à la violence de la part des Palestiniens, même dans les cas flagrants de légitime défense, pourrait-il nous reprocher la non-violence employée par des hommes tels que King et Ghandi ?»

• 22/02/2010, VIDAL Dominique, Boycott : la contre-offensive d’Israël et de ses amis, Le Monde diplomatique.

La contre-offensive juridique coordonnée par l’ambassade d’Israël avec des associations pro-israéliennes et l’appui des autorités françaises peut de surcroît se heurter à une contradiction juridique. Si le boycott d’Israël et de sa production en tant que tel tombe notamment sous le coup des articles 225-1 et 225-2 du Code pénal et de l’article 24, alinéa 8, de la loi du 29 juillet 1881, en revanche aucune loi ne réprime celui des produits de la colonisation israélienne. Au contraire, ces derniers sont directement visés par plusieurs textes européens et français :
l’Accord d’association Union européenne-Israël, qui, par son article 83, exclut les produits des colonies des avantages fiscaux dont jouissent ceux «du territoire israélien». Autrement dit, ils doivent acquitter des taxes qu’ils fraudent en se présentant comme produits d’Israël. Dans son avis en date du 29 octobre 2009, l’avocat général de la Cour européenne de justice, précise que «le régime préférentiel en vertu de l’accord CEE-Israël ne peut être appliqué à un produit originaire de Cisjordanie et, plus généralement, des territoires occupés» ;
le Code français du commerce, qui interdit la falsification des «règles d’origine» des produits (et donc la mention «made in Israël» au lieu de «made in Palestine» ou «made in Westbank», etc.) ;
la Directive européenne 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005 «relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs». Cette directive est relayée dans le droit français par les articles L 121-1 et suivants du code de la consommation qui prévoient et répriment les pratiques commerciales trompeuses créant une confusion ou reposant sur des allégations ou présentations fausses ou de nature à induire le consommateur en erreur.

• 25/02/2010, En réponse au Premier Ministre français : le BDS promeut la justice et les droits universels, BDSInfo-PalestineSilvia Cattori.

Pour information, le BNC et tous nos partenaires dans le monde n’ont jamais fait le moindre appel au boycott de produits cashers. C’est simplement faux. La campagne boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) a constamment appelé à un boycott des produits israéliens en raison de la violation permanente par Israël du droit international et des droits des Palestiniens. Le BDS est basé sur un respect sans ambiguïté de la loi internationale et des droits humains universels ; en tant que tel il est catégoriquement opposé à toute forme de racisme et de discrimination raciale, y compris l’islamophobie et l’antisémitisme.

Le BNC est fier de compter beaucoup d’organisations juives et d’universitaires et personnalités culturelles juives de premier plan autour du monde, y compris en France et en Israël, comme alliées et partenaires dans la lutte pour la justice, la paix et le respect des droits humains. Comme dans la lutte contre l’apartheid sud-africain, la campagne BDS mondiale rapproche les personnes de conscience du monde entier, indépendamment de leur ethnicité, de leur religion, sexe ou autres attributs identitaires, pour engager des initiatives de boycott et de désinvestissements efficaces, moralement cohérentes, et non-violentes contre l’État d’Israël et ses institutions complices, dans la poursuite de la liberté, de l’autodétermination et de la pleine égalité pour le peuple palestinien. Cette lutte est destinée à mettre fin à l’occupation par Israël, au refus des droits des réfugiés et au système de discrimination raciale contre le peuple palestinien.

• 30/03/2010, Appel BDS en Français, PDFBDSBDS FranceBDS Israël

• Articles Boycott :
AFPS
EuroPalestine
Info-Palestine
ISM
Monde en Question
NPA

• Brochure, Le Boycott d’Israël : Pourquoi ? Comment, EuroPalestine.
• DVD, S’informer sur la campagne, BDS.
Dossier documentaire Omar BARGHOUTI.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Lobbying pro-israélien

En France, il existe des groupes de pression, principalement d’intérêts économiques, qui agissent ouvertement ou en coulisse. On l’a vu récemment à propos de la grippe A(H1N1). Certains « experts » auprès du gouvernement, en fait des taupes de l’industrie pharmaceutique, ont rendu-compte d’une interprétation fallacieuse des données épidémiques pour forcer la décision d’achat d’un vaccin d’efficacité non démontrée.

Aux États-Unis, les lobbies sont beaucoup plus puissants et arrogants car fondés sur l’alliance de l’argent et de la politique. Cette pratique fait partie de la culture politique américaine car elle a été imposé par les barons de l’industrie pour écarter le peuple du pouvoir et tuer dans l’œuf le spectre du socialisme [1]. Ainsi, la sélection et l’élection d’un candidat à la Présidence dépend pour beaucoup de l’appui financier des lobbies. Ce qui s’apparente à une corruption légale.

Le nombre d’agences de lobbyistes répertoriées à Washington a plus que doublé depuis 2000, passant de 16.000 à 34.000 environ en 2005.
L’argent dépensé par les entreprises et les groupes de pression pour défendre leurs causes au Congrès des États-Unis d’Amérique et auprès de l’administration est passé de 1,6 milliard de dollars en 2000 à 2,1 milliards de dollars en 2004.

Ainsi, l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) est un lobby dont le but est de garantir le soutien inconditionnel des États-Unis à Israël. Proche de la droite et de l’extrême droite israélienne, ce lobby, fort 100.000 membres, invite chaque année les membres du Congrès à un grand dîner de gala. En cette année, deux tiers des sénateurs étaient présents et la moitié du Congrès. Ce qui illustre le niveau d’influence de cette organisation et de corruption des députés et des sénateurs.

En France, le CRIF s’est donné le même but et les mêmes méthodes, mais n’a pas encore la même influence car la loi ne le permet pas… jusqu’à aujourd’hui.
Imaginez un groupe qui ferait pression sur les députés et les sénateurs afin qu’ils soutiennent inconditionnellement l’Arabie saoudite par exemple. Impensable ! C’est pourtant ce que fait l’AIPAC aux États-Unis et le CRIF en France en faveur de l’État d’Israël.

Il est clair que, depuis quinze jours, le gouvernement israélien tente de faire pression directement et indirectement sur le gouvernement américain afin qu’il accepte son nouveau coup de force contre le droit international. Le moment est bien choisi car Barack Obama, très impliqué et en difficulté dans le projet de réforme de la santé, semble avoir renoncé, face aux pressions du lobby pro-israélien, à ses ambitions initiales d’une solution à deux États pour régler le conflit israélo-palestinien.

