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La Chine et le Proche-Orient

La Chine prend position sur les problèmes du Proche-Orient

Prise de position sur la restitution du Plateau du Golan, sur le règlement du conflit israelo-palestinien,… Au cours d’une tournée dans la région, le Ministre des Affaires étrangères chinois a fait connaître l’opinion de la Chine sur les problèmes proche-orientaux. Des échanges gagnant-gagnant.

Nouvelle puissance économique et militaire oblige, la Chine est appelée à clarifier sa position sur des questions internationales qui lui semblaient, il y a encore peu, bien éloignées. C’est ce que vient de tenter de faire le Ministre des Affaires étrangères chinois au cours d’une tournée qui l’aura conduit en Egypte, dans les Territoires Palestiniens, en Israël et en Syrie.

A cette occasion, Yang Jiechi a notamment évoqué l’opinion de la Chine sur le règlement du conflit israelo-palestinien. Il a souligné que le processus de paix devait suivre les résolutions des Nations Unies, la « Feuille de route », ainsi que l’initiative arabe pour la paix. Il a réaffirmé le soutien chinois à la création d’un état palestinien indépendant et vivant en harmonie avec Israël et insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de soutenir l’unité palestinienne.

A Jérusalem, le chef de la diplomatie s’est rendu devant le Mur des Lamentations, vendredi 24 avril, avant d’apposer ses mains sur ce lieu saint du judaïsme. M. Yang s’est ensuite rendu à Bethléem, en Territoires Palestiniens, où il a visité l’Eglise de la Nativité.

Son séjour proche-oriental s’est achevé à Damas, où il a apporté le soutien de la Chine à la volonté de la Syrie de récupérer le plateau du Golan, occupé par Israël depuis la Guerre des six jours en 1967 et annexé en 1981. A plusieurs reprises, M. Yang a appelé Israël a reprendre les négociations avec les Palestiniens, la Syrie et le Liban. La Chine était jusqu’à présent restée discrète sur ces questions. Il est probable qu’elle fera de plus en plus entendre sa voix à l’avenir. En décembre dernier, l’influent vice-Premier ministre Li Keqiang avait déjà condamné l’offensive israélienne dans la Bande Gaza et appelé à cesser les opérations militaires. Le Japon s’était empressé de faire de même.

Dans les pays arabes du Proche-Orient, la Chine est accueillie à bras ouverts. Le leadership chinois n’y est pas perçu comme il peut l’être aux États-Unis ou en Europe. Au contraire, alors que l’Amérique y souffre toujours d’un déficit en termes d’image, lié à deux guerres infructueuses en Irak et en Afghanistan et à un soutien contesté à la politique israélienne, la Chine est appréciée pour son détachement vis-à-vis des régimes en place.

Comme les États-Unis du Président Wilson

Jon B. Alterman, chercheur au Center for Strategic and International Studies à Washington, n’hésite pas à comparer cette situation à celle des États-Unis il y a près d’un siècle. A l’écart des conflits d’intérêt qui avaient tiraillé la région au cours du XIXe Siècle et n’y ayant alors que peu de relations de clientélisme, l’Amérique était perçue par beaucoup comme une alternative à l’impérialisme européen. A l’époque, la confiance dans la sincérité de l’anti-colonialisme américain avait ouvert la voie à la prise d’influence des États-Unis dans la région, tout comme la doctrine chinoise de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays et le soutien à la création d’un état palestinien indépendant peuvent ouvrir des portes à la Chine.

A la différence de Washington, dont l’image est encore ternie par l’invasion de l’Irak, par la doctrine du changement de régime et par le projet de Grand Moyen Orient des néo-conservateurs américains, Pékin ne représente pas une gêne pour les gouvernements de la région. Le Parti Communiste Chinois n’est pas trop regardant sur les pratiques en termes de droits de l’Homme, d’élections démocratiques ou de respect des droits de l’opposition [1].

L’alternative chinoise séduit également les opinions publiques des pays du Proche-Orient. Selon un sondage réalisé en 2008 par l’institut Gallup, 40% de la population des pays du Proche-Orient approuvent la prestation de la Chine en tant que leader mondial, alors que seulement 17% des personnes interrogées sont satisfaites du rôle joué par les États-Unis. Deux ans plus tôt, dans un autre sondage, les Proche-Orientaux rangeaient la Chine au second rang, derrière la France, du classement des pays qu’ils voudraient voir jouer le rôle de superpuissance s’il n’y en avait qu’une.

Profond soutien sur la question de Taïwan

Mais les leaders chinois ne semblent pas souhaiter concurrencer trop directement les États-Unis dans la région. L’engagement de la Chine au Proche-Orient est quasiment nul sur le plan militaire. Conséquence directe de cette situation : les liens commerciaux qu’elle tisse là-bas, notamment dans le secteur énergétique, sont encore dépendants des États-Unis en termes de sécurité. La Chine mène encore une diplomatie en retrait dans la région. Mais elle y fait des affaires, dont elle a bien besoin pour assouvir sa nouvelle soif énergétique et se trouve des partenaires diplomatiques

En Syrie, le Ministre des Affaires étrangères chinois a pu rencontrer le président Bachar Al-Assad, un rescapé de « l’Axe du Mal », qui a appelé de ses voeux un renforcement des relations bilatérales dans le contexte de crise économique. M. Al-Assad a souligné le rôle de la Chine dans le monde et dit apprécier sa position sur la question du plateau du Golan ainsi que les efforts de la Chine en faveur du processus de paix au Proche-Orient. Et pour Pékin, il s’agit d’un échange gagnant-gagnant : le président syrien a fait part à Yang Jiechi de son profond soutien à la République Populaire de Chine sur la question de Taiwan.

Harold Thibault
28/04/2009
Publié par Aujourd’hui la Chine.


[1] Commentaires : Cette phrase « politiquement correcte » sent la langue de bois après le retournement de veste du gouvernement français sur la question du Tibet. De plus, beaucoup de gouvernements, en tête celui des États-Unis, soutiennent sans état d’âme les régimes non-démocratiques (pour ne pas dire réactionnaires) du Moyen-Orient.

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