Alors que s’ouvrait, le dimanche 21 mars, le congrès annuel de l’AIPAC, Barack Obama a obtenu le vote sur le dossier clé de l’assurance-santé. Cette victoire « a démontré qu’un président qui a un but, adopte un plan de bataille et s’y tient, n’est pas facile à mettre en défaut », souligne le Los Angeles Times. En sera-t-il de même sur le dossier de la Palestine ?

C’est peu probable. Mais les temps changent. Ainsi J Street, organisation qui soutient Israël mais critique le gouvernement israélien, a publié une pleine page dans The New York Times en citant même le rapport du General David Petraeus.

IT’S TIME

Friendship between Israel and the United States is based on common interests and shared values. Friendship demands respect for each other’s needs. And, sometimes, friendship means telling hard truths – particularly if we’re going to end the Israeli-Palestinian conflict through a two-state solution.

For the U.S., it’s a matter of national security. So says the commander of American forces in the region, General David Petraeus.

For Israel, it’s existential – the only way Israel can remain both Jewish and democratic. So says its Defense Minister Ehud Barak.

This is no time for a business-as-usual peace process – no time for politics as usual.It’s time for the Obama administration to seize the opportunity for bold leadership – putting concrete plans for a two-state solution on the table with the sustained commitment of the United States behind them.

It’s time for the Palestinians to end incitement to violence.

It’s time for Israel to stop allowing extremist settlers and their sympathizers to endanger not only the friendship of the United States, but also the very future of Israel.

Time is running out.

22/03/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• 23/03/2006, John Mearsheimer and Stephen Walt, The Israel Lobby, London Review of Books traduit par ISM.
• Mars 2006, John Mearsheimer and Stephen Walt, The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy, HarvardSocial Science.
• MEARSHEIMER John J., WALT Stephen M., Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, La Découverte, 2007 et 2009 [ExtraitsAlternatives InternationalArab Commission for Human RightsReSPUBLICAConfluences MéditerranéeContreInfoIl Manifesto – EuroPalestineL’HarmattanLa République des LettresInfo-PalestineLa vie des idéesLibérationObjectif-info*Rue89*Scripto].

Depuis plusieurs décennies, la pièce maîtresse de la politique moyen-orientale des États-Unis a été sa relation avec Israël. Les États-Unis viennent à la rescousse d’Israël en temps de guerre et prennent son parti dans les négociations de paix. De fait, entre 1972 et 2006, Washington a mis son veto à 42 résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU critiquant la politique israélienne. Et, chaque année, Israël continue de recevoir trois milliards de dollars d’aide américaine – un sixième de l’aide étrangère des États-Unis. Pourquoi les États-Unis fournissent-ils un soutien matériel et diplomatique aussi considérable et aussi constant à Israël ? Telle est la question à laquelle entendent répondre John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, deux universitaires américains réputés. Ils démontrent, dans ce livre extrêmement documenté, que ce soutien ne peut s’expliquer par des intérêts stratégiques communs ni par des impératifs moraux, mais qu’il est surtout dû à l’influence politique d’un lobby qui travaille activement à l’orientation de la politique étrangère américaine dans un sens pro-israélien. Même si elles sont loin de faire l’unanimité parmi les Juifs américains, les organisations du lobby pro-israélien exercent des pressions redoutablement efficaces sur le Congrès, les présidents et leur administration et ont une influence considérable sur l’université et les médias. Le lobby pro-israélien a ainsi joué un rôle clé dans la politique américaine au Moyen-Orient sous l’administration Bush au nom de la « lutte contre le terrorisme », comme en témoignent la désastreuse invasion de l’Irak, la confrontation avec l’Iran et la Syrie, ainsi que la guerre au Liban de juillet 2006. John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt montrent que cette politique n’était ni dans l’intérêt national des États-Unis ni dans celui d’Israël sur le long terme.

• SIEFFERT Denis et DRAY Joss, La guerre israélienne de l’information – Désinformation et fausse symétrie dans le conflit israélo-palestinien, La Découverte, 2002 [AcrimedLe Monde diplomatiqueLà-bas si j’y suisPériphériesPolitis].

La guerre, avant d’être une affaire militaire, est une affaire de mots. Ils ont joué un rôle majeur dans l’offensive déclenchée, le 28 février 2002, par l’armée israélienne contre les villes palestiniennes. On sait à quel point, à cette occasion, elle a placé l’information sous contrôle. Mais on sait moins que l’offensive a été préparée par un long travail de délégitimation de l’Autorité palestinienne. Cette entreprise de désinformation commence dès le lendemain de la négociation de Camp David II, en juillet 2000 : le «refus» de Yasser Arafat d’accepter la «généreuse» proposition israélienne de restitution de «97 %» des territoires occupés va devenir une vérité acceptée par l’ensemble de l’opinion internationale. Or, comme le démontrent les auteurs de ce livre, il s’agit d’un pur mensonge, suivis de bien d’autres. Pourquoi ont-ils pu être aussi largement repris par la presse mondiale, et française en particulier ? Pour répondre à cette question, les auteurs ont décrypté la presse écrite et audiovisuelle, révélant comment, au même moment, les mêmes réécritures de l’histoire ou de l’actualité immédiate apparaissent dans la plupart des médias. Et en les confrontant aux témoignages de Palestiniens qu’ils ont recueillis, ils montrent à quel point le souci d’une prétendue objectivité peut devenir un obstacle à la vérité. Loin de tout parti pris militant, ce livre salutaire est aussi un appel à la responsabilité de ceux qui manient la parole publique, pour leur rappeler que les mots et les images peuvent tuer.

• SIEFFERT Denis, La nouvelle guerre médiatique israélienne, La Découverte, 2009 [Introduction].

L’opération de l’armée israélienne à Gaza, fin 2008-début 2009, a causé la mort de plus de 1300 Palestiniens, dont une grande majorité de civils et près de 300 enfants. Quel conditionnement a conduit la société israélienne à accepter de tels massacres ? Quelle perception du conflit la presse internationale, notamment française, a-t-elle contribué à diffuser, dans un contexte où l’accès à la bande de Gaza fut interdit aux journalistes pendant les vingt-deux jours de bombardements ? Denis Sieffert montre qu’un long travail a été accompli sur l’opinion israélienne et internationale pour « déshumaniser » les Palestiniens de Gaza : les mensonges sur la responsabilité dans la rupture de la trêve, la « dépolitisation » du Hamas, réduit à un mouvement terroriste, et l’occultation délibérée des effets économiques, sanitaires et humains du blocus imposé par Israël à la population de Gaza ont créé les conditions d’une nouvelle guerre médiatique, inséparable de la stratégie politico-militaire d’Israël. Ce livre reconstitue minutieusement la chronologie des événements, et il rétablit des liens de cause à effet renversés par la propagande. Il décrypte aussi les formes, souvent très subtiles, par lesquelles cette désinformation a circulé – et continue de circuler – dans les médias français.

• American Israel Public Affairs Committee, Wikipédia.
• J Street Political Action Committee, Wikipédia.
Dossier documentaire & Bibliographie Sionisme, Monde en Question.


[1] Lire notamment :
• ZINN Howard, Une Histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours, Agone, 2002 [BiblioMonde].
• ZINN Howard, « Nous, le peuple des États-Unis … » – Essais sur la liberté d’expression et l’anticommunisme, le gouvernement représentatif et la justice économique, les guerres justes, la violence et la nature humaine, Agone, 2004 [BiblioMonde].

La Question de Palestine à l’ONU

Le 10 mars 2010, Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, a condamné la décision d’Eli Yishaï, ministère israélien de l’Intérieur et chef du parti religieux Shass, d’autoriser la construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est.
Au regard du droit international, l’implantation de colonies est illégale, a rappelé le porte-parole du Secrétaire général dans un communiqué publié mardi soir au siège de l’ONU à New-York.

Cette condamnation, qui rappelle les principes du droit international, fait suite à une longue série de résolutions de l’ONU que l’État d’Israël n’a jamais respecté sans subir de sanction… grâce au soutien inconditionnel des États-Unis [1].

Lire ou relire ces résolutions permet de comprendre l’immense escroquerie en cours quand Avigdor Lieberman, ministre israélien des Affaires étrangères et fondateur du parti d’extrême droite Israel Beytenou, déclare à Catherine Ashton « Cette demande d’empêcher les Juifs de construire à Jérusalem-Est n’est pas du tout raisonnable », ajoutant que d’empêcher les Juifs d’acheter des terres partout dans la capitale est une forme de discrimination [2].

18/03/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Assemblée générale du 30/11/2009

Tous les pays du monde, sauf Israël, reconnaissent que l’implantation de colonies à Jérusalem-Est et en Cisjordanie doit cesser immédiatement, car elle perpétue le conflit, conduit à la violence et éloigne un peu plus la perspective de paix, a déclaré aujourd’hui le Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, Paul Badji, à l’occasion du débat de l’Assemblée générale consacré à la question de Palestine. Ce débat coïncidait avec la commémoration de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien célébrée le 29 novembre.

Il y a aujourd’hui 479 500 colons en Cisjordanie dont 193 000 à Jérusalem-Est, et la population des colons a grossi en 2008 de 4,7%, alors que la population totale en Israël n’a cru que de 1,6%, a assuré son homologue du Liban, accusant Israël de créer des situations sur le terrain comme les zones de sécurité, les colonies, les routes de passage et les points de contrôle, sans compter l’annexion de Jérusalem-Est et la construction du mur de séparation.

L’Union européenne a, par la voix du représentant de la Suède, enjoint le Gouvernement israélien à mettre immédiatement un terme aux activités de peuplement, y compris la prétendue croissance naturelle, et à démanteler tous les avant-postes érigés depuis mars 2001. L’UE ne reconnaîtra aucun changement aux frontières d’avant 1967, autres que ceux agréés par les deux parties, a-t-il prévenu.

L’État du peuple palestinien sera basé sur la totalité des territoires occupés depuis 1967, et aucune autre alternative n’est acceptable, a déclaré l’Observateur permanent de la Palestine. Il a rejeté toute idée ou schéma de réinstallation, de rapatriement ou d’État aux frontières provisoires et a ajouté que la relance du processus de paix doit être basée sur le respect par les parties de leurs obligations en vertu de la première phase de la Feuille de route qui appelle à la fin des activités de peuplement et à un engagement pour résoudre les questions liées au statut final, en particulier le droit au retour des réfugiés palestiniens.

ONU

La question de Palestine a été portée devant l’Assemblée générale par le Royaume-Uni au lendemain de la création de l’Organisation des Nations Unies. Une Commission spéciale pour la Palestine, comptant 11 membres, a été constituée à la première session extraordinaire de l’Assemblée, en avril 1947. La majorité des membres de la Commission a recommandé le partage de la Palestine en un État arabe et un État juif, avec pour Jérusalem un statut international spécial sous l’autorité administrative de l’Organisation des Nations Unies.

Résolution 181 de 1947

Lors de sa deuxième session ordinaire, après un débat intensif qui a duré deux mois, l’Assemblée générale a adopté, le 29 novembre 1947, sa résolution 181, dans laquelle elle approuvait, avec de légers changements, le Plan de partage avec union économique, proposé par la majorité de la Commission spéciale. Le Plan de partage, qui était un document détaillé en quatre parties jointes en annexe à la résolution, prévoyait la fin du mandat, le retrait progressif des forces armées britanniques et la délimitation de frontières entre les deux États et Jérusalem.

1948 Résolution 194

A sa troisième session ordinaire, le 11 décembre 1948, l’Assemblée générale a adopté sa résolution 194 définissant les modalités de règlement du problème de Palestine. Sur la base des suggestions faites en vue d’une solution à la situation en Palestine, qui devenait de plus en plus inextricable, dans un rapport établi par le comte Bernadotte avant sa mort, l’Assemblée déclara :
• Que les réfugiés souhaitant retourner dans leurs foyers et vivre en paix avec leurs voisins pourraient être autorisés à le faire à une date aussi rapprochée que possible; et
• Que ceux qui décideraient de ne pas rentrer devraient être indemnisés de leurs biens.

Résolution 242 de 1967

Le 22 novembre, le Conseil de sécurité adopta, après de longues négociations, sa résolution 242, qui posait les principes d’un règlement pacifique au Moyen-Orient.

Cette résolution stipulait que l’instauration d’une paix juste et durable devait comprendre l’application de deux principes :
• Le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit; et
• La cessation de toutes assertions de belligérance ou de tous états de belligérance et la reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues à l’abri de menaces ou d’actes de force.

La résolution affirmait aussi l’inviolabilité territoriale de chaque État de la région et la nécessité « de réaliser un juste règlement du problème des réfugiés ».

Résolution 338 de 1973

Le 22 octobre, le Conseil de sécurité adopta la résolution 338 qui réaffirmait les principes de la résolution 242 et appelait à la tenue de négociations visant à « instaurer une paix juste et durable au Moyen-Orient ».

Résolution 1322 de 2000

Le Conseil de sécurité, inquiet de cette montée spectaculaire de la violence, a condamné dans sa résolution 1322 les derniers actes de violence au Moyen-Orient, particulièrement le recours excessif à la force contre les Palestiniens. Il a également demandé à Israël de se conformer scrupuleusement à ses obligations juridiques en vertu de la quatrième Convention de Genève et a appelé à la reprise immédiate des négociations de paix. Le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, réuni en octobre pour examiner la situation, a réaffirmé sa position, à savoir que l’ONU devrait continuer à exercer sa responsabilité permanente pour ce qui est de tous les aspects de la question de Palestine jusqu’à ce que les Palestiniens puissent exercer pleinement leurs droits.

Résolution 1397 de 2002

Dans une résolution historique adoptée en mars 2002, le Conseil de sécurité s’est déclaré attaché à la vision d’une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières reconnues et sûres.

Lire aussi :
• La Question de Palestine, ONU.
• La Question de Palestine, Brochure 2003, ONU.
• La Question de Palestine, Brochure 2005, ONU.
Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Chronique de la Colonisation de la Palestine 2010 Monde en Question


[1] Alors que États-Unis ont rappelé leur soutien inconditionnel à l’État d’Israël, qui ne respecte pas le droit international, le Trésor américain a annoncé jeudi qu’il a imposé des sanctions contre deux entreprises de Gaza pour leurs liens avec le mouvement Hamas au pouvoir [Ha’aretz].
[2] Le Dr Hagai Ben-Artzi, frère de Benyamin Nétanyahou, a même parlé d’antisémitisme [Ha’aretz].

Grand aveuglement d’Israël

ENDERLIN Charles, Le grand aveuglement – Israël et l’irrésistible ascension de l’islam radical, Albin Michel, 2009 [EnderlinAFPS-PolitisRadio CanadaRadio OrientRue89].

En encourageant le développement à Gaza de la branche la plus extrémiste des Frères musulmans, Israël a joué avec le feu pendant près de deux décennies. Les gouvernements successifs à Jérusalem n’ont-ils pas longtemps cru que le cheikh Yassine, fondateur du Hamas, pouvait être « l’antidote à l’OLP » ? Il est vrai qu’à l’époque les États-Unis eux-mêmes, en finançant et en armant les moudjahidine afghans, avaient grandement sous-estimé la menace islamiste. Ni la CIA ni les services de renseignements israéliens n’ont alors pris la peine d’analyser – voire de traduire – les textes diffusés par ces organisations. Ils découvriront trop tard qu’ils ont, de fait, participé à la création du Hamas et d’Al-Qaida. Dans ce nouveau document d’enquête, l’auteur raconte, à partir de sources exceptionnelles et souvent exclusives, l’incompréhension, l’aveuglement, le double jeu parfois des services de renseignements et des politiques à Jérusalem, à Tel-Aviv et à Washington. Il décrit aussi comment l’occupation israélienne, le développement de la colonisation dans les territoires palestiniens et la politique américaine au Proche-Orient ont fait le lit de l’islam radical. Autant de leçons d’histoire à méditer pour tous ceux qui prétendent oeuvrer à une paix juste et durable dans la région.

Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël créé le 26/06/2004 et mis à jour le 08/12/2009, Monde en Question.

Berlin-Bil'in

La commémoration de la chute du mur de Berlin fut l’occasion, pour les médias dominants, de déverser leur haine anticommuniste en reconstruisant rétrospectivement l’événement et en passant sous silence le mur de l’Apartheid en Palestine.

Serge LEFORT
28/11/2009

Revues de presse
• 09/11/2009, Revue de presse internationale, France 24
• 09/11/2009, Revue de presse française, France 24
• 09/11/2009, Revue de presse française, Nouvel Obs
• 09/11/2009, Revue de presse européenne, euro|topics
• 09/11/2009, Revue de presse russe, RIA Novosti
• 09/11/2009, Le Mur de Berlin, 20 ans après – Diaporamas, RIA Novosti
• 11/11/2009, Russie : Les blogueurs et le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, Global Voices

Documents
• Le mur de Berlin a été démoli il y a 20 ans, mais reste sa poussière, RIA Novosti

• Le monde entier commémore la chute du mur de Berlin, Global Voices

• Quand Kohl, Mitterrand, Delors et Giscard débattaient de la chute du mur au Parlement européen, EurActiv

• Berlin, capitale sans mémoire ?, La vie des idées

Il y a vingt ans tombait le mur de Berlin. Au-delà du souvenir et de la commémoration, que reste-t-il de la RDA dans le paysage berlinois ? Une exposition présentée à Paris s’interroge sur « l’effacement des traces » du passé communiste, qu’il s’agisse de la débaptisation des rues ou de la destruction du Palais de la République. Rencontre avec l’une des commissaires de cette exposition.

• Berlin 1989-2009 L’effacement des traces Exposition ouverte du 21 octobre au 31 décembre 2009
Musée d’Histoire Contemporaine – BDIC
Dossier de presse

• 29/10/2009, 1989-2009 – Berlin, il y a 20 ans I, Là-bas si j’y suis
• 30/10/2009, 1989-2009 – Berlin, il y a 20 ans II, Là-bas si j’y suis

• 06/11/2009, Ni’lin fête le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, YouTube

• 09/11/2009, A Berlin, Là-bas si j’y suis

• 09/11/2009, Allemagne, 20 ans après : le prix du rêve, Interception – France Inter

Autrefois la division était physique, sous la forme d’un mur. Aujourd’hui elle est sociale, entre des riches toujours plus riches, et des pauvres toujours plus pauvres ».
Ainsi s’exprime un ancien ouvrier de la République Démocratique Allemande, rencontré lors d’une manifestation dans les rues de Leipzig. 20 ans après la réunification des deux Allemagne.

Analyses
• 19/02/2008, John PILGER, Faire tomber les nouveaux murs de Berlin, Le Grand Soir

John Pilger décrit comment l’évasion des Palestiniens de Gaza peut inspirer tous ceux qui luttent pour faire tomber les nouveaux murs de Berlin qui s’érigent partout dans le monde.

• 06/11/2009, William BLUM, Le Mur de Berlin – Encore un mythe de la Guerre Froide, Le Grand Soir

D’ici quelques semaines, on peut s’attendre à ce que les médias mettent en route leurs moulins à propagande pour commémorer le 20e anniversaire de la démolition du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989. Tous les clichés de la Guerre Froide sur le « Monde Libre » opposé à la tyrannie communistes vont revenir parader, et la fable simpliste racontant le pourquoi de l’existence du mur sera répétée à l’infini.

• 09/11/2009, Peter Schwarz, La chute du Mur de Berlin, WSWS

La contradiction entre l’enthousiasme officiel et le mécontentement populaire en dit long sur la signification réelle des événements de novembre 1989. Les efforts entrepris par les médias pour glorifier ces événements comme étant le commencement d’une nouvelle ère de la démocratie, de la liberté et de la paix sont d’autant plus grands qu’il s’avère que ce n’était absolument pas le cas. Il existe peu d’événements de l’histoire contemporaine qui furent autant mystifiés que la fin de la RDA.

• 09/11/2009, Chems Eddine Chitour, Mythe du mur de Berlin et vrai mur de la Honte en Palestine, Mondialisation

Marquant le 20e anniversaire depuis la chute du mur de Berlin, les Palestiniens ont démoli ce vendredi dans le village cisjordanien de Ni’lin, un pan de mur [d’Apartheid] construit par Israël. Lors de la manifestation hebdomadaire contre le mur, qui traverse le centre du village situé dans la région de Ramallah et isole les habitants de 60% de leurs terres agricoles, quelque 300 manifestants ont méthodiquement démantelé une section en béton avant que les forces israéliennes n’ouvrent le feu. Ils ont brûlé des pneus et abattu une dalle de béton de huit mètres de haut en s’aidant d’un vérin mécanique pour voiture.

• 10/11/2009, Benjamin Moriamé, Berlin 89 – Jérusalem 09 : d’un Mur à l’autre, Investig’action

Bien des murs ont été érigés depuis vingt ans. Tandis que la commémoration de la chute du Mur de Berlin bat son plein, les barrières du « monde moderne » restent invisibles au plus grand nombre. La plupart de ces nouveaux murs, au Mexique, au Botswana ou dans le sud de l’Europe, font obstacle à l’immigration. Le Mur du Proche-Orient, lui, n’est pas bâti sur une frontière. Il serpente à l’intérieur du territoire palestinien sur plus de 450 kilomètres – bientôt 700. Ce Mur traîne derrière lui des conséquences, à la fois humanitaires et politiques, inégalées.

• 10/11/2009, Slavoj ZIZEK, Derrière le Mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme, Le Grand Soir

C’est un lieu commun que d’insister sur ce que ces événements ont eu de « miraculeux ». Un rêve est devenu réalité, il s’est passé quelque chose qu’on n’aurait même pas envisagé quelques mois auparavant : des élections libres, la fin des régimes communistes qui se sont effondrés comme un château de cartes.

• 12/11/2009, Benjamin Moriamé, 1989 – 2009, Vingt ans de remparts, ContreInfo

L’unanimité médiatique des célébrations de la chute du mur de Berlin s’est largement dispensée d’interroger la réalité actuelle. Pourtant, nous rappelle le journaliste indépendant Benjamin Moriamé, durant les vingt ans qui ont suivi le démantèlement du rideau de fer, ce dispositif archaïque de violence silencieuse faite aux hommes qu’est la muraille a largement proliféré sur la surface du globe. Et aux cicatrices déjà anciennes qui séparent les deux Corée ou isolent le Sahara Occidental, sont venues s’ajouter de nouvelles barrières infranchissables matérialisant les lignes rouges des conflits, des zones de tensions et des inégalités.

• 13/11/2009, Viktor DEDAJ, L’insoutenable bruit du claquement des tongs de la pensée anticommuniste, Le Grand Soir

Alors capitalistes, vous pouvez agiter vos principes (violés hors caméras), vos lois économiques (risibles de naïveté), tous ces trucs que vous invoquez pour vous donner un petit vernis moralisateur et camoufler votre véritable nature, vous pouvez même réécrire l’histoire et noircir tous les tableaux, moi en tous cas, je suis sûr et certain d’au moins d’une chose : je n’ai jamais entendu crier « vive le capitalisme » devant un peloton d’exécution nazi.

• 16/11/2009, Mathias Reymond, BHL, Bernard Guetta et Nicolas Demorand sous le mur de Berlin, Acrimed

Les vingt ans de la chute du mur de Berlin. Impossible d’y échapper. Le temps d’une journée, les stations France Inter, France Culture, France Info, Le Mouv’, France Bleu, France Musique et Fip… ne sont devenues qu’une : Radio France. Un seul sujet, un seul point de vue, un seul média.

• 18/11/2009, Palestine emmurée : une réserve indienne ?, Seriatim

• non daté, L’histoire est aussi faite de zones grises, Contretemps

Lire aussi :
• GROSSER Pierre, 1989 – L’année où le monde a basculé, Perrin, 2009 [L’Humanité].

1989 ou la fin de l’histoire ! L’a-t-on assez répétée, cette bêtise, en se laissant prendre à l’euphorie d’une saison.
La guerre froide balayée, les incendies du tiers-monde éteints, la Chine qui rêve un mois du mot liberté, le mur de Berlin tombé et les anciens dictateurs forcés de rendre des comptes… L’automne des peuples a recouvert la réalité d’un mouvement tectonique autrement capital. En s’appuyant sur les meilleures sources françaises et étrangères, Pierre Grosser fait comprendre l’épaisseur, les enjeux et la portée d’une année sans autres pareilles que 1945 ou 1929.
Car 1989, c’est aussi la mondialisation libérale en marche et les premiers débats sur l’ingérence humanitaire et le réchauffement climatique. Mais encore, les premiers pas de la démocratie en Afrique du Sud. C’est la mort de l’ayatollah Khomeiny, après sa fatwa contre l’écrivain Salman Rushdie. C’est déjà la violence des nationalismes dans des Etats fédéraux en décomposition (en Yougoslavie, en Géorgie…), l’arrivée au pouvoir d’Omar al-Bachir au Soudan, l’accélération de la décomposition de la Somalie et le début de la guerre au Libéria, tandis que les militants du djihad, dont un certain Ben Laden, se déchiraient pour savoir quelle devait être leur nouvelle stratégie…

• HEURTAUX Jérôme et PELLEN Cédric (sous la direction de), 1989 à l’Est de l’Europe – Une mémoire controversée, Éditions de l’Aube, 2009 [La vie des idées].

Que signifie « l’année historique de 1989 » pour les populations qui l’ont vécue ? L’ouvrage 1989 à l’Est de l’Europe y répond en multipliant les points d’entrée et les échelles d’analyse, tenant délibérément à distance les grands récits commémoratifs qui foisonnent en ce moment.

• Dossier Mur de Berlin, Bibliothèque publique d’information.
• Livres autour de la chute du Mur de Berlin, Nonfiction.
• Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël – Mur de l’Aparteid, Monde en Question.

Analyse du discours de Netanyahou

En réponse à Barack Obama qui s’etait adressé aux musulmans du monde entier, Benyamin Netanyahou s’adresse aux seuls Israéliens pour les convaincre qu’il est bien le Premier ministre d’un «gouvernement d’unité nationale» et qu’il est capable de «garantir la sécurité d’Israël» face à «la menace iranienne, la crise économique»… et un nouveau Hamastan».

Benyamin Netanyahou a peu parlé de l’Iran, mais toujours en termes de menace pour Israël :

«la menace iranienne»
«le spectre de la menace iranienne»

La réélection de Mahmoud Ahmadinejad, qu’il n’a jamais nommé, est un atout majeur pour concrétiser ses efforts en vue «de forger une alliance internationale» contre l’Iran. Moshe Ya’alon, vice-Premier ministre et ministre des Affaires stratégiques, a depuis longtemps préparé cette stratégie qui est une arme redoutable pour détourner l’attention des crimes perpétués par l’armée d’occupation en Palestine [1].

L’essentiel de son discours concernait la question palestinienne. Benyamin Netanyahou a prononcé trois fois les mots «État palestinien», mais en termes négatifs ou hypothétiques :

Si ces deux conditions ne sont pas respectées, le danger de l’émergence d’un État palestinien armé qui deviendrait une nouvelle base de terrorisme contre l’État juif, du genre de celle de Gaza, est réel.
On ne peut s’attendre à ce que nous acceptions par avance le principe d’un État palestinien sans garanties de démilitarisation de cet État.
Si nous recevons des garanties concernant la démilitarisation et les exigences israéliennes de sécurité, et si les Palestiniens reconnaissent qu’Israël en tant qu’État du peuple juif, nous serions disposés, dans le cadre d’un futur accord, à parvenir à une solution prévoyant l’existence d’un État palestinien démilitarisé aux côtés de l’État juif.

Les nouvelles conditions que Benyamin Netanyahou posent avant d’envisager «dans le cadre d’un futur accord» de «parvenir à une solution prévoyant l’existence d’un État palestinien» le rendent impossible et le vident par avance de sa substance :

1) Les Palestiniens doivent reconnaître Israël comme l’État du peuple juif.

Il s’ensuit que la condition préalable fondamentale pour mettre fin au conflit est la reconnaissance, publique et catégorique par les Palestiniens, d’Israël comme l’État-nation du peuple juif.
J’ai déjà énoncé le premier de ces principes : la reconnaissance. Les Palestiniens doivent reconnaître clairement et sans ambiguïté qu’Israël est l’État du peuple juif.
[…] si les Palestiniens reconnaissent qu’Israël en tant qu’État du peuple juif, nous serions disposés, dans le cadre d’un futur accord, à parvenir à une solution prévoyant l’existence d’un État palestinien démilitarisé aux côtés de l’État juif.

Commentaires :

Pour comprendre l’absurde de cette exigence, il faut savoir que la question de la nature de l’État d’Israël n’a jamais été réglée depuis 1948. L’État d’Israël ne possède pas de Constitution car les religieux s’y sont toujours opposé. Son droit s’appuie sur la Déclaration d’indépendance et les Lois fondamentales.
Le problème est que l’appartenance d’un individu au peuple juif (judéité) dépend de la Halakha et donc du pouvoir religieux.

Le deuxième problème que soulève cette exigence est le devenir des Arabes israéliens, qui représentent aujourd’hui environ 20% de la population. Leurs droits, qui varient selon leur origine ethnique et qui ne sont pas dans les faits égaux à ceux des Juifs israéliens, sont aujourd’hui remis en cause par l’extrême droite.
Dans les pays démocratiques, le droit s’applique à tous les citoyens quelque soit son origine ethnique et son appartenance religieuse. C’est la contradiction du droit israélien, en principe démocratique mais réservé au seul «peuple juif» comme l’a martelé Benyamin Netanyahou en recourant à un vocabulaire ethnico-religieux.

Comment un chef de gouvernement peut-il demandé à un peuple, qu’il nomme même pas et dont il occupe la terre depuis plus de quarante ans, de résoudre à sa place la question de la nature de l’État d’Israël ?
Qui se soucie des laïcs qui, en Israël, doivent se soumettre à la loi religieuse ? Sait-on que, par exemple, le seul mariage possible en Israël est le mariage religieux ? Cet archaïsme ne trouble-t-il pas les pourfendeurs du voile dit islamique ? Allez donc voir Pureté et Condamnée au mariage de Anat Zuria [2].

2) Que l’État palestinien soit démilitarisé.

Le second est la démilitarisation : le territoire sous contrôle palestinien doit impérativement être démilitarisé pour garantir la sécurité d’Israël.
[Nous voulons] des engagements clairs pour que, dans un futur accord de paix, le territoire contrôlé par les Palestiniens soit démilitarisé […]
Si nous recevons des garanties concernant la démilitarisation et les exigences israéliennes de sécurité, […] parvenir à une solution prévoyant l’existence d’un État palestinien démilitarisé aux côtés de l’État juif.

Commentaires :

L’argument de Benyamin Netanyahou, comme de tous les gouvernements israéliens avant lui, est la sécurité d’Israël. On pourrait le comprendre si la politique sécuritaire ne se substituait pas la politique économique et sociale. La même politique, menée en France, est d’ailleurs taxée de lepéniste.
Mais surtout de quel droit un gouvernement pourrait interdire à un autre État de se préoccuper de la sécurité de ses propres citoyens ? C’est ce que prétend cyniquement Benyamin Netanyahou : au nom de la sécurité d’Israël l’État est interdit d’assurer la sienne.

Plus absurde encore, Benyamin Netanyahou exige que les Palestiniens assurent bénévolement la sécurité d’Israël en contrôlant par exemple «le trafic d’armes sur le territoire». Mais comment ?
Le mystère reste entier et ferait rire tout le monde s’il ne s’agissait d’un État qui utilise massivement ses forces militaires – aériennes, maritimes et terrestres – contre une population civile ; s’il ne s’agissait d’un État qui n’a respecté aucune résolution de l’ONU le concernant depuis 1948 ; s’il ne s’agissait d’un État qui viole ses propres règles morales.

En lisant dans le détail le texte du discours de Benyamin Netanyahou, on se rend compte qu’il dénie tout droit à l’hypothétique État palestinien : pas de contrôle – aérien, maritime et terrestre – de son territoire, pas de relations avec les pays désignés comme ennemis d’Israël, pas de maîtrise de son économie qui serait en concurrence avec celle d’Israël, pas le droit d’élire démocratiquement des représentants qui ne plaisent à Israël, etc.
Cette mascarade s’appelle un État croupion à la solde de l’occupant comme le fut le régime de Vichy pendant la Seconde guerre mondiale. Un régime qui se préoccupera de la sécurité d’Israël en arrêtant préventivement – de préférence dès la naissance – tous les supposés résistants.

3) Qu’aucun réfugié palestinien n’ait droit au retour.

Car il est clair que toute exigence de retour des réfugiés palestiniens en Israël constitue un danger pour l’existence d’Israël en tant que État du peuple juif.

Commentaires :

Le droit que reconnaît l’État d’Israël aux Juifs du monde entier d’émigrer en Israël et d’acquérir automatiquement la nationalité, ce droit est dénié aux Palestiniens qui ont été chassé de leur terre en 1948 par l’armée israélienne.
Benyamin Netanyahou ne reconnaît aucun droit aux Palestiniens et surtout pas celui de retrouver leur maison et leur terre, volées par les groupes terroristes Irgoun Stern et Haganah en 1948 et par Tsahal depuis.

Cette politique du deux poids, deux mesures est constante et elle révèle le racisme colonial qui imprègne la classe dirigeante en Israël. Un racisme qui gangrène toute la société au point que beaucoup d’Israéliens ont perdu aujourd’hui toute compassion et tout sentiment humain face à la détresse des Palestiniens.

4) Que Jérusalem soit la capitale indivisible d’Israël.

Israël a besoin de frontières sûres et défendables, Jérusalem doit rester la capitale unifiée d’Israël où la liberté de toutes les religions sera respectée.

Commentaires :

Benyamin Netanyahou a eu recours à un vocabulaire ethnico-religieux et certains passages de son discours ont un simple copier-coller de la Déclaration d’indépendance. Ainsi, il reprend le mythe religieux de la Terre d’Israël [Eretz Israel], don de YHWH au peuple juif. L’histoire de la Palestine montre que, avant la sédentarisation de population semi-nomade (proto-Israélites selon les archéologues) vers -1200, fleurissait la civilisation cananéenne notamment sur le site de Jérusalem.

Jérusalem est absent de la Déclaration d’indépendance de 1948. La ville passe sous administration israélienne après la guerre coloniale des Six Jours en 1967. En 1980, la loi fondamentale israélienne entérine le statut de la ville en capitale «éternelle et indivisible». Mais la résolution 476 et la résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations unies annulent cette loi en droit international.

5) Que l’Autorité palestinienne reprenne Gaza au Hamas.

L’Autorité palestinienne devra faire régner la loi à Gaza et triompher du Hamas.

Commentaires :

Benyamin Netanyahou en Ubu colonial, aussi grotesque que son modèle, exige que l’Autorité palestinienne (ignorée du temps d’Arafat), fasse un véritable coup d’État à Gaza pour prendre par la force le pouvoir que le Hamas (instrumentalisé par Benyamin Netanyahou et Ariel Sharon) a gagné dans les urnes.

Exigence grotesque car on se demande comment l’Autorité palestinienne, totalement désarmée, pourrait «reprendre Gaza au Hamas». Exigence méprisante pour la démocratie palestinienne. Le Hamas, que cela lui plaise ou non, a gagné les élections législatives à Gaza en 2006.

6) Que la colonisation continue.

[…] nous n’avons l’intention ni d’établir de nouvelles colonies, ni d’exproprier d’autres terrains au profit des colonies existantes.
Toutefois, nous devons permettre aux habitants de mener une vie normale, aux mères et aux pères d’élever leurs enfants comme partout ailleurs.

Commentaires :

Le diable est dans les détails. À lire le paragraphe sur la colonisation, on pourrait croire que Benyamin Netanyahou n’a pas «l’intention d’établir de nouvelles colonies», mais il a bien l’intention d’étendre les colonies existantes.
Nous allons y revenir, mais remarquons d’abord comment il présente l’extension naturelle des colonies : «nous devons permettre aux habitants de mener une vie normale, aux mères et aux pères d’élever leurs enfants comme partout ailleurs». Les habitants en question sont des colons israéliens qui vivent sur des terres volées aux Palestiniens grâce à la protection de milices et de l’armée en violation du droit international et de toutes les résolutions de l’ONU.

Pour comprendre les véritables intentions de l’Ubu colonial, il faut relire les paragraphes antérieurs dans lesquels il justifie longuement le droit du peuple juif sur la Terre d’Israël [Eretz Israel], «sa patrie historique» car don de YHWH au peuple juif. Il répète inlassablement le mythe sioniste «une terre sans peuple pour un peuple sans terre» et nie les travaux de tous les historiens, notamment israéliens.
Il revendique fièrement son négationnisme de l’expulsion des Palestiniens en 1948 organisée selon le Plan Daleth, de la destruction des maisons et du vol des terres palestiniennes après 1948, de l’occupation coloniale de Gaza et de la Cisjordanie depuis 1967 et de l’extension des colonies selon un plan qui émiette les territoires palestiniens en banthoustans.

Le problème fondamentale est que Israël n’a jamais reconnu les frontières internationales de son État. Ses frontières sont sans cesse repoussées plus loin par la guerre et l’occupation militaire et coloniale. Benyamin Netanyahou n’a donc logiquement rien dit des frontières d’un hypothétique État palestinien. Il évoque vaguement «le territoire sous contrôle palestinien», au singulier car il exclut Gaza qui est, selon lui, un Hamastan.
Benyamin Netanyahou reprend le rêve sionniste, abandonné par Ehud Olmert, du Grand Israël. S’il ne prononce pas le mot, il y fait explicitement référence dans la partie qui traite des «principes fondamentaux» [3].

Pour conclure sur une note optimiste, Benyamin Netanyahou, empêtré dans les contradictions d’un «gouvernement d’unité nationale», a fait un aveu de taille :

Ces deux réalités – notre attachement à la Terre d’Israël [Eretz Israel] d’une part, et la présence d’une population palestinienne parmi nous de l’autre – ont suscité de profondes controverses dans la société israélienne.

Ces controverse ont porté sur la remise en cause par l’extrême droite du statut des Arabes israéliens. Or la poursuite du statu quo, c’est-à-dire de l’occupation et de la colonisation qui détruisent la perspective d’un État palestinien viable, aboutira un jour ou l’autre à la reconnaissance d’un État pour deux peuples comme en Afrique du Sud ou au nettoyage ethnique de tous les Palestiniens dans le Grand Israël.

Serge LEFORT
16/06/2009

Sources :
• Address by Benjamin Netanyahu, Ministry of Foreign Affairs version anglaise officielle.
• Discours de Benyamin Netanyahou, Ambassade d’Israël en France version française officielle revue et corrigée par Monde en Question.

settlements = colonies [implantations en novlangue politiquement correcte] et non localités
settlers = colons et non habitants de ces localités
Israel = Israël et non État d’Israël
Jewish state = État juif et non Israël
land of Israel = Terre d’Israël [Eretz Israel] et non patrie
Holocaust = Holocauste et non Shoah

Lire aussi :
• Analyse du discours de Barack Obama
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Sélection biblographique :
• COHEN Mitchell, Du rêve sioniste à la réalité israélienne, La Découverte, 1990
• DEBIÉ Franck et FOUET Sylvie, La paix en miettes – Israël et Palestine (1993-2000) [stratégie territoriale], PUF, 2001
• DIECKHOFF Alain, Les espaces d’Israël – Essai sur la stratégie territoriale d’Israël, Fondation pour les études de défense nationale, 1987
• DIECKHOFF Alain (sous la direction de), L’État d’Israël, Fayard, 2008
• ENDERLIN Charles, Par le feu et par le sang – Le combat clandestin pour l’indépendance d’Israël 1936-1948, Albin Michel, 2008
• FINKELSTEIN Norman G., L’industrie de l’Holocauste – Réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs, La Fabrique, 2001
• KLEIN Claude, Israël – État en quête d’identité, Casterman, 1999
• LOUËR Laurence, Les citoyens arabes d’Israël, Balland, 2003
• MARDAM-FEY Farouk et SANBAR Elias (textes réunis par), Le droit au retour – Le problème des réfugiés palestiniens, Actes Sud, 2002
• MORRIS Benny, Victimes – Histoires revisitée du conflit arabo-sioniste, Complexe, 2003
• PAPPÉ Ilan, Le nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard, 2008
• REINHART Tanya, Détruire la palestine, ou comment terminer la guerre de 1948, La Fabrique, 2002
• REINHART Tanya, L’héritage de Sharon – Détruire la Palestine suite, La Fabrique, 2006
• WARSCHAMSKI Michel (Textes téunis et présentés par), La révolution sioniste est morte – Voix israéliennes contre l’occupation, 1967-2007, La Fabrique, 2007


[1] Moshe Ya’alon, WikipediaUn écho d’Israël
Documents sur l’Iran, 2006 et 2009
[2] • Pureté : Selon la Thora, une femme ne peut avoir aucun contact charnel avec son époux pendant une période allant jusqu’à deux semaines après la fin de son cycle.
Cinéma Méditerranéen
Dailymotion – Pureté 1
Dailymotion – Pureté 2
Dailymotion – Pureté 3
Femmes en résistance
Condamnée au mariage : Une épouse juive est la propriété de son mari. Par le mariage, il l’acquiert et il est le seul à pouvoir lui accorder un divorce. La loi rabbinique permet même à un mari ayant refusé le divorce à son épouse, de vivre avec une autre femme et avoir des enfants avec elle, mais la loi interdit à une femme mariée dont le mari refuse le divorce, de vivre avec un autre homme et de porter ses enfants.
Cinéma Méditerranéen
France 5
L’Internaute
Mediapart
TSR
[3] «principes fondamentaux» du sionisme :
Permettez-moi de rappeler tout d’abord que les liens noués par le peuple juif avec la Terre d’Israël [Eretz Israel] remontent à plus de 3500 ans. La Judée et la Samarie, ces lieux où vécurent Abraham, Isaac, Jacob, David, Salomon, Isaïe et Jérémie, ne nous sont pas étrangers. Ils s’inscrivent dans la terre de nos ancêtres.

Le droit du peuple juif à un État en Terre d’Israël [Eretz Israel] n’est pas la conséquence des catastrophes qui ont frappé notre peuple. Certes, pendant 2000 ans, les Juifs ont enduré des expulsions, des pogroms, des accusations de meurtre rituel et des massacres dont le paroxysme, sans précédent dans l’histoire de l’humanité, a été atteint pendant l’Holocauste. Certains prétendent que sans l’Holocauste l’État d’Israël n’aurait pas vu le jour. Pour ma part j’affirme que si l’État d’Israël avait été établi plus tôt, l’Holocauste ne se serait pas produit.

Cette tragique histoire d’impuissance explique pourquoi le peuple juif doit posséder son pouvoir souverain d’autodéfense. Toutefois, notre droit d’édifier ici, en Terre d’Israël [Eretz Israel], un pays souverain, procède d’un fait simple : cette terre est la patrie du peuple juif, celle où s’est forgée notre identité.

Comme le proclama dans la Déclaration d’Indépendance le Premier ministre David Ben-Gurion : « Le peuple juif est né en Terre d’Israël [Eretz Israel]. C’est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. C’est là qu’il réalisa son indépendance, créa une culture à la fois nationale et universelle, et fit don de la Bible au monde entier ».

Résistance Palestine : Dossier Presse

14/02/2006, Faire plier Israël : de la dissidence israélienne au droit international [Entretien avec Georges Gumpel UJFP], AcontresensDissidence.

28/12/2008, Gaza, « choc et effroi » I, Nouvelles d’Orient – Le Monde diplomatique.

30/12/2008, Qu’est-ce qu’un crime de guerre ?, Actualités du droit.

01/01/2009, Des voix s’expriment à Paris et à Tel-Aviv, UJFP.

03/01/2009, Massive demonstration against the war, Gush Shalom.

04/01/2009, Many Thousands March for Gaza, IAC.

05/01/2009, Dissidence israélienne, Le Devoir.
05/01/2009, Les manifestations anti-israéliennes se multiplient partout dans le monde, Vigile.net.
05/01/2009, Gaza, « choc et effroi » II, Nouvelles d’Orient – Le Monde diplomatique.

07/01/2009, Michel Collon : la voix de la dissidence, Ce soir ou Jamais – Dailymotion.

09/01/2009, L’appel à l’unité du peuple palestinien de Marwan Barghouti, L’Humanité.

14/01/2009, 500 citoyens d’Israël font appel à la communauté internationale, UJPF.
14/01/2009, Jews in Solidarity with Palestine, IAC.

17/01/2009, La dissidence israélienne à la guerre est bien réelle, Radio Ville-Marie.

19/01/2009, Jews in Solidarity with Palestine, IAC.
19/01/2009, Les dirigeants israéliens devant la CPI de La Haye !
• Texte de la plainte, Nouvelles grimaces – Blog LeMonde.fr.
• Associations signataires, Nouvelles grimaces – Blog LeMonde.fr.

22/01/2009, La presse israélienne s’interroge après Gaza, Nouvelles d’Orient – Le Monde diplomatique.

Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.
Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.